HYDROCËLE DE LA FEMME
vulvo-vaginale, qu'ils soient développés dans le parenchyme glandulaire ou bien aux dépens du canal excréteur, sont constitués par une tumeur lisse, régulière, arrondie, facilement saisissable entre deux doigts. Ne dépassant pas, en général, le volume d'un œuf de pigeon, ce kyste fait relief sous la muqueuse et jouit d'un certain degré de mobilité. La tumeur ressemble donc beaucoup à celle que forme l'abcès de la glande, mais elle en diffère surtout en ce qu'elle est tout à fait indolente et s'est développée à l'insu de la femme, qui ne s'en aperçoit le plus souvent que par hasard. Si le kyste présente le volume d'un haricot ou d'une petite bille, on peut ne pas s'en occuper, mais s'il est plus volumineux et apporte quelque obstacle au coït, il en faut débarrasser la femme. On a conseillé la ponction et l'injection iodée. Il vaudrait mieux employer le procédé suivant : fendre le kyste sur toute sa hauteur avec un bistouri ; après évacuation, nettoyer la surface interne avec une solution phéniquée au quarantième, et toucher ensuite avec une solution de chlorure de zinc à 5 p. 100. Je crois toutefois que l'extirpation de la poche est préférable.
b. Kystes de la grande lèvre, — Htjdrocèle de la femme, — De même que certains kystes du cordon chez l'homme se développent dans un débris du canal péri tonéo- vaginal, il me parait rationnel d'admettre que ceux-ci reconnaissent pour origine chez la femme une portion du canal de Nûck. Je ne voudrais pourtant pas contester que le liquide siège quelquefois dans un reste de sac herniaire séparé de la grande cavité péritonéalc, mais le fait me parait de peu d'importance.
Tantôt le kyste est de petit volume, comme celui d'une noisette ou d'une amande; il va et vient dans le canal inguinal, glisse sous les doigts, et rentre même complètement dans la cavité abdominale par une légère pression, mais pour ressortir aussitôt. Il ne saurait guère y avoir d'erreur dans ce cas ; une hernie, en particulier, n'offre pas cette mobilité, elle n'est pas aussi nettement limitée. Mais on pourrait être trompé sur la nature et l'origine du kyste : en voici un curieux exemple, que j'observai à THôtel-Dieu , en 1 887 . Une femme présentait une tumeur de ce genre dans l'aine droite et, contrairement à l'habitude, ressentait quelques douleurs dans cette région. Je ponctionnai la tumeur avec un aspirateur et retirai quelques grammes de liquide séreux. Le kyste se reproduisit peu de temps après, mais une tumeur
4Ke AKFELTIONS DES OitGANES nEKITAUX DE L\ FEMME.
vienne ne tarda pas à so di^velopper en déterminant des douleurs d'une intensité- telle, que la malade réclama «ne opération. Or, jo c-onstatai qu'il s'agissait d'un kyste multiple (je ne dis pas mnltili culairej de l'ovaire ou pUitdt des deux ovaires, et le kyste " nal en était une dépendance, ce qu'on ne pouvait prévoir d'api lus signes cliniques.
Il se pourrait encore qu'une tumeur inguinale réductible, au lieu d'être un kyste proprement dit, fiit une liydrocèle congénitale développée dans le canal de Nilck persistant, ainsi que l'a dt.'montré M. Rirhelot, dans une observation très concluante lue & l'Académie de médecine en 188K. Ce fait est esceptionnel, doute, mais il justifie pleinement la comparaison entre le cai de NOck chez, la femme et le canal péri tonéo- vaginal l'homme.
Supposons maintenant que la tumeur atteigne un certain volume, celui d'un œuf de poule, par exemple, qu'elle occupe le canal inguinal, descende dans la grande lèvre et ne soit pli ductible. Le diagnostic peut alors présenter de réelles dil cultes.
Et d'abord, s'agit-îl d'une hernie inguinale irn'rduclible, et particulier d'une épiplocMe? La recherche de la transparence, utile pour le diagnostic des tumeurs du scrolum, ne doDoe que des rf^sultats bien imparfaits, car elle est diflicite constater chez la femme, même lorsqu'elle existe. Sï la lumi est volumineuse et pédiculisable, on peut, h la rigueur, y parvenir, mais de ce qu'on ne trouve pas de transparence il n'en faut pas conclure à l'absence de liquide. 11 ne fnnt pus non pluft trop compter sur le caractère de la consistance; le meilleur signe, seul même qui permette de repousser l'idée d'une hernie, est suivant : attirez le plus possible la tumeur en bas. mettez doigt sur l'anneau ; si vous ne sente/ pas ft ce niveau le moini pédicule rattachant la tumeur à la cavîlé abdominale, c'est ce n'est pas une hernie. Pour plus de certitude, faites tousser malade : si vous ne sente/, d'impulsion ni au niveau de l'anneau, ni dans la tumeur, raison de plus pour rejeter riiv|iotb6so d'une hernie.
11 est vrai qu'une hernie pourrait coïncider avec une tumeur' la grande lèvre, et j'en ai eu à la fois deux exemples sons yeux. Si la hernie était irréductible, le diagnostic serait im|iosstl mais lorsque la hernie se réduit, il est assez facile, & l'aide
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AFFECTIONS DU VAGIN. 487
mode d'exploration que j^indiquais tout à l'heure, de faire la part •qui revient à Tune et à l'autre de ces tumeurs.
Il ne s'agit pas d'une hernie : la tumeur est-elle liquide ou solide? Si la tumeur est irrégulière, de consistance ferme ou dure, il n'y a pas de doute qu'elle soit solide, mais, si elle est rénitente et de forme régulière, le diagnostic peut être impossible sans le secours de la ponction exploratrice, car il ne faut compter ni sur la fluctuation, ni sur la transparence.
N'oublions pas que l'ovaire peut être contenu dans le canal inguinal. Si la glande a conservé sa forme et sa sensibilité normales (Voy. Hernie de fovaire)^ si la pression exercée sur la face antérieure de l'utérus par le vagin détermine un mouvement de retrait de la tumeur, le diagnostic est facile, pour peu que l'on «onge à la possibilité de l'affection. Mais, s'il se trouve en même' temps autour de l'ovaire, plus ou moins atrophié et refoulé -contre les parois delà poche, une couche de liquide, le diagnostic devient impossible, et il ne put même être établi qu'à l'aide du microscope dans un cas que j'observai à l'Hôtel-Dieu, en 1887.
Ainsi donc, une tumeur de la grande lèvre, lisse, régulière, rénitente, fluctuante, nettement circonscrite, sans pédicule vers le canal inguinal, ne subissant aucune impulsion sous les efforts de la toux, est à peu près certainement un kyste. S'il existait un pédicule, on serait autorisé à penser que le kyste a pu se développer autour de l'ovaire hernie. Si, au lieu d'être indolente spontanément et à la pression, caractère propre à l'hydrocèle simple •de la femme, la tumeur était douloureuse, ce serait une raison <ie plus pour croire à une hernie de l'ovaire.
La ponction et l'injection iodée conviennent au traitement de l'hydrocèle de la femme comme à celle de l'homme, mais, dans le cas d'hydrocèle congénitale réductible, et pour peu que Ton conserve quelques doutes sur le diagnostic, il faut recourir d'emblée Texcision de la poche. En cas d'erreur, on ferait la cure radicale -de la hernie ou l'ablation de l'ovaire.