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AMPUTATION DE LA VERGE

à s'accroître, riiésitation n'est plus permise, et il faut se comporter comme s'il s'agissait d'un cancer : mais je dois dire que les végétations prennent très rarement ce caractère, qu'elles ne sont pas indurées et conservent l'aspect de chou-fleur signalé plus haut. On conçoit tout l'intérêt de ce diagnostic différentiel, car, dans l'hypothèse d'un cancer, il faut retrancher non seulement la partie exubérante, mais encore l'organe qui la supporte tandis que l'abrasion suivie de cautérisation suffit à débarrasser le sujet d'une végétation, si volumineuse soit-elle.

Il est encore utile de s'assurer si le cancer occupe le prépuce seul ou en même temps le gland, et chez les sujets atteints de phimosis ce diagnostic ne saurait être fait sans incision préalable du prépuce. Il est bien évident que si on trouve le gland complètement sain, il faudra se contenter d'une résection plus ou moins étendue et respecter la verge.

A une période plus avancée de la maladie, le diagnostic s'impose à l'aspect d'une tumeur dure, inégale, bosselée, ulcérée, douloureuse, accompagnée souvent d'engorgement ganglionnaire.

Le seul traitement utile est l'ablation du néoplasme, et, comme dans toutes les autres régions, l'opération est indiquée si la tumeur est suffisamment limitée pour permettre l'extirpation totale.

Le plus souvent, le gland ou le corps caverneux sont envahis, et c'est à l'amputation de la verge qu'il faut recourir.

L'amputation de la verge, très simple en elle-même, exige cependant un certain nombre de précautions. Et d'abord, il faut se préoccuper de l'hémorragie primitive et secondaire. Indépendamment du tissu spongieux, la verge contient, en effet, six artères importantes: deux dorsales, deux caverneuses, et deux urétrales: aussi, a-t-on conseillé de se servir d'un instrument de diérèse déjà hémostatique par lui-même, tel que les thermo ou galvanocautères. Si l'amputation est pratiquée très près du pubis, il est possible que les corps caverneux se rétractent au loin dans le fourreau de la verge et qu'on ait peine à les retrouver, ainsi que l'urètre ; c'est pour cela qu'il est bon, après l'amputation, de passer un fil dans le moignon, afin de pouvoir, au besoin, l'attirer en avant. Il faut également se préoccuper de l'orifice urétral. Il est possible qu'on éprouve une certaine difficulté à le retrouver après l'opération, surtout si la section n'a pas été pratiquée au bistouri : l'écraseur, en effet, et le thermocautère aplatissent le canal et accolent les parois. Après un peu de tâtonnement et

en se rappelant que Tupètre occupe la face inférieure des corps caverneux, en faisant, au besoin , un léger débri dément, on arrivera à pouvoir introduire une sonde jusque dans la vessie.

L^introduction d'une sonde à demeure dans la vessie est utile en effet, d'abord pour protéger la plaie du contact de Turine, et ensuite pour s'opposer à Tatrésie ultérieure du nouveau méat urinaire.

Une excellente précaution pour obtenir ce dernier résultat consiste à suturer la peau avec la muqueuse urétrale. L'idéal serait de faire une véritable collerette de sutures, mais la distance de Turètre à la peau située à la face dorsale de la verge et le peu de mobilité de la muqueuse urétrale peuvent s'opposer à ce résultat. Il faut, dans tous les cas, s'efforcer d'obtenir la réunion sur la paroi inférieure du canal, et, pour cela, pratiquer une incision verticale qui permette de renverser les deux lèvres de la plaie et de suturer la muqueuse à la peau.

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