TRAITEMENT : PLAIES A LAMBEAUX
dius, le doigt indicateur appuyant sur la tête de la tige, sont enfoncées à travers les deux lèvres de la solution de continuité, en aussi grand nombre que son étendue l'exige. La première épingle, habituellement placée dans le point dont il est le plus important d'obtenir la réunion, est embrassée immédiatement par une anse de fil jetée sur ses deux extrémités; les autres épingles sont placées successivement en s éloignant de la première. Lorsque toutes les épingles sont passées, le chirurgien saisit de chaque main chacune des extrémités du fil qui assujettit la première épingle, les entrecroise en 8 de chiffre surcelle-ci, puis sur la seconde, sur la troisième, et ainsi de suite jusqu'à la dernière. Le fil est noué par un double nœud; les têtes et les pointes des épingles sont coupées avec de forts ciseaux, et de petites bandelettes de diachylon ou de linge sont engagées entre l'extrémité des épingles et la peau, afin d'empêcher l'ulcération de celle-ci.
Lorsque la suture doit être enlevée, chaque épingle est saisie avec une pince, tirée et extraite des parties suivant son axe; le fil tombe immédiatement après la sortie de l'épingle ou, plus souvent, maintenu en place patun peu de sang coagulé, il se détache aux premiers pansements.
Tous les fils, toutes les épingles ne s'enlèvent pas toujours en même temps; celles-ci sont même quelquefois remplacées immédiatement par d'autres : c'est au chirurgien à juger par l'état d'adhésion des parties., quels sont les points de suture qui peuvent être enlevés sans inconvénient, ceux qui doivent rester en place plus longtemps ou être refaits.
Dans toutes les sutures, les fils doivent être assez serrés pour maintenir en contact les bords de la plaie, sans exercer sur eux ni effort, ni tiraillement, ni compression notables, afin que le gonflement, survenant avec l'inflammation, n'étrangle pas les lèvres de la division et ne les coupe pas sutla suture.
Le pansement fait sur les sutures consiste en un pansement simple ou légèrement compressif.
5° A côté des sutures doit être rangé un moyen de réunion des plaies inventé par Vidal (de Cassis), les serres-fines, dont l'application, bien que d'un usage limité, ne laisse pas que de rendre de bons services partout où la peau est fine, doublée d'un. tissu cellulaire très-lâche comme au prépuce, ou de muscles sous-cutanés comme à la face.
Plaies à lambeaux et plaies avec perte «le substance. — Les plaies à lambeaux aussi bien que celles qui s'accompagnent de pertes de substance considérables, peuvent être réunies comme les plaies simples : elles réclament cependant quelques précautions particulières.
Lorsque les lambeaux restent adhérents par une grande partie de leur circonférence, ou par un pédicule d'une largeur suffisante pour que leur
vitalité ne soit pas compromise, leur réunion par un des procédés que nous avons indiqués doit toujours être tentée et s'opère généralement avec autant de facilité que la réunion des plaies ordinaires. La réunion peut cependant être empêchée, soit par l'inflammation qui amène la suppuration, soit par un épanchement de liquide au-dessous des lambeaux, dont la surface interne se trouve séparée des parties sur lesquelles ils ont été appliqués. Dans le premier cas, il convient de traiter les plaies à lambeaux comme les plaies qui doivent suppurer; dans le second, il faut décoller les lambeaux sur un des points de leurs bords, ou les inciser à la partie la plus déclive de leur base, afin de permettre le libre écoulement du sang qu'ils retiennent. Ce dernier accident est facilement conjuré par l'application de bandelettes agglutinalives conduites de la base vers le sommet des lambeaux qu'elles doivent retenir en place, et par une compression douce et méthodique exercée dans le même sens, sur la surface externe des tissus divisés.
Lorsque les lambeaux ne présentent qu'un pédicule très-étroit, ou lorsqu'ils sont complètement séparés des parties, il convient encore de les réappliquer sur le lieu dont ils ont été détachés. Leur réunion est d'autant plus probable que leur section est plus nette, qu'il s'est passé moins de temps depuis leur séparation, qu'ils sont plus considérables et qu'ils peuvent être plus exactement réunis. On les maintient en place sans y toucher pendant huit à quinze jours; à la levée du premier appareil, on constate leur mortification complète ou partielle, ou leur réunion. Il ne peut résulter de celte manière de faire que des] avantages sans aucune espèce d'accidents.
Des pansements. — Lorsque les plaies ne sont pas de nature à être réunies immédiatement, elles doivent être toujours mises à l'abri du contact de l'air et de l'atmosphère ambiants, par un pansement qui peut n'avoir d'autre but que de les protéger, ou qui, au moyen de médicaments et de topiques divers, peut activer leur cicatrisation ou les modifier.
L'application et l'ensemble des pièces d'appareil mis en place et coinposé d'un linge troué légèrement cératé, d'un gâteau de charpie, d'une compresse assujettissant le tout et maintenue elle-même par une bande, pour plus de solidité, prend le nom de pansement simple. Les diverses substances médicamenteuses employées par le chirurgien pour modifier les plaies sont étendues sur le linge troué ou sur des plumasseaux de charpie.
Les pansements varient suivant les indications; nous nous bornerons à rappeler quelques-unes des règles générales de cette importante partie de la chirurgie, trop négligée aujourd'hui.
Les pièces d'appareil doivent toujours êlre appliquées mollement, de