DES FISTULES URINAIRES
. En raison de leur fréquence et de leur gravité, en raison des nombreux travaux qu'elles ont inspirés à notre époque, les fistules urinaires constituent le chapitre le plus important peut-être de la pathologie urinaire chez la femme.
Des traumatismes, des abcès, sont susceptibles de leur donner naissance : comme chez l'homme, on peut rencontrer des fistules vésico-cutanées, vésico-intestinales, qui présentent dans les deux sexes des caractères identiques et donnent lieu aux mômes considérations thérapeutiques. Mais, on trouve chez la femme un genre de fistule urinaire tout à fait spécial, c'est celui qui succède à l'accouchement. En voici sommairement le mécanisme :
Lorsque la tète de l'enfant est arrivée dans l'excavation pelvienne, elle comprime fortement contre le pubis la vessie et le segment inférieur de l'utérus. Si cette compression dure trop longtemps, deux ou trois jours, par exemple, il en résulte la production d'une escarre, comme à la suite de l'application d'une attelle trop serrée sur un membre. Lorsque l'accouchement est terminé, on ne peut se rendre compte de l'intensité des désordres produits, parce que, les escarres n'étant pas encore détachées, la vessie conserve l'urine, mais bientôt sortent de grands lambeaux de tissu sphacélé, en même temps que se produit un écoulement abondant de sanie fétide, et les urines commencent à passer par le vagin. Après l'élimination complète, la fistule étant définitivement constituée, la malade se trouve atteinte d'incontinence absolue, et l'on constate qu'au lieu de sortir par l'urètre, les urines sortent par le vagin : c'est la fistule vésico-vaginale.
Sous le nom générique de fistule vésico-vaginale se trouvent comprises un certain nombre de variétés fort distinctes et qu'il importe de spécifier au point de vue du traitement, car les difficultés se trouvent singulièrement augmentées suivant qu'il s'agit de l'une ou de l'autre. Elles sont, d'ailleurs, en rapport avec la