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EFFETS GÉNÉRAUX DE LA CHALEUR

sées de la même manière, mais elles exigent une surveillance attentive et toujours prête à prévenir ou à combattre, par des moyens appropriés,' les accidents qui résultent quelquefois des contusions.

Les unes et les autres peuvent être également compliquées de la présence de grains de poudre qu'il faut s'appliquer à extraire. Cette opération, toujours longue, souvent douloureuse, se pratique avec une aiguille à cataracte, et reste souvent imparfaite, en raison du morcellement des grains de poudre, sous l'action de l'instrument : elle n'est possible qu'autant qu'elle est mise immédiatement et rapidement en usage. Après un certain temps, les grains de poudre se désagrègent sous l'influence de l'humidité des parties, et ne peuvent être enlevés en entier. On a conseillé d'appliquer, sur le lieu qu'ils occupent, un vésicatoire dont la suppuration, entretenue pendant un certain temps, les entraînerait avec elle, ou de panser la brûlure avec une solution de bichlorure de mercure, donnant le même résultat. Ces moyens, dont le premier est inoffensif, tandis que le second peut entraîner des dangers, sont loin de rendre les services qu'on en attend; employés surtout au visage pour prévenir l'altération de la couleur de la peau, ils peuvent laisser après eux des stigmates plus fâcheux que le tatouage déterminé par les grains de poudre.

L'histoire des brûlures par la poudre à canon ne présente rien de plus signaler que ce qui a été écrit sur l'histoire générale des brûlures.

Accidents déterminés par l'abaissement et l'élévation de la température atmosphérique. — Les intempéries des climats et des saisons sévissent souvent sur les troupes en marche ou en campagne. Sans parler des influences générales de la température atmosphérique sur la santé des troupes, nous nous bornerons à appeler l'attention sur les accidents immédiats auxquels peuvent donner lieu la chaleur et le froid.

Effets de la chaleur. — Il n'est pas rare de voir, pendant les chaleurs de l'été, les militaires en marche pris d'accidents d'une gravité telle , que la mort rapide en est souvent la suite. Ces faits, assez communs en France pendant les étés chauds, sont fréquents clans les pays méridionaux : nous en avons vu un grand nombre dans la campagne d'Italie (1859) et en Algérie, où la température est souvent portée à un degré très-élevé, nonseulement par l'influence solaire, mais encore par les vents du sud et par l'incendie des herbes sèches de ses vastes plaines.

La cause n'en est pas seule dans l'élévation de la température ; il faut y joindre la fatigue et la station debout prolongée ; la gêne apportée à la circulation et à la respiration par la constriction des vêtements, par la compression des courroies de l'équipement et de l'armement dont le poids est souvent considérable, par la poussière enfin , qui s'élève sous les pieds des

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nommes. Les fantassins y sont plus exposés que les cavaliers : la raison en est facile à comprendre ; plus chargés, plus fatigués que ceux-ci, ils sont aussi plus près du sol qui leur renvoie la chaleur, où l'air est moins renouvelé et l'atmosphère plus poudreuse.

Les accidents produits par la chaleur extérieure sont divers et complexes; ils participent à la fois de la syncope, de la congestion cérébrale et de l'asphyxie. Tantôt ils sont provoqués par la température ambiante, tantôt ils résultent de l'insolation agissant seulement sur la tête des sujets, soit directement, soit, plus souvent, indirectement, à travers la coiffure dans l'intérieur de laquelle la température s'élève.

Dans cette dernière circonstance, on comprend que la chaleur puisse déterminer non-seulement l'hémorrhagie ou la congestion cérébrale, la méningite, etc., mais encore un trouble plus ou moins profond des centres nerveux qui retentit sur la circulation, sur la respiration et même sur l'intelligence.

La coagulation du suc musculaire, lorsque la température du sang atteint 45° cent. (1), la paralysie du cœur résultant de la fatigue et de l'épuisement de cet organe par l'extrême accélération de la circulation (2), la dépression et la sidération de l'innervation (3) , la modification des propriétés et de la composition du sang, la dilatation et la mise en liberté des gaz du liquide sanguin paralysant les contractions cardiaques, l'anémie cérébrale, ont été invoqués par les physiologistes et les observateurs pour expliquer la mort par la chaleur extérieure ambiante. La théorie qui rapporte à la coagulation du suc musculaire les accidents produits par la chaleur extérieure est séduisante ; le cœur est le muscle qui se coagule le premier, et le cœur gauche devient plus rapidement rigide que le cœur droit ; le diaphragme est, après le cœur, le muscle qui se coagule le plus vite. On comprend dès lors la faiblesse du pouls et ses irrégularités, la congestion veineuse dû poumon, du cerveau et des différents tissus, l'entrave apportée à la respiration, et tous les phénomènes confus de syncope, de congestion cérébrale et d'asphyxie qui en résultent.

Il doit être rare que le sang arrive par l'effet de la chaleur extérieure à cette température de 45° cent, qui détermine la rigidité musculaire et la mort immédiate, mais à mesure qu'il s'en approche apparaissent des troubles précurseurs atteignant un degré plus ou moins élevé de gravité.

('!) Vallin, Du mécanisme de la mort par la chaleur extérieure [Archives générales de médecine, juillet, août et décembre 1871.)

(2) Obernier, Der Hitzschlag. Insolatio, coup de chaleur, etc. Bonn, 1867, in-8°.

(3) Lervick, Remark on sunstroke [American Journal of the Médical Sciences, t. XXXVII, p. 40, 1839.)

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