LÉSIONS ORGANIQUES DE LA VESSIE ET DE L'URÈTRE
La vessie de la femme est susceptible de présenter les mêmes tumeurs que celle de Thomme, et je n'ai rien à ajouter sur ce point à ce que j'ai dit précédemment. Je ferai seulement remarquer <jue le diagnostic est plus facile, car il peut être éclairé et confirmé par le toucher direct exercé avec le doigt à travers l'urètre et le col dilatés, et même par le toucher vaginal combiné avec le cathétérisme. On pourrait suivre la voie urétrale pour enlever certaines tumeurs de petit volume, des papillomes pédicules, par exemple, au lieu de recourir à la taille hypogastrique.
L'urètre de la femme présente, par contre, une affection sur laquelle il est utile d'insister : on la désigne d'une façon générale sous le nom de polypes de l'urètre,
Scms qu'il soit possible de rattacher leur existence à une cause quelconque, les polypes de l'urètre sont fréquents et paraissent être surtout des papillomes; quelques-uns sont remarquables par leur tendance invincible à la récidive. L'expression de polypes leur convient mal, car ces tumeurs, loin d'être pédiculées, reposent, en général, sur une large base d'implantation.
Elles se présentent sous l'aspect de saillies rougefttres, granuleuses, friables, très vasculaires, saignant souvent au moindre contact, occupant de préférence le méat, et généralement implantées sur la demi-circonférence inférieure de cet orifice. Leur volume est variable ; il peut offrir celui d'une noix. Elles se prolongent plus ou moins dans l'urètre et peuvent atteindre le col. Jamais lelles n'empiètent par leur insertion sur la vulve ni sur le vagin, mais elles forment parfois une sorte de bourgeon plus ou moins saillant.
Parmi ces tumeurs, les unes sont absolument indolentes et ne
causent aucun trouble fonctionnel. J'en ai souvent rencontré chez
des femmes examinées pour une affection utérine, et qui n'en
soupçonnaient pas l'existence : évidemment, il n'y faut pas toucher