HÔPITAUX TEMPORAIRES. — TENTES
il est vrai, mais à demeure fixe ou ne pouvant être déplacé qu'à plus grands frais.
Baraques-tentes. — Les baraques -tentes sont de divers modèles : nous n'en possédons d'autre spécimen que celui de l'ambulance de la Grande- Gerbe, dans le parc de Saint-Cloud. Ces dernières représentent la moitié d'une baraque coupée dans son axe longitudinal : trois des côtés sont en planches et percés de fenêtres inutiles ; le quatrième est complètement ouvert; il se ferme par des rideaux de grosse toile glissant sur des tringles et pouvant être à volonté relevés en auvent. Un plancher garnit le sol ; le toit est incliné du côté plein de la baraque. Vingt ou trente lits, des tables de nuit, des chaises, une baignoire, quelques objets accessoires, composent le mobilier de la tente-baraque. Certaines tentes-baraques prussiennes ont un plancher, une toiture ouverte pour la ventilation, comme les pavillons-baraques américains; leurs quatre côtés sont ouverts et garnis de rideaux qui peuvent être écartés ou relevés en auvent sur des piquets. Les pignons sont fermés dans le haut par des planches, et dans le bas par des rideaux qui s'écartent latéralement. D'autres ont une toiture et des pignons disposés d'une manière analogue ; elles n'ont pas de plancher ; leurs grands côtés sont constitués par une cloison de planches, dont la partie inférieure est fixe, et dont la partie supérieure mobile peut se relever en auvent pour faciliter l'aération.
On comprend facilement la grande variété que comportent les tentesbaraques dans leur construction, dont le principe consiste dans l'emploi combiné des planches et de la toile, permettant d'assurer aux malades un abri plus efficace que les tentes, en même temps qu'une aération tout aussi abondante.
L'établissement de tentes-baraques suppose toujours une certaine durée de leur fonctionnement. Dans le cas contraire, c'est-à-dire lorsque les blessés ne doivent pas séjourner dans les localités au delà de quelques jours, il est facile de construire très-rapidement des espèces de hangars pour les abriter, semblables à ceux. que l'on rencontre dans les tuileries, dans les fermes, etc.
La disposition des tentes et des tentes-baraques est souvent commandée par les accidents de terrain : elles doivent cependant être assez éloignées les unes des autres pour ne pas se faire écran contre la ventilation ou le soleil ; elles doivent être orientées de façon à présenter leur paroi pleine du côté le plus exposé au vent ou à la pluie. Les tentes ou baraques-tentes destinées aux différents services de l'exploitation de l'établissement doivent être isolées, comme les pavillons-baraques des hôpitaux américains. Il est souvent nécessaire et toujours bon de relier entre eux tous ces différents
locaux par des chemins en planches posées à plat, afin d'en rendre les abords plus faciles.
On comprend qu'un pareil système ne peut être adopté, ainsi que nous l'avons déjà dit, que pendant la belle saison; en hiver, il devient impraticable. Le service médical diffère à peine de ce qu'il est habituellement dans les hôpitaux ordinaires ; mais il n'en est pas de même du service administratif qui exige un personnel plus nombreux et une surveillance plus attentive.
Comités de secours. — Vieille comme la guerre, l'assistance civile des malades et blessés militaires a pris, depuis quelques années, un développement qui nécessite d'être régularisé et mis en rapport avec les ressources officielles dont disposent les armées. Le nom du pasteur Dunant est inséparable du mouvement des esprits vers ce but humain et charitable. Témoin des terribles expériences de la campagne d'Italie (1859), il eut le courage de dire l'insuffisance de l'administration et du service de santé militaire en campagne, et sollicita de la bienfaisance publique la formation de comités destinés à préparer, en temps de paix, tous les moyens de secours aux blessés de la guerre. Des conférences auxquelles toutes les puissances européennes, sauf la Russie et l'Angleterre, envoyèrent des délégués, eurent lieu à Genève, pour aviser aux voies et moyens de mettre cette proposition à exécution. Ces assemblées votèrent des résolutions d'après lesquelles se constitua une société internationale de secours aux blessés militaires, ayant dans chaque pays un comité central chargé de former des comités particuliers et de les relier entre eux. Une convention fut signée en 1864 par les plénipotentiaires des gouvernements, pour l'amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne ; et le 11 mars 1865 , un comité central français fut fondé pour le soulagement des blessés et des malades sur les champs de bataille, dans les ambulances et dans les hôpitaux.
La convention de 1864 admit en principe la neutralisation, demandée par la conférence de Genève en 1863, pour les ambulances et les hôpitaux, pour le personnel sanitaire officiel, pour les infirmiers volontaires, pour les habitants du pays qui porteront secours aux blessés et pour les blessés eux-mêmes, sous la condition que les détails d'exécution seront réglés par les commandants en chef des armées belligérantes, d'après les instructions de leurs gouvernements respectifs. Les articles de la conférence internationale de Genève, relatifs à l'action des comités de secours et de leurs agents, portent :
Art. 2. Chaque comité doit se mettre en rapport avec le gouvernemeq de son pays pour que ses offres de service soient agréées le cas échéant.