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CYSTITE CHRONIQUE DU COL DE LA VESSIE

col, ce sont les troubles fonctionnels, troubles limités à la région du col.

Je ne me dissimule pas que la pathogénie de cette affection est fort obscure, et il est probable qu'un certain nombre d'états morbides lui donnent naissance. Elle peut être la conséquence éloignée d'une blennorragie, et dans ce cas, pour M. Guyon, ce n'est pas l'orifice du col proprement dit, mais la partie profonde de l'urètre, ce qu'il a appelé l'urètre postérieur, qui est envahi, hypothèse très vraisemblable à laquelle je me rallie volontiers. Mais il est des cas où l'expression symptomatique de la cystite du col est complète, et cependant les malades n'ont jamais eu de blennorragie. Giviale les décrivait sous le nom de névralgie du col, ce qui n'est, en somme, qu'un énoncé abrégé des symptômes, peu satisfaisant pour le clinicien. J'ai, depuis bien longtemps, exprimé l'idée que ces cas devaient être rapprochés de la contracture douloureuse du sphincter anal dans la fissure, et qu'il existait probablement alors une petite fissure cachée au fond de l'un des pl^s radiés du col vésical, et j'ai même basé sur cette hypothèse un mode de traitement dont je parlerai plus loin.

Il m'a semblé également, d'après quelques observations, que cette affection pouvait résulter de la présence de varices développées dans cette région sur des sujets à tendance hémorroïdaire, et je l'ai appelée, pour ce motif, cystite variqueuse du col.

Enfin, il est certain qu'un noyau tuberculeux développé dans la prostate, au voisinage du col de la vessie, peut, avant l'apparition d'autres signes de tuberculose, déterminer des phénomènes de cystite : elle mérite alors le nom de cystite tuberculeuse du col.

Sans vouloir contester la névralgie simple, impossible d'ailleurs à démontrer, je serais disposé à rattacher la cystite chronique du col de la vessie aux quatre types suivants: cystite d'origine blennorragique ou inflammatoire ; — cystite ulcéreuse ou fissuraire; — cystite variqueuse; — cystite tuberculeuse.

Quoi qu'il en soit, cette affection se révèle par un ensemble de signes nettement définis.

Je ferai d'abord remarquer qu'à l'encontre du catarrhe vésical, on observe fréquemment la cystite du col chez les jeunes sujets. Les phénomènes dont ils se plaignent, et qui constituent la base de la symptomatologie, sont au nombre de trois : le besoin fréquent d'uriner; — le besoin impérieux d'uriner; — la douleur

à la fin de la miction. Ces symptômes présentent une intensité très variable suivant les cas. Ainsi, le besoin d'uriner peut être si fréquent qu'il est incessant. J'ai racoiité l'histoire d'une femme (et la cystite du col ne diffère pas sensiblement dans les deux sexes) qui se tenait constamment assise sur une chaise percée, pour que l'urine pût s'écouler dans un vase placé en dessous. C'est là une variété d'incontinence d'urine par excès^ dont le praticien doit être prévenu. Quelques malades, pris du besoin d'uriner, peuvent encore se retenir quelques instants et gagner un endroit convenable ; d'autres sont obligés de le satisfaire immédiatement, même dans leurs vêtements : il en est ainsi de la douleur à la fin de la miction, qui, parfois légère, peut atteindre une intensité telle, que les malades ont le visage crispé et se cramponnent aux objets qui les entourent.

Un signe de moindre importance, et d'ailleurs très inconstant, est l'écoulement d'une légère quantité de sang avec les dernières gouttes d'urine. Il en est de même du jet de l'urine. Dans certains cas, les malades pissent à plein canal, mais dans d'ai^tres le col est si contracture qu'il ne laisse passer à la fois qu'une petite quantité de liquide, et on pourrait croire que le malade est atteint d'un rétrécissement de l'urètre. C'est môme là une erreur si commune, si préjudiciable au malade et aussi au praticien, que je crois utile d'y insister.

Nous verrons, en effet, plus loin, en étudiant les rétrécissements de l'urètre, que cette affection présente avec la cystite chronique du col de la vessie un certain nombre de points communs : la diminution du jet de l'urine ; la lenteur de la miction et sa fréquence. Cependant, si vous interrogez bien le malade, il vous apprendra que la petitesse du jet n'est pas un phénomène constant et qu'il urine de temps en temps à plein canal, et vous conclurez de ce signe qu'il s'agit très probablement d'une cystite. Mais la preuve ne sera fournie que par le cathétérisme. Là encore se trouve une cause d'erreur. Si, partant de l'idée que le sujet est atteint d'un rétrécissement, vous cherchez à introduire dans l'urètre une fine bougie conique, il est possible que vous n'y puissiez réussir, soit que l'extrémité s'engage dans une lacune, dans le cul-de-sac du bulbe, ou par suite du spasme de la portion membraneuse, et vous affirmez, dès lors, le diagnostic de rétrécissement. Les jours suivants, c'est encore le même résultat, et vous constatez que la dilatation ne marche pas. Qu'un

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