BLESSURES DE LA. MOELLE. — PLAIES
hoquet peut se montrer; mais la toux, l'expectoration et l'éternument ne peuvent être exécutés. Le sentiment de froid, en raison de la gène apportée à la respiration, est plus considérable que dans les cas précédents; le pouls est plus ralenti. L'érection du pénis se voit aussi plus souvent : il y a plutôt incontinence que rétention des matières fécales et de l'urine. L'abdomen devient très-ballonné.
Une section de la moelle entre l'épine de l'axis et celle de la troisième vertèbre cervicale donne lieu à la paralysie de tout le plexus brachial et même d'une partie du nerf phrénique. — Aux symptômes déjà indiqués s'ajoutent un trouble pins profond de la respiration et de la circulation, un refroidissement plus prononcé, l'érection du pénis, dans les deux tiers des cas environ. Quelques sujets perdent immédiatement connaissance. Le plus grand nombre n'ont pas la notion exacte du corps vulnérant qui les a frappés, et la plupart pensent avoir été atteints par un corps contondant. La voix est lente et presque éteinte; l'intelligence parfaitement nette. Le ventre se ballonne comme dans les cas précédents. Lorsqu'une tendance à la réaction s'opère, le pouls, de filiforme qu'il était, devient fort et fréquent ; la peau se couvre d'une sueur qui se refroidit rapidement; du délire survient.
Enfin, une section de la moelle au-dessus de l'épine de l'axis entraîne la paralysie du nerf phrénique, et donne lieu à une asphyxie rapide par la cessation d'action des muscles respiratoires.
La moelle n'est pas toujours complètement divisée : elle peut nyêtre atteinte que dans l'une des parties qui la composent. Si la lésion ne porte que sur l'un des faisceaux du cordon rachidien , la paralysie n'atteint que les parties ou la fonction auxquelles les nerfs fournis par ce faisceau sont destinés; et les effets de la moelle n'étant pas croisés, comme le sont ceux du cerveau, la paralysie' se montre du côté de la lésion. Brown-Séquard (1) a cherché à démontrer par des expériences sur les animaux et par un certain nombre de faits pathologiques relatifs à l'homme, que des altérations capables de produire une paralysie de la sensibilité et siégeant sur un point quelconque d'une moitié latérale du centre cérébro-rachidien, produisent toujours une paralysie de la sensibilité du côté opposé du corps, et qu'il n'existe pas de différence, à cet égard, entre le cerveau et la moelle épinière; cette opinion est en contradiction avec des observations trop nombreuses et trop bien établies pour avoir prévalu. Ainsi : une section de la moitié latérale de la moelle paralyse le mouvement et la sensi-
(1) Brown-Séquard, Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, t. Il, n°s 31 et 32.