BLESSURES DU RACHIS ET DE LA MOELLE ÉPIJNIÈRE
qu'en passant entre les laines des ares postérieurs des vertèbres. Certaines régions sont plus exposées crue d'autres à cet accident, en raison de la configuration des vertèbres et de la disposition des parties voisines.
Dans la région cervicale, les lames vertébrales sont minces et laissent entre elles un assez large intervalle occupé par les ligaments jaunes; les apophyses épineuses sont petites et horizontalement dirigées ; les masses latérales apophysairessont peu volumineuses; les corps vertébraux étroits ; et les couches musculaires qui recouvrent les parties sont peu épaisses. Toutes ces conditions exposent la portion cervicale de la moelle à être lésée par la pointe des armes blanches. Mais en même temps que Ton peut constater la faiblesse des enveloppes protectrices de la moelle à cette hauteur, on observe que le canal rachidien y présente ses plus grandes dimensions, et qu'il peut être ouvert sans que les parties qu'il renferme soient atteintes. De plus, la région cervicale se trouve en grande partie protégée, en avant, par la face et la mâchoire inférieure; en arrière et latéralement, par les inflexions lapides, faciles et variées que prend la tète, lorsque les téguments du cou sont soumis à quelques violences, inflexions qui ont pour effet de rapprocher les lames vertébrales et de diminuer la largeur de l'espace qui les sépare. A la région dorsale, la présence de la cage thoracique, en avant et latéralement ; l'imbrication et la hauteur des lames vertébrales et des apophyses épineuses, en arrière, mettent suffisamment le canal raclihlien à l'abri des instruments piquants et tranchants qui ne peuvent y jénétrer que dirigés de bas en haut, pendant un mouvement de flexion forcée du corps en avant. La portion lombaire du canal rachidien est protégée par le volume considérable de toutes les parties constituant les vertèbres, et par les puissantes masses musculaires qui les recouvrent.
Ces moyens de protection ne sont guère efficaces que contre des armes blanches longues, minces et flexibles, comme les épees, les fleurets et les sabres; ils sont souvent surmontés par les lames courtes et solides des couteaux ou des poignards, qui peuvent couper ou fracturer les os, par les baïonnettes et les fers de lances qui, mus avec une force considérable, déterminent facilement des fractures. Le canal rachidien peut être fracturé -et pénétré sur toutes ses faces par les balles, brisé et désorganisé par les gros projectiles.
Les lésions traumatiques de la moelle sont superficielles ou profondes : elles peuvent n'intéresser qu'un des cordons qui la composent, ou la comprendre clans toute son épaisseur. Elles ne sont nettes et bien limitées que dans certaines blessures par armes piquantes ou tranebantes; dans ces cas, les méninges sont toujours intéressées, et le liquide céphalo-rachidien s'échappe quelquefois par la plaie : elles sont au contraire déchirées, con-