‹ Traité de chirurgie clinique v.2Chapitre 92 sur 156 · LIPOME DE LA VULVE · texte numérisé non relu

LIPOME DE LA VULVE

tendues, on s'expose à en enlever très inutilement de grands lambeaux avec le papillome et on provoque de la sorte une perte de sang beaucoup plus abondante, sans compter que la guérison demande un temps plus long. Dans plusieurs circonstances, pour de grosses végétations, j'ai employé le grattage soit avec une spatule, soit avec une sorte de raclette que M. Collin m'avait construite dans ce but. Les parties étant bien tendues, on agit comme pour enlever les écailles d'un poisson et Ton peut ainsi nettoyer la vulve à très peu de frais. Si quelques-unes des végétations résistent, on les détache à leur base d'un coup de ciseaux. On touche ensuite la surface avec de la teinture d'iode ou une solution de nitrate d'argent.

2* Lipome de la vulve. — Le lipome de la vulve n'est pas rare et il mérite une mention spéciale en raison de la forme toute particulière qu'il est susceptible de prendre dans cette région (Voy. fig. 138). Il se développe dans la grande lèvre. La tumeur peut, sans doute, se présenter sous la forme d'une masse régulière arrondie, distendant uniformément la peau, mais il arrive aussi que la tumeur s'allonge, descend, se pédiculise à son origine, augmente de volume vers son point déclive, et finit par ressembler complètement à un battant de cloche qui pend de la vulve entre les cuisses de la femme. Cette tumeur ressemble, quant à sa forme, à ce qu'on a décrit sous le nom de molluscum pendulum, mais c'est bien une masse graisseuse contenue dans un sac cutané et se continuant avec la graisse de la grande lèvre par un orifice très étroit. Je ne connais pas la disposition anatomique permettant de c\)mprendre cette marche singulière du lipome, que l'on observe aussi, d'ailleurs, à la partie supérieure etinterne de la cuisse dans les deux sexes.

On pourrait de prime abord songer à une hernie, mais il est aisé de s'assurer que cette tumeur irréductible n'affecte aucune connexion avec le canal inguinal. Laforme en est, du reste, tellement pathognomonique, que le diagnostic s'impose tout de suite dès que l'on a observé l'une de ces tumeurs.

Il est possible, toutefois, d'hésiter sur la nature intime du contenu, car il se développe aussi à la vulve des fibro-myomes ayant pour point de départ les fibres musculaires du ligament rond et dont la description clinique ressemble exactement à celle que je viens de donner du lipome. Tantôt, en effet, la tumeur

484 AFFECTIONS DES ORGA.NES GËNITAU:^ DE L\ FEHHE.

est renfermée dans la grande lèvre et on serait encore autorisé à songer, dans ce cas, & une tumeur épiploïque, tantAt elle pend, rattachée par un pédicule étroit. La confusion entre ces diverses tumeurs n'offre, d'ailleurs, pas grand inconvénient, puisque, dans tous les cas, le traitement est le même, c'est-à-dire l'extirpation.

3" Kystes de la vulve. — On observe à la vulve deux sortes de kystes très distincts : l'un est développé aux dépens de la glande vulvo-vaginale ; l'autre dans l'intérieur môme de la grande lèvre, très probablement dans un débris du canal de Nùck. Ce dernier a encore reçu le nom d'hydrocèle de la femme.

i" Kystes de la glande vulvo-vaginale. — Les kystes de la glande

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