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EFFETS GÉNÉRAUX DE LA CHALEUR

Quoiqu'il en soit, il importe, au point de vue du traitement, de distinguer les unes des autres la syncope, la congestion cérébrale et l'asphyxie.

La congestion cérébrale est caractérisée par la perte complète et brusque de connaissance, de sentiment et de mouvement; par la forme stertoreuse de la respiration, par la plénitude et la force du pouls. Cet état peut ne durer que quelques instants pour faire place au retour subit à la santé ; il peut aussi déterminer la mort en quelques minutes. Il laisse habituellement après lui, pendant quelques jours, des fourmillements dans les membres, de la lenteur et de l'inertie dans les mouvements, dans la parole et dans l'intelligence.

La syncope est précédée de quelques prodromes : chaleur, sueurs froides, malaise général, vertiges, bourdonnements d'oreille, nausées, auxquels succède bientôt la perte du sentiment et du mouvement. La respiration et le pouls sont tellement affaiblis qu'ils deviennent imperceptibles ; de légères convulsions peuvent se produire; le vomissement, les déjections involontaires, arrivent quelquefois. Elle se termine par le retour graduel et assez rapide de l'économie à l'état physiologique; elle peut aussi se terminer par la mort : nous sommes porté à croire que cette terminaison fatale est plus commune qu'on ne l'admet généralement.

L'asphyxie, dans les cas qui nous occupent, est toujours assez rapide, mais toujours aussi précédée de quelques symptômes : les mouvements inspiratoires sont exagérés et difficiles; la face anxieuse- et vultueuse exprime la souffrance; les hommes dénouent leur cravate et 'portent souvent la main à la gorge, comme pour en éloigner un obstacle; ils s'arrêtent à chaque instant. Si, à cette période, ils sont débarrassés de leurs sacs et de leurs armes, s'ils sont assis, rafraîchis par quelques ablutions du visage et de la poitrine, ou par quelques gorgées d'eau aiguisée d'alcool ou de vinaigre, ils se remettent assez promptement; mais ils sont encore menacés et ne doivent pas rentrer dans les rangs, ils doivent être transportés ou laissés libres de marcher à leur aise. A ces symptômes succèdent, dans une période plus avancée, une série de phénomènes tout à fait semblables à ceux de la syncope et qui pourraient faire croire à cet accident, si la coloration et le tuméfaction des lèvres et du visage, un peu d'écume à la bouche, le gonflement des veines, les battements violents et tumultueux du cœur, n'empêchaient la méprise. Cette seconde phase est suivie de l'inégalité et de la faiblesse des battements du cœur, de mouvements respiratoires rapides et énergiques, du refroidissement général et de sueurs, de la cessation de la circulation et de la respiration, et se termine très-fréquemment par la mort.

Les effets d'une température élevée provoquent quelquefois une surexcitation cérébrale qui se produit parle délire et des hallucinations; par la

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mutinerie et le suicide, lorsque les hommes sont accablés de fatigue par les marches forcées de nuit ou de jour. Le suicide a la plus grande tendance à se multiplier; ii ne saurait être trop tôt prévenu, soit par le repos accordé aux troupes, soit, lorsque cette condition est impossible, par la privation de sépulture du corps des suicidés, seule mesure disciplinaire dont l'effet n'exagère pas le mal.

La congestion encéphalique, dans les circonstances qui nous occupent, doit être traitée immédiatement par la saignée générale : ce moyen toutefois sera manié avec une certaine prudence, car il ne faut pas oublier que le sang, sous l'influence d'une température atmosphérique élevée, est modifié dans sa composition et perd une grande quantité de fibrine.

Dans la syncope, le sujet doit être étendu horizontalement sur le sol, rapidement dégagé de sa charge, de ses armes et des vêtements qui lui couvrent la poitrine et le cou : on lui asperge le visage avec de l'eau froide; on le ventile; on stimule les nerfs olfactifs avec le vinaigre, l'éther, l'ammoniaque ou la combustion d'allumettes soufrées; on frictionne énergiquement le visage, le cou, la poitrine, avec de l'alcool camphré ; on excite la peau par des frictions faites avec de la paille, par l'urtication, par quelques gouttes d'alcool enflammé projetées sur divers points très -limités du corps. Le malade revenu à lui est laissé en repos si cela est possible, ou transporté, afin qu'il ne soit pas exposé à une syncope nouvelle.

Le même traitement, sauf la position horizontale remplacée par la position demi-assise", est applicable à l'asphyxie : il est complété, dans les cas graves, par la respiration artificielle ou l'insufflation pulmonaire, par l'application de ventouses sèches ou scarifiées sur les membres et le tronc, et lorsque le rétablissement de la respiration a eu lieu, mais s'exécute avec peine, par une petite saignée.

Il est à peine besoin de dire que dans tous les cas les malades doivent être autant et aussi vite que possible soustraits à •l'influence de la température élevée qui détermine les accidents. C'est le remède le plus sûr et le plus prompt, mais qui, comme les. autres, demeure aussi quelquefois impuissant, lorsque l'économie a été profondément atteinte.

Effets du froid. Effets généraux. — Par la gêne que le froid apporte dans la circulation sanguine de la surface du corps, il détermine, comme la chaleur, la congestion cérébrale et l'asphyxie : ces accidents résultent surtout du froid sec et prolongé. Des altérations dans l'hématose et dans la complexion des tissus, prédisposant aux affections catarrhales, scorbutiques et rhumatismales, sont les résultats plus éloignés de l'action du froid humide.

La congestion cérébrale peut se produire brusquement et ne diffère pas

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