‹ Traité de chirurgie d'arméeChapitre 51 sur 174 · BLESSURES DE LA. MOELLE. — COMMOTION · texte numérisé non relu

BLESSURES DE LA. MOELLE. — COMMOTION

apophyses épineuses; la mobilité et, quelquefois, la crépitation ne laissent aucun doute clans l'esprit du chirurgien.

On peut se dispenser, lorsque les désordres sont peu considérables, les esquilles peu nombreuses et peu mobiles, d'extraire les fragments des apophyses épineuses. Solidement maintenues en place par les masses musculaires auxquelles elles donnent insertion et par le ligament interépinenx, les esquilles se réunissent et se consolident assez facilement; s'il en était autrement, si elles entretenaient des plaies fistuleuses de longue durée, il serait toujours facile de les extraire, situées qu'elles sont assez superficiellement.

Lésions de la moelle. — Commotion. — Les instruments piquants, les instruments tranchants et les petits projectiles bornant leur action aux os, donnent rarement lieu aux phénomènes de commotion de la moelle, en raison de la multiplicité des pièces osseuses crui composent la colonne vertébrale et qui disséminent le choc. La commotion s'observe, au contraire, à la suite de chutes sur les pieds, de chocs violents largement répartis sur le rachis, de l'action de gros projectiles animés d'un mouvement peu considérable ou frappant obliquement les parties postérieures du tronc,

La moelle peut être atteinte de commotion dans toute son étendue, ou partiellement. Dans le premier cas, le blessé perd immédiatement connaissance et tombe frappé de paralysie du mouvement et du sentiment. L'urine et les matières fécales s'échappent de leur réservoir; la respiration et la circulation se ralentissent et s'exercent d'une manière irrégulière; la peau se recouvre d'une sueur froide. Le malade peut succomber immédiatement ou dans les vingt-quatre heures : s'il revient à lui, sous l'influence d'un traitement approprié, il se plaint quelquefois d'une douleur sourde le long de l'épine, de picotements ou d'élancements dans les membres qu'il a beaucoup de psine à remuer. Peu à peu les accidents s'atténuent, la sensibilité et la myotilité reparaissent, la vessie et le rectum reprennent régulièrement leurs fonctions, et la guérison a lieu, tantôt en un temps très-court, tantôt dans l'espace de quelques jours.

Dans le cas de commotion partielle, les symptômes sont en rapport avec la localisation de la lésion, et décroissent en nombre et en importance à Mesure que la commotion atteint une partie plus inférieure de la moelle.

Plaies de la moelle. — Les blessures de la moelle par instruments piquants et tranchants, sans être rares, ne sont cependant pas communes.

Les os du rachis opposent, en effet, un obstacle très-souvent insurmontable aux armes blanches, qui ne peuvent pénétrer dans le canal rachidien

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