PLAIES COMPLIQUÉES. — FRACTURES
Jà qu'une vue de l'esprit ou qu'une partie de la réalité : ce qui rend plus graves les fractures par les balles coniques, c'est le volume, le poids et la quantité de mouvement plus considérables de ces projectiles. A l'époque où les balles sphériques étaient encore en usage dans la plus grande partie de l'armée française, nous avons pu, dans nos campagnes en Algérie (1839 à k'1, et lSZi-5 à 48), comparer l'action de ces projectiles sur les os, à l'action des projectiles dont se servaient les Arabes, sphériques comme les nôtres, mais d'un calibre inférieur; et nous avons pu constater que leur volume et leur poids seuls avaient, à distance égale, quelque influence sur le plus ou moins de gravité des fractures.
En Orient (1854-55), où l'armée russe se servait de balles sphériques et de balles coniques analogues aux nôtres, mais d'un poids et d'un volume moins considérables, nous avions déjà remarqué la comminution plus grande des fractures chez les prisonniers confiés à nos soins que chez nos compatriotes; en Italie (1859), où l'armée autrichienne s'est servi, comme nous, de projectiles cylindro-coniques, mais aussi d'un calibre et d'un poids inférieurs, et enfin dans la guerre dernière (1870-1871), nous n'avons fait que contrôler, vérifier et affermir nos premières observations.
Il nous sera donné de revenir plusieurs fois sur ce sujet, et d'indiquer le traitement des plaies par armes à feu avec fractures, lorsque nous nous occuperons des fractures dans les différentes régions.