‹ Traité de chirurgie clinique v.2Chapitre 68 sur 156 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La rétention reconnaît rarement pour cause un obstacle matériel à l'écoulement de l'urine, puisqu'il ne saurait y avoir de valvule vésicale et que l'urètre ne présente à peu près jamais de rétrécissements. Cependant, une déviation de l'utérus et surtout la pression d'un fibrome occupant la face antérieure de cet organe pourraient la déterminer. Dans ce dernier cas, la vessie peut être attirée en haut, aplatie contre la paroi abdominale, et c'est alors que le cathétérisme présente quelque difficulté. Il est même sou-

vent nécessaire, pour réussir, de se servir d'une longue sonde en gomme.

J'ai vu, dans ces conditions, la vessie présenter une disposition singulière et bien propre à tromper le praticien : resserrée vers sa partie médiane, elle ressemblait à un sablier, et l'orifice de communication entre les deux poches était si étroit, que la sonde ne vidait que la poche inférieure.

La rétention d'urine peut succéder à un traumatisme du bassin ou bien à une opération de voisinage. La laparotomie la pro* duit à peu près constamment, quelquefois pour plusieurs jours ; chacun connaît la rétention d'urine des nouvelles accouchées. Mais une cause très commune de rétention d'urine chez la femme, c'est l'hystérie; certaines femmes doivent être sondées pendant des mois ou des années.

La rétention d'urine chez la femme a quelquefois donné lieu aux méprises les plus invraisemblables: on l'a confondue avec un kyste de l'ovaire, avec une hématocèle, et dans des cas oiïi la miction s'opérait par regorgement, les malades étaient considérées comme atteintes d'incontinence.

Quoi qu'il en soit, lorsque vous observez une tumeur abdominale occupant la partie moyenne de l'hypogastre, lisse, régulière, rénitente, fluctuante, commencez toujours par pratiquer le cathétérisme.

Je n'ai jamais eu recours, pour mon compte, à la ponction de la vessie chez la femme.

L'incontinence d'urine (et je ne parle pas ici de celle qui résulte d'une fistule vésico-vaginale) est assez commune. Très souvent, toutefois, elle est incomplète; le col ne résiste pas suffisamment à l'impulsion de la paroi abdominale, et beaucoup de femmes perdent plus ou moins d'urine pendant les efl'orts de toux, dans le rire. La distension du col par certaines tumeurs utérines provoque l'incontinence; on peut l'observer au cours de la grossesse. C'est l'accident obligé de la paraplégie, et souvent de la débilité sénile.

Il faut donc s'attacher surtout à la cause qui produit le phénomène, et, s'il résulte d'un défaut de tonicité du col, on pratiquera une cautérisation au nitrate d'argent, on tentera l'électrisation. Mais il faut savoir que la dilatation exagérée du col dans

Page 1