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FRACTURES DES OS DU RASSIN. M

vrysme. Bouisson(l) a lié la fessièrc dans la plaie même, el Carmichael (2) a recherché et lié celte artère pour un anévrysme trauinalique, Si la recherche du vaisseau et la compression directe restaient infructueuses et que l'hémorrhagie continuât avec abondance, il faudrait avoir recours à la compression de l'aorte et, comme extrême ressource, à la ligature de l'artère hypogastrique.

La blessure du nerf sciatique est une des complications des plaies du bassin : lorsque le nerf est piqué ou incomplètement divisé par les armes blanches, une névralgie ou une paralysie incomplète de la jambe peut survenir; à la suite de coups de feu qui ont déterminé une perte de substance du cordon nerveux, la paralysie de la jambe est complète et presque toujours définitive.

Les balles se perdent quelquefois dans les parties molles extérieures du bassin, soit qu'elles se cachent dans l'épaisseur de la fesse, soit qu'elles passent dans la profondeur de l'aine. Leur recherche est souvent trèsdifficile ou impossible. La présence d'un projectile ou d'un corps étranger dans la fesse est parfois inoffensive; le plus souvent elle détermine la formation d'abcès qui, suivant qu'ils sont situés en dehors du en dedans de l'aponévrose qui recouvre le moyen et le petit fessier, se portent vers l'extérieur, ou déterminent de vives douleurs et peuvent fuser dans le bassin par les échancrures sciatiques. Ces abcès, qu'ils soient superficiels ou profonds, doivent être largement ouverts dès qu'ils sont reconnus, afin d'empêcher la migration du pus dans le membre inférieur ou dans la cavité pelvienne.

L'action des gros projectiles, bornés aux parties molles, donne lieu quelquefois à des pertes de substance étendues qui déterminent la dénudation et l'exfoliation des os, se réparent avec beaucoup de difficultés après de longues suppurations, et ont pour résultat la formation de cicatrices adhérentes, étendues et difformes, qui apportent une gêne considérable dans les mouvements.

Fractures des os du bassin. — Les éboulements de terre ou de pierres, le passage de roues de voilures, les gros projectiles lancés par la poudre à canon, déterminent des fractures et des luxations des os du bassin. Les fractures, lorsqu'elles sont étendues, sont généralement trèsgraves, en raison des violentes contusions dont elles sont accompagnées, de la lésion possible des viscères, des paralysies soit de la vessie, soit du rectum,

(1) Bouisson, Mémoire sur les lésions de l'artère fessière et ischiaiique {Gazettemédicale, 1845, et Tribut à la chirurgie. Paris, 1858, t.'I).

(2) Carmichael, Gazette médicale, 1834.

soit du membre inférieur, de la formation d'escharcs et de la dénudation des os, enfin des suppurations ihtra-pél vieil nés qui en sont fréquemment le résultat. Le traitement des fractures du bassin consiste à mettre !e blessé dans la position qui provoque le moins dé douleurs, à relever autant que possible les fragments d'os enfoncés, à les remettre en place ou à les extraire, à envelopper le bassin dans un bandage de corps serré et à prévenir ou à combattre les accidents inflammatoires. Les abcès, les épancbements d'urine ou de matière stercorale qui se produisent, sont ouverts immédiatement : néanmoins, malgré les soins les mieux entendus, les graves complications de ces fractures sont trop souvent au-dessus des ressources de l'art.

Les luxations des os du bassin se rencontrent quelquefois et se produisent dans les mêmes conditions que les fractures. Murville (1) a rapporté un cas de luxation du sacrum en bas et d'écartemenl de la symphyse pubienne, survenus chez un cavalier dans des circonstances singulières : le sujet fut lancé par une ruade de sa monture à une certaine hauteur de la selle et retomba à cheval sur le périnée, les cuisses fortement fixées sur le bassin par la contraction musculaire. Une douleur excessive au niveau des articulations luxées ou distendues, et rendue ordinairement intolérable par le moindre mouvement imprimé aux membres inférieurs, la mobilité des os disjoints, leur écartement, le changement produit dans la conformation des parties, le rapprochement opéré entre les crêtes iliaques et les dernières fausses côtes, lorsque le sacrum s'est enfoncé comme un coin entre les os coxaux, tels sont les symptômes des luxations du bassin.

Cet accident est généralement grave ; cependant la gravité du pronostic résulte moins des désordres articulaires que des lésions concomitantes des viscères abdominaux et pelviens, de la moelle épinière, des vaisseaux ou des nerfs. Lorsque ces complications n'existent pas, les blessés guérissent en un temps toujours fort long, et conservent souvent une assez grande difficulté dans la marche.

Replacer les parties dans leur situation normale, est, dans les luxations du bassin, comme dans toutes les autres, la première indication à remplir; il est souvent très-difficile d'y parvenir et, quelquefois même, les efforts que nécessiterait la réduction, aggraveraient la position du malade, au point d'accélérer la mort. Les blessés peuvent guérir sans que la réduction dé la luxation soit opérée; aussi est-il moins important de chercher à réduire la luxation, que de combattre l'inflammation et ses conséquences par tous les moyens possibles et, en particulier, par l'immobilité la plus absolue.

(1) Murville, Mémoire sur les luxations des os du bassin (Mémoires de l'Académie de médecine. Paris, 1849, t. XIV).

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