‹ Traité de chirurgie clinique v.2Chapitre 77 sur 156 · HYDROGÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE · texte numérisé non relu

HYDROGÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE

des sujets chez lesquels coïncident une hydrocèle et une pointe de hernie qu'il est également facile de distinguer l'une de l'autreen se basant encore sur la réductibilité.

D'ailleurs, le diagnostic différentiel entre ces deux affections n'a de raisons d'être que si l'hydrocèle, étant volumineuse, remonte vers le canal inguinal; dans le cas contraire, la présence d'une tumeur dans le scrotum avec intégrité complète de la région inguinale exclut d'emblée toute idée de hernie.

Mais, supposez une hydrocèle en bissac, ou mieux en forme degourde, se prolongeant par sa petite extrémité vers l'anneau inguinal, et admettons qu'elle ne soit pas transparente ; supposez, maintenant une hernie scrotale irréductible, et surtout une hernie épiploïque : eh bien, dans ce cas, Terreur est possible, et j'ai souvenir de m'ètre opposé aune ponction proposée dans ces conditions.

Dans la hernie inguinale, on trouve ordinairement le testicule indépendant au-dessous de la tumeur, tandis que dans Thydrocèle le testicule fait corps avec la masse. La constatation de ce signe estutile, sans doute, mais n'est pas suffisante, car, dans certaines hernies congénitales, par exemple, le testicule n'est pas^ isolable de la tumeur, et, d'autre part, dans l'hydrocèle enkystée le testicule est indépendant et situé au-dessous d'elle.

Le cas peut donc devenir embarrassant et demande à être examiné de très près. Occupez-vous alors de la marche de l'affection. Si le. malade est intelligent, il pourra souvent vous renseigner sur le début de la maladie : la hernie s'est développée de haut en bas et riiydrocèle de bas en haut. Dans les premiers temps, la hernie rentrait, tandis que Thydrocèle a toujours été irréductible. Peut-être même, le malade vous dira-t-il qu'à un moment donné on a constaté de la transparence, mais tenez compte surtout de la consistance de la tumeur : l'hydrocèle est rénitente, fluctuante, et présente sur toutes ses parties une consistance égale : la hernie est molle, pâteuse (car il n'y a guère de hernie inguinale irréductible sans qu'elle contienne de l'épiploon) et de consistance très inégale, molle par places, dure en d'autres points. De plus, bien que la masse principale d'une hernie soit irréductible, il y a toujours des parties situées au voisinage de l'anneau, que ce soit de rintestin ou de l'épiploon, qui sortent de l'abdomen par les efforts de la toux et y rentrent en faisant percevoir un bruit de gargouillement ou de frottement.

Vous avez établi le diagnostic, il s'agit bien d'une hydrocèle :

recherchez alors les deux points suivants : où est le testicule? l'hydrocèle est-elle idiopathique ou symptomatique ?

Le siège habituel du testicule est en bas et en arrière de la tumeur (pour Texplication de ce fait consultez la figure 250, page 847 de mon Traité d'anatomie topographique ^ 9° édit.), mais il se peut faire que la glande soit, au contraire, située en avant, ce qui a lieu dans les cas d'inversion de Tépididyme. C'est en recherchant la transparence que Ton acquiert cette notion. Le testicule se trouve là où la transparence fait défaut, sous la forme d'un noyau brunâtre. Il ne faut pas compter sur le palper pour reconnaître l'emplacement du testicule, car cet organe ne fait aucun relief à la surface de la peau ; c'est tout au plus si la pression détermine en un certain point une douleur spéciale qui dénote la présence de la glande, mais il ne faut pas s*en rapporter trop à cette sensation, souvent inexacte.

Existe-t-il des hydrocèles réellement idiopathiques, c'est-à-dire indépendantes de toute lésion matérielle des organes? Il est vraisemblable que non, et après la ponction, en effet, on constate ordinairement quelque point plus résistant qu'à l'état normal, mais -sous ce nom nous entendons en clinique l'hydrocèle qui survient sans aucune cause appréciable, réservant celui d'hydrocèle symptomatique à l'épanchement qui accompagne parfois le testi- «cule tuberculeux, et surtout le testicule syphilitique.

Lorsque la tunique vaginale est complètement distendue par le liquide et ne permet pas de sentir au toucher le testicule ou l'épididyme, il est difficile de savoir à quelle espèce d'hydrocèle •on a affaire ; mais, le plus souvent, dans l'hydrocèle symptomatique la paroi se laisse déprimer et il est possible de constater sur les organes profonds les lésions caractéristiques dont je m'occuperai plus loin.

L'hydrocèle est une affection très bénigne, qui peut persister pendant bien des années en n'occasionnant que de la gène, et -cependant conseillez toujours aux malades de se faire opérer, en insistant sur les deux raisons suivantes : la tumeur peut, il est vrai, rester pendant très longtemps stationnaire, mais elle peut aussi grossir et prendre dételles proportions, qu'elle constitue une réelle infirmité dont le sujet demande à être débarrassé, et l'opération se fait alors dans des conditions moins favorables, car la tunique vaginale a perdu ses caractères normaux. La seconde et

Page 1