BLESSURES DU RACHIS PAR LES PROJECTILES OE GUERRE
braux, offre souvent aux instruments piquants, comme les épées, les fleurets et les baïonnettes, ou à la pointe des instruments tranchants, tels (pie les sabres, les poignards et les couteaux, un obstacle contre lequel ces armes viennent se heurter, dans lequel elles s'implantent quelquefois, et sur lequel elles peuvent se briser. Ces accidents arrivent la plupart du temps en avant et latéralement, en raison de la situation habituelle respective des combattants, et de la facilité avec laquelle les corps des vertèbres, spongieux comme tous les os courts, et les ligaments intervertébraux, plus ou moins larges selon la hauteur h laquelle on les considère, se laissent pénétrer. En arrière, la pointe des armes blanches, atteignant des portions d'os solides et compactes, se brise plus souvent contre eux qu'elle ne s'y implante; elle n'est, la plupart du temps, retenue en place que par les parties molles dont la texture est très-serrée.
Lésions du rachis par les projectiles de guerre. — Les petits projectiles, comme les balles, atteignent souvent aussi la colonne vertébrale en respectant la moelle. Ils fracturent les apophyses épineuses ou les apophyses transverses : cet accident, borné à la lésion osseuse, ne présente pas un caractère particulier de gravité. Ils fracturent les masses apophysaires ou les lames vertébrales ; ils brisent le corps des vertèbres : on comprend, dès lors, tout le danger qui résulte de la pénétration de la fracture dans le canal rachidien, ou du déplacement des fragments qui peuvent comprimer ou léser la moelle.
Les projectiles, avant d'arriver à la colonne rachidienne, ayant à traverser une grande épaisseur de parties, trouvent dans celles-ci une résistance qui épuise une grande partie de leur force, et s'arrêtent fréquemment dans la plaie, soit au voisinage du rachis, soit dans les os qui le composent. Ils pénètrent dans le corps des vertèbres et s'y logent très-souvent. Le périoste qui revêt le corps des vertèbres et qui forme une sorte de surtout fibreux sur toute la partie antérieure de la colonne vertébrale, est disposé en fibres dirigées verticalement et peut, après s'être laissé traverser par des projectiles de petit volume, se refermer derrière eux, de façon à dissimuler leur pénétration et leur présence dans le corps de l'os, ainsi que nous en avons vu un exemple. Ce phénomène, intéressant au point de vue médicolégal, est dû au mode suivant lequel les tissus fibreux se comportent sous l'action des projectiles et sont perforés par les balles, dont le passage n'est souvent indiqué que par une très-petite déchirure, une simple fente ou un léger écartement de la trame fibreuse.
Il est toujours très-difficile, pour ne pas dire impossible, d'être assuré que les corps vertébraux ont été intéressés, lorsqu'41 n'existe pas de symptômes du côté de la moelle épinière. La complication d'esquilles ou delà présence