AFFECTIONS DE L'UTÉRUS
J'étudierai successivement: les traumatismes ; — les déplacements ; — les déviations ; — l'hypertrophie ; — l'inflammation ; — les tumeurs de l'utérus, en insistant sur celles de ces affections qui rentrent plus spécialement dans le domaine de la chirurgie et exigent un acte opératoire.
1° TRAUMATISMES DE L'UTÉRUS.
Renfermé dans la cavité pelvienne et situé entre la vessie et le rectum, l'utérus est, à l'état de vacuité, l'un des organes les
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mieux proléffi'S contre les traumalismes. Od ne conçoit pus bien,, d'ailleurs, commeut l'iiti-rus pourniit fitre inttJressé dans ces co] (litions sans (jue d'autres orgiines dune iniportanco capi le soient en mfïme temps, ccquieDlJïveà cette question une partit de son intérêt. C'est ainsi qu'on a cité des cas d'empalement pw le vagin ou par le rectum avec des lésions multiples, contre lesquelles la thérapeutique est généralement impuissant*, ou en tout cas très limitée; des blessures de l'utérus ont été faites quelquefois par le chirurgien lui-même traversant le fond de l'organe avec l'hystéromëtre. Cet accident, qu'il faut à coup sûr essayer d'éviter, n'est cependant pas très grave, à condition que l'instru' ment soit tnl-s propre et que la matrice ne contienne pas de produits septiques. J'ai dit plus haut que j'avais ponctionné l'uléru»! avec un trucart ordinaire dans un cas d'hydramnios, et sans la moindre inconvénient.
Par contre, lorsque l'utérus en état de gestation fait dans la cavité abdominale une saillie considérable, il peut Cire intéressé facilement de manières très diverses ; c'est tantût une contusion plus ou moins violente contre laquelle nous n'avons aucune ressource directe; tantdt, ce sont des plaies produites par un couteau ou par des cornes d'animaux, etc., et nous pouvons alors êtr6 appelés à agir.
El d'abord, comment reconnaître que l'utérus est intéressé? Si la pluie est étroite, n'a donné issue à aucun liquide, à aucune partie fœtale, le diagnostic est impossible. On ne soupçonne alors la blessure que les jours suivants, lorsque la femme fuit une fausse couche, et même, dans ce cas, le traumatisme de la paroi abdominale suffirait h lui seul pour expliquer l'accident. On a pa, dans diverses circonstances où la femme avait guéri après 6tr* accouchée d'un enfant mort, afiirmer une plaie pénétrante da l'utérus, parce que le fœtus portait lui-même des traces do blessure.
Une plaie pénétrante de l'utérus ne peut être reconnue qi par la sortie du liquide amniotique (et encore faut-il bien s' surer que ce n'est pas de l'urine) ou l'issue à travers la plaie d'une partie fœtale.
Que faire dans ce cas?
Si la plate abdominale est étroite et ne livre passage à aucuji] organe, contentez- vous d'en pratiquer l'occlusion sans voi préoccuper de la plaie utérine.
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Mais lorsqu'une partie du fœtus est engagée et apparaît au dehors? Il ne faut pas songer à la réintégrer dans la cavité utérine, mais, au contraire, compléter cette espèce d'opération césarienne, et le plus rapidement possible ; pour cela, on agrandira la plaie pariétale et ensuite la plaie utérine de façon à permettre l'extraction du fœtus ainsi que celle du placenta. S'il y avait, en même temps, issue de l'intestin et de Tépiploon, on se comporterait comme je Tai dit au chapitre des plaies pénétrantes de l'abdomen.
Comment agir ensuite avec l'utérus? Faut-il le réséquer suivant la méthode de Porro, ou bien en suturer les parois? Je . n'ai aucune expérience personnelle pour la conduite à tenir dans ces cas exceptionnels, mais je serais disposé, je l'avoue, à prendre le second parti, c'est-à-dire à suturer l'utérus et à le conserver.
Donc, après avoir enlevé le fœtus, le placenta, et pratiqué un lavage aussi complet que possible de la cavité abdominale, avec de l'eau filtrée bouillie tiède, procédez aux sutures. Celles-ci, faciles à faire sur le fond de l'utérus lorsque la plaie est transversale, sont, paraît-il, beaucoup plus difficiles lorsque la plaie est verticale, parce qu'alors les deux lèvres de la solution de continuité, ayant une grande tendance à s'écarter, exercent une forte traction sur les fils, ce qui empêche la réunion. Aussi, at-on conseillé de faire un double plan de sutures, l'un profond et l'autre superficiel, sur le péritoine, en retranchant même au besoin une certaine quantité de fibres musculaires qui font hernie sur chaque tranche de la plaie, afin de permettre le rapprochement plus facile du péritoine.
Il semble, cependant, qu'un seul plan de sutures avec des fils de catgut à points séparés serait suffisant, à condition de faire passer l'aiguille à une distance convenable de la plaie pour que les fils résistent à la traction exercée par le tissu utérin.