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BLENNORRAGIE

réussir en engageant les malades à faire un violent effort de miction pendant que Ton s'oppose un instant à la sortie de Turine en pressant sur le méat.

D^ailleurs les moyens d'extraction sont souvent en rapport avec Tingéniosité du chirurgien ; on pourra, par exemple, ramener un épi de blé en essayant de l'engager dans une sonde creuse. On extraira un morceau de sonde en faisant pénétrer dans son intérieur un corps dilatant, de la corde à boyau, de la laminaire. Une épingle introduite tète première sera poussée à travers le canal de façon à pouvoir ensuite la faire basculer et porter la tète vers le méat, etc., etc., sans compter que Ton aura recours aux pinces de diverses espèces suivant les cas: j'ai pu retirer facilement une épingle à cheveux avec une pince à forcipressure.

Si le corps était incrusté de sels calcaires et immobilisé, on pratiquerait une incision en se comportant comme je Tai dit pour les calculs de Turètre.

20 INFLAMMATIOxNS DE L'URÈTRE.

Les inflammations de l'urètre comprennent Turétrite aiguë et î'urétrite chronique.

A. Urétrite aig^6. — L'uréirite aiguë résulte de causes <li verses, et en particulier de la présence prolongée des corps «étrangers dans le canal, mais c'est le contact vénérien qui lui donne le plus souvent naissance, et elle prend alors le nom de blennorragie. La première disparaît avec la cause qui l'a produite et ne mérite pas de description spéciale. Il n'en est pas de même de la seconde.

La blennorragie est une affection spécifique qui ne se donne à autrui que lorsqu'on l'a soi-même. Les histoires de transmission de la chaudepisse par une femme malpropre ou qui a ses règles sont bonnes pour rassurer certains esprits, mais au fond n'y croyez pas. Le coït pratiqué dans ces conditions peut, au même titre qu'un écart de régime, par exemple, réveiller une ancienne affection, mais il n'en donne jamais une première. Ne voyons-nous pas, même souvent, de jeunes femmes atteintes de cancer utérin -continuer pendant plusieurs mois les rapports sexuels, avant la période des douleurs, sans communiquer aucun écoulement biennorragique?

TiLLAUX. — Chirurgie clinique. II. — 21

On connaît aujourd'hui l'agent spécial de la contagion, le gonococcus, microbe pathogène de la blennorragie, mais la clinique en faisait prévoir depuis longtemps Texistence.

On rencontre, d'ailleurs, des conditions spéciales de réceptivité, car de deux individus voyant la même femme malade l'un peut être atteint et l'autre indemne.

Un fait utile à savoir également pour la pratique, c'est qu'une femme absolument saine en apparence peut donner une blennorragie aiguë. Il n'est pas nécessaire, en effet, que l'agent contagieux soit répandu sur toute la surface muqueuse pour se propager. Une très petite quantité, inappréciable à l'œil nu, peut s'être cantonnée dans l'urètre ou dans une des nombreuses glandes qui entourent la vulve et suffire à reproduire la maladie avec toute son intensité primitive.

Le diagnostic de la blennorragie s'impose de prime abord ; deux signes principaux la caractérisent ; la douleur en urinant et l'écoulement de pus par l'urètre. La simultanéité de ces deux signes est nécessaire : une cystite du col, par exemple^ peut provoquer de la douleur en urinant, mais il n'existe pas d'écoulement ; par contre, unebalano-posthite s'accompagne souvent d'un abondant écoulement de pus, mais le sujet urine sans douleur. La balano-posthite est assez commune chez les sujets à phimosis très prononcé, et, comme on ne peut découvrir le gland pour constater que le pus sort bien par le méat, on s'expose à une erreur de diagnostic (et, chose originale, je l'ai vue commise par Ricord) lorsque, s'en rapportant à la première impression que fait naître dans l'esprit la présence du pus, on néglige de demander au malade s'il souffre en urinant.

Inutile d'insister sur les caractères de la douleur, sur l'aspect de la suppuration aux diverses périodes de la maladie, beaucoupde mes lecteurs ayant acquis à cet égard une expérience personnelle.

Dans les blennorragies très intenses, la verge s'incurve quelquefois en bas pendant l'érection, ce que l'on désigne vulgairement sous le nom de chaudepisse cordée. Cela tient à ce que le tissu spongieux de l'urètre a perdu une certaine partie de son extensibilité et ne peut se redresser au même degré que les corps caverneux, lesquels subissent ainsi une sorte d'inflexion. Cet état provoque de violentes douleurs et, dans l'espoir de les atténuer, certains sujets redressent violemment la verge. 11 résulte de cette

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