RUPTURES DE L'URÈTRE
conque du canal, s'engager dans une lacune de Morgagni plus développée que de coutume. J'ai déjà fait remarquer plus haut que la sonde pouvait s'engager à travers la paroi supérieure du canal et pénétrer dans l'espace de Retzius, mais le siège ordinaire des fausses routes est la paroi inférieure, et en particulier la dépression que l'on rencontre au niveau du collet du bulbe.
Deux signes principaux annoncent au praticien qu'il a fait fausse route : l'issue du sang par le canal et l'absence d'urine à travers la sonde. En retirant l'instrument, on constate que les yeux sont remplis par des caillots et il se produit parfois une véritable urétrorragie.
Ce cas est souvent des plus embarrassants, surtout lorsque le sujet est atteint de rétention d'urine et qu'il est urgent d'évacuer la vessie. C'est même dans ces conditions que les malades nous sont le plus fréquemment amenés dans les hôpitaux. Il faut alors suivre la conduite que j'ai tracée dans le chapitre précédent, à propos de l'hypertrophie de la prostate, et redoubler encore de précaution, si cela est possible. Arrivé au niveau de la fausse route, on retirera doucement la sonde de un à deux centimètres et on essayera d'en appliquer le bec sur la paroi supérieure du canal, de façon à suivre cette paroi. La sonde sera, bien entendu, laissée à demeure jusqu'à guérison de la fausse route.
Si vous ne réussissez pas après quelques tentatives prudentes, plutôt que d'insister, au risque d'aggraver le mal, faites la ponction aspiratrice, que vous renouvellerez jusqu'à ce que vous ayez franchi l'obstacle et (circonstance tout à fait exceptionnelle), si, après des ponctions répétées, vous ne pouviez arriver dans la vessie, pratiquez le cathétérisme rétrograde. C'est la seule ressource lorsque la fausse route occupe la portion prostatique; dans le cas où. elle siégerait à la portion spongieuse, il serait indiqué de pratiquer d'abord une boutonnière périnéale.
A la suite d'une fracture du pubis, un fragment se détache quelquefois et vient déchirer l'urètre. Vous la reconnaissez à ce que le blessé rend par le canal une quantité plus ou moins grande de sang rouge rutilant, qui ne provient évidemment pas de la vessie. Le fragment peut quelquefois être senti à travers les parties molles, rester enclavé dans les parois de l'urètre, et déterminer même une rétention complète d'urine.
Ce cas, heureusement rare, présente une gravité extrême et
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eiitrulne Kouvciit la mort du sujet. Votru premier sonci sera d'à surer récnulement de l'urine, afia de vous opposer àl'infiUratiiM et. par consi-quent, d'ossayer de pincer une sonde à demeure, si petît<3 qu'elle soit. Mais si vous n'y pouvez réussir, que faire? La situation est i^videmmenl très critique. Aller k la recherche dn fragment osseux pour le redresser ou l'enlever est une manœuvi dirUcile et bien aléatoire; pratiquer une boutonnière périnéale e arrière de l'obstacle serait, à coup sûr, îndiqui^, mais la ruptiii portant, en général, sur la portion membraneuse de l'urèb cette conception est irréalisable.
Etant tlonm^ ce que j'ai dit plus haut de la facilité et de l'iaiu cuite de la taille hypogaslrique, je pense que, dans i blable, c'est à cette opération qu'il faudrait recourir d'embléi pour parer aux premiers accidents, quitte à tenter plus tard le rétablîssenent du canal lorsque tout danger de mort serait conjuré.
Le genre de rupture ou de déchirure de l'urètre soumis plus souvent & notre observation résulte presque toujours d' chute à califourchon sur un corps rt'sistant, bien qu'à la riguei un choc direct, tel qu'un coup de pied de cheval, par exerapl puisse lui donner naissance.
Nous verrons plus loin que ce genre de blessure a très souvt pour conséquence ultérieure la production d'un rétr('ci8seuu cicatriciel de l'urètre, mais, pour le moment, je ne m'occupe des accidents primitifs, immédiats, qui en résultent, et de conduite que doit tenir le praticien dans ce <'a.s toujours eml ntssant.
Disons d'abord qu'on observe plusieurs degrés dans cette ru pi ceile-ci peut être très minime, donner pour tout signe un d'écoulement de sang par l'urètre, ne pas même intéresser la totalité de la paroi et ne pas gêner la miction; c'est à peine si le chirurgien est consulté dans ces conditions, dont il est bon toutefois détenir compte au point de vue des accidents ultérieurs de rétrécissement. D'antres fois, la paroi urétrale est complètement divisée, et deux cas se présentent encore ici : la paroî inférieure soûle est déchirée, la paroi supérieure restant intact*.-, ou bien le canal est entièrement séparé, do telle sorte qu'il existe deux bouts, plus ou moins écartés l'un do l'autre. Cette disposU-r tion joue un râle important dans le résultai du traitement,
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