BLESSURES DES REINS ET DES URETÈRES
rhagie mortelle. Léveillé (1) et Fergusson (2) en ont cité quelques cas de guérison. Leur traitement se réduit à l'emploi des antiphlogistiques locaux et généraux dirigés enparliculier contre la péritonite.
Blessures des reins et des uretères. — Les reilis, étant situés en
dehors du péritoine qui ne fait que tapisser leur face antérieure, peuvent être blessés soit isolément, soit en môme temps que le péritoine ou en même temps que l'un des viscères de l'abdomen. Les plaies du rein qui ne pénètrent pas dans le péritoine sont moins graves que celles qui intéressent cette membrane séreuse.
Des contusions et des déchirures du rein succèdent à des coups violents, à des pressions énergiques sur la région qu'il occupe, à des chutes de lieux élevés. Une douleur profonde de la région rénale, se dirigeant vers l'aine et s'accompagnant de l'ascension du testicule appliqué contre l'anneau inguinal externe, et la présence du sang dans les urines sont les phénomènes qui peuvent faire admettre la contusion ou la déchirure du rein.
Les armes blanches et les coups de feu peuvent atteindre le rein par sa partie postérieure ou par sa partie antérieure.
Les coups de feu, outre la blessure constituée par leur trajet, semblent quelquefois faire éclater le rein et déterminent des déchirures étendues. Sur un soldat russe, blessé à Inkermann (Crimée, 1855) de deux coups de feu, l'un aux reins et l'autre au genou gauche, et qui succomba à cette dernière blessure, nous pûmes constater la guérison de la plaie du rein : traversé d'avant en arrière et vers le milieu de sa hauteur, l'organe avait beaucoup diminué de volume et présentait au centre, sur ses deux faces, une cicatrice déprimée, fibreuse et solide à laquelle venaient se joindre, comme les rayons d'une étoile, cinq autres cicatrices irrégulières.
Le diagnostic des plaies du rein n'est pas toujours facile : il repose sur le siège, la direction et la profondeur de la blessure, sur la présence de l'hématurie et sur l'écoulement de l'urine par la plaie, sur la douleur de la région et sur la rétraction du testicule. Mais ces signes ne sont pas plus probants que les syncopes, les vomissements, l'anxiété, le refroidissement qui se rencontrent dans toutes les lésions graves et profondes; certains d'entre eux manquent quelquefois. L'hémorrhagie est rare, et le passage de l'urine dans le péritoine, lorsque la blessure siège en avant, l'infiltration urineuse, dans tous les cas, sont les accidents qui compliquent le plus habituellement les plaies du rein. Ils ont pour résultats rap des, une péri-
(1) Léveillé, Nouvelle doctrine chirurgicale, t. I.
[2) Fergusson, Philosophical Transactions, year 1738.
ÛO/l BLESSURES DE L ABDOMEN PAR ARMES DE GUERRE.
tonile intense et de vastes phlegmons gangreneux des flancs et de la région lombaire qui amènent la mort dans un temps très-court. Les épanchements d'urine et l'infiltration urineuse se voient rarement à la suite de coups de feu; la contusion et l'escharification des parties qui ont été atteintes par le projectile s'opposent sans doute à l'évacuation du liquide.
Lorsque les accidents inflammatoires ont été conjurés, la suppuration s'établit, le pus s'écoule avec l'urine, la plaie extérieure se rétrécit et demeure assez longtemps fistuleuse. Il peut se former entre le rein et la plaie extérieure un foyer plus ou moins volumineux qui se remplit d'urine et de pus et se vide difficilement; une incision, dans ces cas, donnerait une libre issue aux liquides.
Le traitement de toutes les plaies du rein consiste dans l'emploi des moyens anliphlogistiques; dans de larges et profondes incisions lorsqu'une infiltration urineuse a lieu. Il faut s'assurer que le malade urine facilement et le sonder si quelque caillot sanguin vient à oblitérer le col de la vessie ; la rétention d'urine n'est complète que dans ce dernier cas. A la suite des coups de feu avec présence du projectile ou de corps étrangers, on peut tenter l'extraction de ces derniers en prenant autant que possible la précaution de ne pas intéresser le péritoine.
Les blessures des uretères échappent à notre diagnostic et à nos moyens d'action, comme celles des différents organes contenus dans l'abdomen, l'épiploon, le mésentère, le pancréas et le canal thoracique. Les phénomènes que la lésion de ces viscères détermine, n'ont rien de particulier qui puisse les faire distinguer : ils se perdent du reste au milieu des accidents inflammatoires communs au plus grand nombre des blessures pénétrantes de la cavité abdominale.
Épaiichemcnts abdominaux. — Des épancliements de diverse nature peuvent se faire dans l'abdomen à la suite des blessures pénétrantes de cette cavité; ce sont : 1° des épanchements de sang, 2° de bile, 3° d'urine , k° de matières alimentaires ou stercorales , 5° de pus et 6° de gaz.
'Sang. — Le sang épanché dans l'abdomen est artériel ou veineux : il provient de la lésion de l'aorte et de ses branches, de celle de la veine cave et de la veine porte, de celle des vaisseaux situés dans les parois abdominales, des blessures des organes renfermés dans le ventre, et en particulier des blessures du foie et de la rate.
Lorsque des vaisseaux d'un calibre considérable sont ouverts dans l'abdomen, le sang s'épanche avec une rapidité et une abondance qui causent proraptement la mort. Les blessures du foie et de la rate donnent, en un temps plus ou moins court, une abondante quantité de sang. Quand des