‹ Traité de chirurgie clinique v.2Chapitre 78 sur 156 · HYDROCÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE · texte numérisé non relu

HYDROCÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE

la principale raison, c'est qu'une hydrocële peut, à la longue, se transformer en hématocèle, aiïection d'un pronostic infiniment plus grave.

Le traitement de Thydrocèle doit être exclusivement chirurgical, les topiques ne pouvant produire aucun résultat.

Je ne ferai que mentionner le traitement conseillé, il y a quelques années, par Monod. Il consiste à soustraire une petite quantité de liquide à l'aide d'une seringue de Pravaz et à introduire ensuite dans la poche quelques grammes d'alcool. Le liquide ainsi modifié deviendrait résorbable. J'ai employé ce moyen un certain nombre de fois et chez l'adulte et chez l'enfant. Dans quelques cas, j'ai observé, en effet, après quelques jours, la disparition de l'hydrocèle, mais elle se reproduit. Je serais disposé à croire que la guérison momentanée se fait par un mécanisme différent de celui qu'a invoqué Monod; je ne crois pas que le liquide soit résorbé dans la tunique vaginale : il s'infiltre dans la couche celluleuse du scrotum par l'orifice qu'a fait la seringue, et il disparaît peu à peu comme s'il s'agissait d'une infiltration sanguine. Plusieurs fois, j'ai observé des hydrocèles volumineuses rompues à la suite d'un choc, et c'est ainsi que les choses se passent, mais le liquide ne tarde pas à être sécrété de nouveau dans la tunique vaginale.

Nous employons actuellement deux modes de traitement de rhydrocèle : l'injection iodée et l'incision.

Voici le procédé opératoire de l'injection iodée ; que je vais décrire avec quelques détails en raison delà fréquence de l'affection.

Préparez un trocartde moyen volume, dit trocart à hydrocèle. Ayez soin que l'extrémité de la gaine du trocart soit bien mousse et ne présente aucune éraillure, sinon vous déchireriez la peau au moment de la ponction et seriez obligé de remettre l'opération à un autre jour. Demandez une solution de teinture d'iode dans les proportions suivantes : eau, 60 grammes; teinture d'iode, 30 grammes ; iodure de potassium, 4 grammes.

L'opération se fait en deux temps : i° ponction et évacuation du liquide ; 2** injection de la solution de teinture d'iode.

Il faut, en pratiquant la ponction, éviter plusieurs écueils : d'abord la piqûre du testicule. Pour cela, recherchez toujours la transparence au moment même d'enfoncer le trocart et ponctionnez un point reconnu tout à fait transparent : vous éviterez ainsi

non seulement le testicule, mais encore les vaisseaux de la paroi et le canal déférent. Peu importe le lieu précis qu'occupe le testicule dans la tumeur, préoccupez-vous surtout de savoir où il n'est pas.

Dans une hydrocèle un peu volumineuse, la peau du côté sain recouvre en partie la tumeur, en sorte que le raphé du scrotum ne délimite plus la cloison des dartos. Recherchez donc le raphé avant de faire la ponction, et introduisez le trocart sur le côté du raphé correspondant à la partie malade. En ponctionnant de l'autre côté, vous traverseriez la cloison des dartos et ouvririez les deux tuniques vaginales.

Lorsque la couche de liquide est épaisse, il y a peu de danger de piquer la paroi opposée avec la pointe du trocart, mais cet accident peut arriver lorsqu'il y a peu de liquide. Essayez de vous rendre compte de la profondeur de la cavité et déterminez à l'avance avec le doigt la longueur d'instrument que vous désirez faire pénétrer. Ayez grand soin, je le répète, que l'extrémité de la canule du trocart ne présente aucune inégalité, sinon la peau ne sera pas simplement traversée mais encore déchirée, et il sera prudent, dans ce cas, de remettre l'injection iodée à une séance ultérieure.

Lorsque la tumeur est transparente, la ponction d'une hydrocèle est donc très simple, pour peu qu'on y prête attention, mais, quand il n'y a pas de transparence, où doit-on enfoncer le trocart? Recherchez un point de la surface où le malade n'éprouve à la pression aucune sensibilité ; il est probable que le testicule n'est pas à cet endroit, mais ce n'est pas certain. La règle alors est de ponctionner à la partie antéro-inférieure de la tumeur, parce que, à moins d'inversion de l'épididyme, le testicule est situé en arrière, ce qui est, en somme, de beaucoup le plus fréquent.

Le liquide étant évacué, introduisez immédiatement la solution iodée en quantité suffisante pour que la poche se trouve modérément distendue. Maintenez cette solution pendant trois minutes en contact avec la séreuse et laissez-la ressortir.

11 peut se produire alors un phénomène que j'ai vu au moins trois fois et sur lequel je désire appeler l'attention du lecteur, tant il me parait singulier : vous ouvrez le trocart pour l'écoulement de la solution iodée, et, à votre grand étonnement, rien ne sort : vous vous demandez aussitôt si le liquide n'aurait pas reflué au-dessus du piston de la seringue, ce qui est, à la rigueur.

BYDROCÈLE DE LA TUMQUE VAGINALE. 415

possible, mais non, vous vous assurez du contraire, le liquide a bien été injecté. S'agirait-il d'une hydrocèle congénitale méconnue elle liquide anrait-il pénétré dans la cavité abdominale? Mats le malade n'accuse aucune douleur dans le ventre et, d'ailleurs, le scrotum est distendu. Le liquide aurait-il pénétré dans la couche celluleusesous-dartoïque et non dans la tunique vaginale? Maisla canule du trocart occupe exactement lamëme placeque pen-

Fig. 131. — SchËma représentant une hydrocèle diverticulgJra développée aux dëpeoi du mao leslis (coupe verticale et transversale du teiDcule pratiquée suivant son axe nntéro-postérieur].

M. T. mnolcdii. | |W l> <li<Ieniion du »»»«»».

dant l'évacuation de la sérosité. Il y a donc là un petit problème assez embarrassant dont j'ai cherché la solution, et votci celle que je propose, sans toutefois avoir des preuves certaines à l'appui. Normalement, la tunique vaginale envoie un prolongement au niveaudelapartiemoyenneducorpsde l'épididyine {Voy. fig. 131), qui s'insinue entre cet organe et le bord supérieur du testicule formant une sortâ de mesolestis; or, je suppose que le liquide faisant eiïort contre le cul-de-sac représenté en MT (fig. 131) le

416 AFFECTIOSS DES ORGANES GÉMTALX DE L'HÛMUE.

distende, Il peut en réâulter une sorte d'hydrocèle divertie ulaïre (représentée par la ligne pointîllée) dont le diagnostic mo parait absolument impossible. Que l'injection pénètre dans cette ji en passant par l'espace rétréci situé entre le testicule et Vé] dyme, il se peut que cette ouverture se resserre encore fluence de l'irritation causée par la teinture d'iode, et le lii|uii trouve emprisonné. Il me semble diflicilc de comprendre aul ment le pliijnomène, qui, d'ailleurs, ne constitue qu'un iuci) au cours de l'opération, car les suites n'en sont pas sérieusesT

La complication la plus grave qui puisse succéder h. l'injection de teinture d'iode, c'est le passage de ce liquide dans le tissu cellulaire du scrotum, car une gangrène plus ou moins étendue en est la conséquence forcée. L'ouverture de la cloison des dartos peut y donner naissance, d'où la précaution que j'ai conseillée au moment de la ponction. Elle survient aussi à la suite d'une piqûre, par la pointe du trocart, de la paroi opposée au trou d'entrée. C'est pourquoi, lorsque le liquide de riiydrocèle ne sort pas absolument limpide, mais un peu teint>> de sang, il est préférable de ne pas (aire l'injection. Le passage du liquide de l'injection dans l'épaisseur du scrotum résulte surtout d'une fausse manœuvre : la canulf, une fois introduite dans la tunique vaginale, doit Ctre maintenue rigoureusement dans la même position, et l'opérateur prendra co soin li pendant qu'un aide pousse l'injection. Si la c;mule subit mouvement de retrait, il est possible que son extrémité ne responde plus à la cavité vaginale, mais à la puroi scrotale, et liquide pénètre alors dans le tissu cellulairt? des bourses.

Quel que soit le mécanisme de la pénétration de la teinture, des plaques noires gangreneuses ne tardent pas I^ apparaître scrotum se détache par lambeaux, les deux testicules peui 6lre misa nu et la guérison demande plusieurs moi

Prévenez le malade qu'après l'injection le scrotum reprendra rapidement son volume primitif, qu'il deviendra rouge et ua peu douloureux. Soutenez les parties par un procédé quelconque, une lame de carton échancrée, placée sur les cuisses, un tampon mis entre elles, etc., et appliquez à leur surface des compresses trempées dans l'eau blanche ou simplement une couche d'ouate.

La peau et le dartos sont Icllement froacés après l'opératiou qu'il est inutile de rien appliquer sur la plaie faite par le ^ocart.

neni et le

Page 1