‹ Traité de chirurgie d'arméeChapitre 148 sur 174 · NERFS · texte numérisé non relu

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culations se fléchissent, s'enroidissent et déterminent la pression, les unes sur les autres, des parties qui s'ulcèrent au niveau des points de contact.

En disant que la persistance des paralysies n'était pas constante, nous avons donné brièvement les différentes explications de ce phénomène. Il nous reste à indiquer les moyens propres à favoriser le rétablissement des mouvements et de la sensibilité, en même temps que le traitement des névralgies trauma tiques.

Les névralgies traumatiques sont très-souvent rebelles à tous les moyens de traitement; elles s'usent quelquefois, mais quelquefois aussi elles persistent et s'exaspèrent au point d'obliger à recourir à l'amputation.

Les fomentations et les frictions narcotiques, les applications d'eau froide, les bains de vapeur simples ou médicamenteux, les injections souscutanées de morphine ou d'atropine amènent souvent la guérison ou éloignent les crises douloureuses; elles échouent quelquefois totalement. La section par une incision ordinaire ou par une incision sous-cutanée, la résection même des nerfs ont été pratiquées avec -des résultats divers ; tantôt la névralgie a disparu, tantôt elle s'est reproduite avec une égale intensité. L'amputation enfin est le dernier moyen auquel ont dû recourir un certain nombre de chirurgiens, pour délivrer leurs malades de douleurs intolérables.

Quant au traitement des paralysies, il se résume aujourd'hui dans l'emploi de l'électricité localisée. La faradisation est le mode d'application de l'électricité auquel on a généralement recours : elle doit être mise en usage avec une grande régularité et une grande persévérance. Elle provoque quelquefois rapidement le retour de la contraction des muscles : quand elle semble ne donner aucun résultat, il ne faut pas moins la continuer pendant plusieurs mois, afin de maintenir la nutrition dans les muscles, d'arrêter ou de ralentir leur transformation graisseuse; il ne faut y renoncer que très-tardivement, car on la voit quelquefois réussir au moment où tou t ' espoir de succès semblait perdu.-

Les contractions musculaires et les spasmes cloniques peuvent être traités par les courants électriques continus, qui possèdent, suivant Remak, une action hyposthénisante (1) : peut-être trouveraient-ils une utile application aux névralgies traumatiques.

C'est aux courants continus que nous avons eu recours pour le traitement des malades dont nous parlions tout à l'heure : ils eurent une action rapide et manifeste sur la contraction spasmodique des muscles de l'épaule ; ils restèrent sans effet sur celle des muscles péroniers.

(1) Remak (de Be.'lin), Application thérapeutique du courant galvanique constant {Académie des sciences, séance du 20 novembre 1864).

Nous ne dirons rien des opérations consistant à découvrir, pour le dégager, une tronc nerveux comprimé par des végétations osseuses et provoquant des douleurs ; non plus que de la suture tardive des nerfs faite dans le but de rétablir leur action : ce sont là des opérations trop spéciales pour permettre d'en déterminer les indications.

Lorsque les extrémités des nerfs, se cicatrisent isolément, elles présentent un renflement plus ou moins volumineux en forme de massue qui tantôt se termine brusquement, tantôt se dissocie et forme une sorte de chevelu qui se perd dans le tissu cellulaire ou le tissu cicatriciel ambiant. A la suite des amputations, on voit quelquefois les extrémités coupées de différents nerfs se réunir entre elles, et former des arcades qui peuvent prendre un énorme développement et constituent de véritables névromes (1). Nous représentons ici (fig. 106 et 107) la moitié du bassin d'un

Fig. 106. — Hypertrophie du nerf crural soudé Fig. 107. — Face postérieure

au nerf sciatique . (Musée du Val-de-Grâce.) de la pièce précédente .

Résultat ultérieur d'une désarticulation coxo-fémorale.

militaire qui fut désarticulé de la hanche par Sédillot, le 17 août 1840, et mourut à l'hôtel des Invalides le 28 janvier 1862 d'une méningite aiguë. L'extrémité du nerf grand sciatique présente un renflement de la grosseur d'un œuf de pigeon, qui se trouvait situé à un point très-adhérent de la cicatrice sur le côté externe de l'ischion. Le nerf crural, présentant une hypertrophie analogue, se confond avec le premier. Les douleurs déterminées par la pression des appareils prothétiques dont se servait le sujet étaient souvent assez vives. Il était devenu d'une agilité surprenante et ne se ser-

(1) D. .T. Larrey. Clinique chirurgicale, t. NI.

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