CATARRHE DE LA VESSIE
que si la cystite était occasionnée par un corps étranger, il serait indiqué de pratiquer, au plus tôt, l'extraction de ce dernier. Cependant, si la crise présentait une acuité extrême, peut-être seraitil préférable d'attendre, pour agir chirurgicalement, que les phénomènes fussent un peu apaisés.
B. Cystites chroniques. — Les cystites chroniques peuvent succéder à une cystite aiguë, mais, le plus souvent, elles s'établissent d'emblée. Gomme dans la cystite aiguë, l'inflammation s'empare soit du corps, soit du col, et, dans le premier cas, on désigne communément l'affection sous le nom de catarrhe de la vessie. Étudions-les successivement.
a. Catarrhe de la vessie. — Les signes du catarrhe de la vessie sont sensiblement les mêmes que ceux que nous avons mentionnés précédemment. Atténués pour la plupart, d'autres, au contraire, sont aggravés.
Les malades, en effet, sont atteints de douleur, mais non constante, et présentant, en tout cas, une intensité moindre que dans la cystite aiguë. Les envies d'uriner sont fréquentes, mais non incessantes. Il est exceptionnel qu'il y ait rétention complète. Quant aux urines, elles sont profondément altérées, ce qui constitue, en quelque sorte, la caractéristique de la maladie. Au lieu d'être acides, elles sont akalines et exhalent une odeur fortement ammoniacale. Elles contiennent une quantité plus ou moins grande de pus ou de muco-pus, et souvent une masse abondante de glaires, rarement du sang. Le praticien doit donc s'attacher à reconnaître l'état des urines. Cet examen joue, d'ailleurs, un si grand rôle dans la pathologie des voies urinaires, que j'y consacrerai plus loin un chapitre spécial auquel je renvoie le lecteur.
Rien n'est donc plus facile que de constater l'existence d'un catarrhe de la vessie, mais il n'est pas aussi simple d'en apprécier exactement la cause, et surtout de le guérir.
Un cathétérisme attentif vous aura montré si le canal de l'urètre jouit de ses dimensions normales, s'il existe im corps étranger d'une nature quelconque, et votre premier soin sera de dilater l'urètre ou de débarrasser la vessie. Vous saurez de la même manière si les parois sont dures, résistantes, ou bien molles et dépressibles ; si elles sont lisses, ou garnies de fortes colonnes, si ja vessie est distendue, ou au contraire ratatinée, revenue sur
i'2S6 AFFEGTIOiNS DES ORGANES URINAIRES DE L'HOMME.
part des afTections vésicales : douleurs spontanées plus ou moins violeiites dans la région hypogastrique, irradiant dans le bassin, et douleur en urinant; fréquence de la miction ; quelquefois suppression momentanée du jet de Turine, ou même rétention complète ; modification dans la qualité des urines, qui contiennent,, en général, du sang. Ces accidents se développent avec une certaine lenteur : aussi doit-on toujours se demander s'il s'agit d'un calcul, d'un catarrhe ou d'un néoplasme.
On arrive assez facilement à rejeter Thypothèse d'un calcul en s'en référant principalement aux caractères de la douleur, sur lesquels j'ai insisté précédemment, et surtout au cathétérisme : mais il n'en est pas de même pour l'inflammation chronique de la vessie, dont la plupart des symptômes sont identiques à ceux que détermine un néoplasme, surtout lorsque la muqueuse est épaissie, fongueuse et saignante. On ne peut même, le plus souvent, dans ce dernier cas, que formuler des présomptions plus ou moins vraisemblables.
ment Tépiploon, et, derrière lui, un second feuillet péritonéal directement appliqué sur la tumeur.
Introduisant alors la main tout entière dans le bassin, je constatai que la tumeur était partout revêtue par le péritoine; la partie supérieure était libre; j^en pus faire complètement le tour comme s'il se fût agi de la vessie distendue. En arrière, le cuUde-sac recto-vésical était intact et avait sa profondeur ordinaire. La tumeur se perdait en avant derrière le pubis auquel elle adhérait.
Une sonde introduite dans la vessie me permit de constater que cet organe présentait avec la tumeur les rapports figurés sur le schéma 117, la cavité vésicale occupant la partie latérale gauche et un peu postérieure de la tumeur. Geile«ci faisait donc bien corps avec la vessie elle même. Mais de quelle nature était-elle?
Ce n'était vraisemblablement ni un fibrome, ni un myxome, ni un lipome, mais sans doute un sarcome encéphaloîde.
En face d'une pareille tumeur, j'étais sur le point de refermer l'abdomen, lorsque, hanté par Tidée de la fluctuation que j'avais tant de fois si nettement perçue, je voulus, une dernière fois, éclalrcir mes doutes.
Prenant une grosse canule de l'aspirateur Potain, je l'enfonçai dans la tumeur : rien ne sortit.
La canule étant retirée avec précaution, je vis dans la petite plaie un grumeau blanchâtre que j'attirai et qui n'était autre qu'un fragment de membrane hydatique.
Je fendis alors la tumeur dans toute sa hauteur et il s'en échappa, au grand étonnement de tous, une masse considérable d'hydatldes (un litre au moins), de grosses, de petites, de vivantes, de flétries, mais sans une goutte de liquide ; le kyste fut vidé avec une cuiller, et la cavité lavée avec soin. Les bords de la poche, suturés en bourse, furent ensuite réunis au bas de la plaie pariétale et celle-ci suturée comme à la suite de l'ovariotomie. Deux gros tubes furent introduits jusqu'au fond du kyste.
Le malade n'eut pas un seul jour de fièvre à la suite de l'opération et guérit complètement par retrait successif de la poche.