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TESTICULE SYPHILITIQUE

physiologique au bout d'un certain temps, ce qui me parait, au contraire, très probable.

La méthode de traitement que je conseille contre Thématocèle spontanée de la tunique vaginale est donc la décortication. N'ayez recours à la castration que s'il est impossible d'enlever la fausse membrane.

Je ne décrirai pas exactement le procédé opératoire de Gosselin, qui estimait que la suppuration était inévitable après Tablation de ia fausse membrane, mais celui qu'il convient d'employer aujourd'hui.

La peau du scrotum étant bien savonnée, lavée à la liqueur de Van Swieten, pratiquez une longue incision sur la partie antérieure de la tumeur et pénétrez dans la cavité vaginale. Vous trouverez ordinairement un liquide épais, comme sirupeux, de couleur chocolat ou café noir. Le liquide évacué, prenez une des lèvres de l'incision et cherchez sur la tranche la fausse membrane, dont la couleur brune se détache nettement de celle des autres parties. Saisissez-la avec les doigts ou une pince et la décollez avec un instrument mousse. Continuez le décollement jusqu'à ce que vous arriviez au niveau du testicule. Ne cherchez pas à détacher la membrane de cet organe, ce serait impossible. Coupez-la avec des ciseaux tout autour du testicule, en rasant la surface de cette glande. Prenez alors une curette tranchante et grattez la tunique albuginée sans l'entamer; vous arriverez de la sorte à enlever à peu près complètement tout l'exsudat.

Comportez-vous ensuite comme s'il s'agissait d'une plaie simple: lavez avec une solution phéniquée forte; faites des sutures, un drainage, recouvrez le scrotum d'un pansement antiseptique que vous laissez en place pendant plusieurs jours. Vous obtiendrez ainsi une guérison rapide sans suppuration.

C. Testicule syphilitique. — Je comprends sous le nom de testicule syphilitique les diverses manifestations tertiaires de la syphilis susceptibles d'affecter cet organe ainsi que l'épididyme.

Je décrirai surtout le testicule syphilitique tel qu'on le rencontre le plus ordinairement dans la pratique.

A l'inverse des inflammations d'origine blennorragique, qui atteignent presque toujours l'épididyme seul, la syphilis se porte de préférence sur le testicule, sans que toutefois l'épididyme en soit indemne, ainsi que nous le croyions jadis.

426 AFFEGTIOiNS DES ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMME.

C'est, en général, à partir d'une année après le chancre initial et dans les premières années qui suivent que se montre le testicule syphilitique. L'affection se développe donc surtout dans la première moitié do la vie, par opposition au carcinome, qui apparaît plutôt dans la seconde.

Induration du testicule^ épanchement de liquide dans la tuniçue vaginale^ sont les deux caractères qui doivent tout de suite vous faire songer à un testicule syphilitique. Le liquide pourrait, à la rigueur, être trop abondant pour vous permettre de sentir la glande, et, jusqu'à la ponction, le diagnostic serait celui d'hydrocèle vaginale simple, mais le fait est très rare. Bien que la collection de sérosité soit ici plus considérable que dans les autres tumeurs du testicule, elle permet, cependant, presque toujours d'apprécier facilement la forme et la consistance de l'organe, qui parait nager dans le liquide.

Ainsi donc, lorsqu'un sujet, ordinairement jeune, bien portant en apparence, se présente avec une tumeur du scrotum constituée par une partie liquide transparente et une partie solide de consistance ferme ou dure, sans aucune trace d'inflammation, ce sujet est à peu près certainement atteint de testicule syphilitique.

Vous pouvez lui demander d'emblée à quelle date remonte le chancre, et, devant une question aussi affirmative, il vous donnera, sans hésiter, ce renseignement.

Etudions plus en détail les signes de cette affection.

Le palper vous fait reconnaître que les parties ont conservé une forme sensiblement normale : vous distinguez facilement le testicule do l'épididyme, ce qui n'a jamais lieu, par exemple, dans le sarcome ou dans le cancer, et vous reconnaissez que l'affection porte sur le testicule, l'épididyme conservant le plus souvent sa forme et sa consistance habituelles.

Le testicule est augmenté de volume, mais au début seulement de l'affection, car, plus tard, il est au contraire atrophié. La tuméfaction n'est, d'ailleurs, jamais considérable.

Explorez avec grand soin la consistance. A la pression, un testicule normal est élastique ; l'albuginée se laisse déprimer et revient aussitôt sur elle-même ; — dans le testicule syphilitique» l'organe est ferme, résistant. M. Fournier a dit que la tunique était comme blindée : il existe, en effet, des plaques d'induration.

La surface du testicule est normalement tout à fait lisse ; on

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