FRACTURES DES OS DU BASSIN. M
Les coups de feu peuvent atteindre tous les os du bassin, en donnant lieu aux accidents les plus variés. Les balles sont réfléchies sur la ceinture osseuse pelvienne et, après avoir décrit un trajet plus ou moins sinueux, restent dans les parties ou se frayent une issue en produisant une seconde plaie; elles peuvent s'aplatir sur l'os sans y pénétrer. Frappant les os de dedans en dehors ou de dehors en dedans, elles les traversent complètement ou s'y implantent. La figure 51 représente une écornure de la crête iliaque, faite par une balle comme à l'emporte-pièce. Quand l'os est atteint dans une partie épaisse et solide, la fracture peut être très-étendue : la figure 52 est
Fie. 51. — Échancrure de la cré'.c iliaque gauche par un coup de feu. (Musée du Val-de-Grâce.)
Fig. 52. — Fracture par coup de feu de l'os coxal gauche.
(Musée du Val-de-Grâce.) Le fragment antérieur supportant l'épine iliaque antérieure et supérieure manque.
une fracture par coup de feu de l'os coxal : la balle a frappé au-dessus de la cavité cotyloïde; la portion large et évasée de I'ilion est rompue en trois fragments ; le cotyle, l'ischion et le pubis formant un seul fragment ont été séparés du reste de l'os.
Les projectiles s'enclavent surtout dans les parties spongieuses de l'os. Les figures 53 et bh représentent la moitié supérieure d'un os iliaque droit : on y voit près de la crête, à cinq centimètres de l'épine iliaque antérieure et supérieure, une excavation renfermant une balle ; autour de l'excavation, en dedans comme en dehors, la surface de l'os est rugueuse et percée d'ouvertures vasculaires attestant l'existence d'un travail organique. On voit quelquefois des balles s'arrêter dans la portion la plus mince de l'os iliaque :
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la figure 55 nous en offre un exemple. L'os des iles est perforé par une balle
Fjg. 53. — Moitié supérieure de l'os iliaque droit. — Balle enclavée dans la crête iliaque. (Musée Dupuytren.)
Fig. 54. — Face interne de la pièce précédente.
déformée : le malade, blessé à la bataille de Leipzig (18-19 octobre 1813),
est mort en 18^3 d'une affection étrangère à la blessure. Il portait à la fesse gauche une fistule qui n'a jamais pu se cicatriser. Tout l'ilium est trèsépaissi ; les crêtes, les rugosités naturelles sont très-exagérées ; il y a de nombreuses stalactites, en un mot, tous les caractères d'une ostéite ancienne (1). Les balles se coupent sur les arêtes des os ou sur l'une des lames fracturées : l'un des fragments du projectile continue son trajet dans les parties molles dans lesquelles il s'arrête ou dont il s'échappe, l'autre reste enclavé dans l'os. D'autres fois le projectile demeure à cheval sur la table de l'os enfoncée : la figure 56 représente une balle enclavée dans l'os iliaque, audessus et en arrière de la cavité cotyloïde ; arrivé un peu obliquement
d'avant en arrière et de dehors en dedans, le projectile s'est déformé et
Fig. 55. — Perforation de la fosse iliaque gauche par une balle.
(Musée Dupuytren.)
(1) Bulletin de la Société anatomiqne, 1856; p. 319.