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TRAITEMENT DES PLAIES CONTUSES

née aux parties contuses, s'étend par excès d'inflammation aux parties primitivement respectées, et affecte une marche envahissante, il faut pratiquer l'amputation dans les parties saines. L'expérience a prouvé que, dans ces circonstances, la gangrène fait de rapides progrès, s'arrête rarement spontanément et trouve souvent, au contraire, une barrière infranchissable dans l'amputation.

Quand aucun doute n'est possible sur le quatrième degré de la contusion, l'amputation du membre est le seul remède à lui opposer. L'amputation doit porter sur un lieu assez éloigné de la lésion, pour qu'on n'ait pas à redouter la continuation ou le développement d'accidents de voisinage : elle est faite le plus tôt possible, mais jamais avant que la stupeur générale, si elle existe, n'ait à peu près disparu. .

Traitement des plaies contuses. — Les plaies contuses, lorsqu'elles sont simples et peu étendues, peuvent être réunies immédiatement; elles se cicatrisent quelquefois par première intention. D'autres fois, les bords seuls de la division suppurent pendant quelques jours alors que le fond se réunit. Il est bon d'être averti, que la réunion des plaies contuses, faite dans le but d'obtenir leur cicatrisation immédiate, expose souvent à des accidents inflammatoires, aux érysipèles et aux phlegmons. De là l'indication de n'affronter que très -légèrement les bords des plaies contuses qu'on désire réunir par première intention, et d'en surveiller attentivement la marche : si des battements et de la douleur se déclarent, si une tuméfaction périphérique survient, il faut immédiatement enlever les moyens de réunion, et les remplacer par des applications émollientes ou un cataplasme de farine de lin, pour provoquer la désunion des bords de la plaie; celle-ci est pansée ultérieurement comme les plaies qui doivent suppurer.

Lorsque les plaies contuses présentent des lambeaux, ceux-ci sont réappliqués sur le lieu dont ils ont été détachés et maintenus avec des bandelettes de sparadrap de diachylon, ou au moyen de quelques points de suture. Si les téguments sont décollés dans une grande étendue et disposés de taçon à retenir le sang ou le pus, il convient d'y pratiquer dans le lieu le plus déclive, une ou plusieurs incisions, par lesquelles les liquides sont évacués au moyen de douces pressions. Un pansement, composé de compresses imbibées de liquides résolutifs ou astringents, comprime mollement la peau et la rapproche des parties sous-jacentes.

Les caillots que l'on rencontre quelquefois dans les plaies contuses doivent en être détachés et exprimés sans violence : une fois débarrassées du sang coagulé qu'elles contenaient, les plaies sont pansées comme il vient d'être dit.

Les plaies contuses, accompagnées des deux derniers degrés de la contusion, sont, à proprement parler, de véritables écrasements : si leur étendue ne suffit pas pour évacuer le sang, ou pour extraire les esquilles qu'elles peuvent renfermer, elles doivent être agrandies; des incisions sont faites au besoin dans les parties les plus déclives ; les parties frappées de mort sont immédiatement retranchées. Les hémorrhagies, dans ce cas, ne sont pas rares, et doivent être traitées par les moyens applicables aux accidents de cette nature.

Les membres atteints de plaies contuses à des degrés extrêmes peuvent être soumis à des irrigations continues, soit d'eau froide, soit d'eau légèrement tiède. Les irrigations continues ne sont applicables que dans les cas où l'accident ne siège pas trop près de la racine des membres; le coude pour le membre supérieur, le genou pour le membre inférieur, sont les régions imposées comme limite à leur application : plus rapprochées dutronc, elles exposent le malade aux refroidissements et aux inflammations viscérales. Ce moyen doit être continué, sans interruption, pendant un temps assez long, pour qu'on puisse supposer conjuré tout phénomène inflammatoire; il peut être mis en usage pendant huit, dix, quinze jours et même un mois. Interrompu et repris, soit volontairement, soit accidentellement, il provoque de dangereuses réactions: son emploi ne doit donc pas cesser brusquement; et selon que l'on a fait usage d'eau froide ou d'eau tiède, il doit être remplacé par des fomentations froides ou tièdes, graduellement éloignées jusqu'à leur complète interruption. Les irrigations continues donnent souvent d'excellents résultats; mais très-souvent aussi au lieu de prévenir une inflammation étendue ou de la restreindre, elles ne font que retarder ou masquer son apparition ; elles demandent donc à être habilement dirigées et surveillées pendant toute la durée de leur mise en pratique.

Il est des cas dans lesquels l'amputation des membres est la seule chance de guérison : la désorganisation primitive dans une grande étendue des téguments, la dilacération, l'attrition profonde des parties molles, les décollements superficiels et sous-aponévrotiques; la rupture des vaisseaux et le fracas des os; tous les accidents, en un mot, qui doivent êtres suivis d'une violente inflammation, de suppuration considérable, de clapiers et de fusées purulentes ou de sphacèles consécutifs étendus, sont manifestement au-dessus des ressources ordinaires de l'art, sinon au-dessus des ressources opératoires.

Traitement de la stupeur. — La stupeur doit être combattue par les excitants : la stupeur locale, par des fomentations de vin chaud et de liqueurs spiritueuses et aromatiques, appliquées sur les parties frappées;

la stupeur générale, par des stimulants diffusibles administrés à l'intérieur.

La première indication à remplir est de provoquer une réaction. Dès que ce phénomène a paru, le chirurgien en surveille attentivement la marche, et il en modère ou en active le développement : il insiste sur l'emploi des excitants locaux et généraux, lorsque la réaction ne se produit qu'avec lenteur et faiblesse ; il a recours aux antiphlogisliques, lorsqu'elle se manifeste trop énergiquement; son rôle, lorsque la réaction marche régulièrement, doit se borner à assister aux phénomènes de son développement. Mais la réaction n'est pas toujours uniformément graduelle; tantôt vive, tantôt languissante, tantôt disparaissant complètement, elle présente souvent de très-grandes irrégularités. Ces alternatives sont dues tantôt à l'impuissance des efforts de l'organisme, tantôt à la libéralité des moyens qu'une prudence timorée emploie pour atténuer l'effet de ces mêmes efforts; elles doivent être combattues par l'usage des antispasmodiques et des stimulants diffusibles, qui soutiennent la réaction en la régularisant.

Les contusions et les plaies contuses du premier et du deuxième degré guérissent habituellement sans laisser après elles aucune espèce d'accidents. On leur a attribué cependant le développement ultérieur de productions de mauvaise nature; celte opinion, fort accréditée dans le vulgaire, rencontre peu d'adhérents parmi les chirurgiens de notre époque. Quoi qu'il en soit des raisons invoquées contre elle ou en sa faveur, il est permis de croire, en présence d'observations attentivement recueillies et des affirmations multipliées des malades, que les contusions ne sont pas toujours de simples coïncidences, mais peuvent être le point de départ de dégénérescences cancéreuses dans les organes glanduleux, dans les os et même dans les parties molles.

Des paralysies, des contractions spasmodiques partielles, temporaires ou persistantes, ont été observées à la suite de contusions violentes ou légères.

Des atrophies etefes hernies musculaires, des dilatations variqueuses, des anévrysmes, sont quelquefois le résultat de la contusion portée à un degré assez élevé.

Les contusions qui ont déterminé des plaies sous-cutanées appréciables donnent lieu à des cicatrices sous-cutanées que l'on reconnaît quelquefois à la dépression, à l'adhérence, à la blancheur de la peau qui leur corres* pond.

Les cicatrices qui succèdent aux plaies contuses les plus simples sont toujours plus ou moins appréciables; celles qui succèdent aux contusions du

troisième degré et aux plaies contuses de même gravité, sont souvent adhérentes, profondes, et compromettent par leur étendue les fonctions des parties qui en sont le siège.

Enfin, tous les accidents ultérieurs qui peuvent résulter de phlegmons circonscrits ou diffus, de fusées purulentes, de longues suppurations, de fractures graves et compliquées, s'observent en particulier dans les cas où ont eu lieu des contusions et des plaies contuses, selon les degrés ou les complications qui les ont signalées.

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