BLESSURES DU RACHIS ET DE LA MOELLE ÉPIMÈRE
bilité du môme côté du corps ; une section de la moitié antérieure ou de la moitié postérieure de la moelle a pour effet d'abolir la molilité dans le premier cas, et la sensibilité dans le second. On comprend facilement toutes les nuances qu'une solution de continuité incomplète du cordon rachidien peut apporter dans les troubles fonctionnels.
Contusion et compression de la moelle. — Au lieu d'être piquée ou coupée, la moelle épinière peut être contuse ou comprimée.
La contusion s'annonce par les mêmes phénomènes que ceux que nous avons rapportés à 1a commotion partielle ou localisée. La compression due à une luxation, à une fracture, à des esquilles ou à un corps étranger survient brusquement et peut exister avec ou sans solution de continuité de la substance nerveuse. Il est à peu près impossible de distinguer les cas de contusion et les cas de compression énergique de la moelle. Lorsque la compression n'est pas portée à un degré très-élevé et qu'elle n'est point accompagnée de désorganisation de la moelle, le blessé peut se tenir debout après l'accident et quelquefois marcher; les troubles de la sensibilité et de la myotilité disparaissent, s'amoindrissent ou reviennent, suivant les mouvements communiqués au rachis. Dans l'un et l'autre cas, on peut voir survenir des phénomènes généraux, accompagnés de secousses, de contractures musculaires et même de tétanos, annonçant une altération de la substance médullaire; mais, en général, dans le cas de compression sans plaies, les seuls troubles qui persistent après quelques jours, sont ceux de la sensibilité et du mouvement.
La compression de la moelle peut encore avoir lieu par un épanchement de sang dans le canal rachidien : les symptômes apparaissent alors dans un temps assez court, mais graduellement. L'épanchement pouvant se porter, dans le rachis, au-dessus aussi bien qu'au-dessous du niveau où siège la blessure extérieure, il en résulte que les symptômes peuvent être plus graves en nombre que la blessure ne semble le comporter. Dans ces cas, les phénomènes de compression disparaissent à mesure que l'épanchement se résorbe, et les malades peuvent revenir à la santé en un temps assez court. Le fait suivant, que sa rareté nous engage à rapporter, en est un exemple.
Un jeune homme de vingt-trois ans reçut, dans une rixe, un coup de couteau à la région dorsale, au niveau de la neuvième vertèbre et un peu à droite de la ligne des apophyses épiueuses. L'arme pénétra de bas en, haut, et de droite à gauche le tranchant tourné en haut. Le coup provoqua une douleur atroce et une perte de sang assez abondante. Le blessé n'en continua pas moins à lutter, désarma son adversaire, et fit, une demiheure après, une marche longue et pénible, éprouvant de vives douleurs