HÔPITAUX TEMPORAIRES. — TENTES
juste orgueil la circulaire n° 6 du Surgeon gênerai 's Office, on n'a vu fonder en aussi peu de temps un aussi vaste ensemble d'hôpitaux. » En effet, au mois de septembre 1864, époque où cet ensemble atteignit son maximum dedéveloppement, l'armée des États-Unis avait 202 hôpitaux généraux, pourvus de 136 894 lits et répartis de la manière suivante : 93 hôpitaux dans la région de l'Atlantique avec 78 566 lits; 107 hôpitaux dans la région du centre avec 58 260 lits; 2 hôpitaux dans la région du Pacifique avec 68 lits.
La plupart de ces hôpitaux élaientd'une faible contenance, mais plusieurs d'entre eux étaient d'une contenance que l'on n'admet plus en Europe, même en temps de guerre. L'hôpital général V. S. fort Monroë comptait 3750 lits; l'hôpital Latterser à Philadelphie, 3500 lits; l'hôpital Morwer, à Philadelphie, 3326 lits ; l'hôpital David' Island, à New- York Harbor, 300 lits ; 10 hôpitaux contenaient de 2000 à 3000 lits ; 6, de 1500 à 2000; 30, de 1000 à 1500; 37, de 500 à 1000. La contenance des autres variait de 100 à 500 lits; 13 étaient au-dessous de 100 lits et, sur ce nombre, quelques-uns, affectés à des officiers, n'avaient que 50, 30 ou 20 lits, tels que ceux de Beaufort, de Cincinnati et de Louisville. Il résulte du relevé de ces chiffres, que le quart des hôpitaux généraux était d'une contenance supérieure à 1500 lits; que le cinquième de ces établissements pouvait contenir de 1000 à 1500 malades; que dans plus de la moitié enfin, le chiffre des lits restait au-dessus de 500. Il est bon d'ajouter que la majorité de Ces hôpitaux étaient des hôpitaux neufs ou pavillons-baraques, créés de toutes pièces par le gouvernement seul ou avec le concours de la commission sanitaire.
Tentes. — Les tentes ont servi de tout temps d'abris aux malades et blessés, mais seulement alors que des édifices ou des constructions en pierre étaient insuffisantes et ne pouvaient les recevoir. C'est à Michel Lévy que revient l'honneur d'avoir généralisé et prescrit l'emploi des tentes en temps d'épidémie, afin, d'une part, d'isoler les gens contaminés et, de l'autre, de les mettre dans des conditions meilleures d'aération et de salubrité : de là à l'affectation systématique des tentes au traitement des blessés, la distance était courte à franchir.
Les tentes coniques, les tentes dites tentes à seize, que l'administration du campement met à la disposition des troupes, ne conviennent pas à cet usage : leurs parois très-inclinées réduisent beaucoup l'espace utile et facilement accessible de leur aire ; la toile qui les compose est simple, et bien que très-forte, protège incomplètement contre la chaleur solaire de même que contre les fortes pluies.
Les tentes dont on s'est servi en Amérique pendant la guerre de la
sécession, et dans l'année prussienne pendant la guerre des duchés, sont des tentes spécialement construites pour l'usage des malades et blessés. Ces tentes sont à parois verticales, surmontées d'une toiture à double plan incliné.
La tente d'ambulance qui a été généralement employée pendant la guerre de la sécession, et qui a été envoyée, en 1867, à l'Exposition universelle par la Société de secours des États-Unis d'Amérique, a les dimensions suivantes: longueur, &m,25 ; largeur, &ra,55; hauteur au centre, 3m,95; hauteur des parois verticales, lm,37. Elle est destinée à recevoir huit malades. La charpente de bois blanc se compose de deux mâts verticaux reliés par une poutrelle horizontale. L'une des extrémités est disposée de telle sorte qu'on peut y adosser une ou plusieurs tentes, et que toutes n'en forment qu'une seule avec toiture continue ; l'autre est fermée par des rideaux mobiles tombant verticalement et qui laissent entre eux et une paroi inclinée qui les précède, une sorte de vestibule. La toiture est double : des deux toiles qui la composent, réunies sur le faitage, l'une, l'inférieure, va se joindre aux parois verticales de la tente; l'autre, supérieure, peut être écartée de la première qu'elle déborde dans une étendue plus ou moins considérable, et se fixe par de longues cordes à des piquets éloignés de la tente. La toile de la tente est de coton d'un grain assez gros, mais assez serré et très-régulier. Cette tente est dépourvue de moyens de ventilation par la toiture ; l'air ne peut s'y renouveler que parles extrémités. La tente prussienne est de même forme que la tente des États-Unis. La toile dont elle est faite est de chanvre; sa membrure est de fer; sa toiture n'est pas double. Ses dimensions sont beaucoup plus grandes ; elle peut contenir dixhuit hommes ; cette disposition fait qu'elle donne beaucoup de prise au vent.
Il faut autant que possible établir les tentes sous de grands arbres , afin de les mettre à l'abri du soleil, et sur le versant de collines abritées des vents du nord : on doit rechercher un sol sec, ferme ou sablonneux.
Ces modèles de tentes sont les seuls avec lesquels on puisse véritablement établir un hôpital mobile et facile à déplacer sans frais, au moins tous les mois, afin d'éviter l'infection du sol, qu'il est bon, dans l'intervalle, de recouvrir plusieurs fois d'une couche de sable.
Les tentes établies avec le luxe qui a présidé à la construction et à l'aménagement de celle qui a été mise en expérience à l'hôpital Cochin (1869), les baraques-tentes installées par le baron Mundy dans le parc de Saint- Cloud (1870-71), sont certainement d'excellents abris, mais elles coûtent beaucoup plus cher que les .tentes pures et simples; elles n'ont pas leur caractère essentiellement mobile, et forment un établissement en plein air,