BLESSURES DE LA. MOELLE. — PRONOSTIC
en ceinture et dans le membre inférieur gauche dont la solidité était affaiblie.
Une heure après l'accident, la région abdomino-thoracique gauche devint complètement insensible; la moitié latérale gauche du cou et de la nuque furent anesthésiées à un degré moindre; les mouvements des membres supérieurs et inférieurs gauches furent en partie abolis; des fourmillements apparurent depuis le nombril jusque dans les deux extrémités; l'oeil droit était affaibli. Ces accidents disparurent graduellement, et le blessé se rétablit parfaitement dans l'espace de deux mois et demi.
Pronostic. — Il n'est pas très-rare de voir des blessés qui ont été atteints de luxations ou de fractures du rachis, se rétablir après un temps plus ou moins long, en ne conservant qu'une courbure plus ou moins considérable de la colonne vertébrale. Néanmoins, le résultat des lésions traumatiques du rachis et de la moelle épinière est toujours dangereux et presque constamment mortel. La gravité du pronostic est en raison de l'étendue et de la hauteur de la lésion du cordon médullaire, de la nature du corps vulnérant, des complications propres à la blessure même, et des complications inhérentes aux blessures concomitantes des organes intéressés pour arriver jusqu'au rachis. Plus la division de la moelle est complète et plus la lésion se rapproche de l'origine du cordon rachidien, plus le cas est grave. Les armes piquantes ou les armes tranchantes donnent lieu à des blessures moins dangereuses que les projectiles lancés par la poudre à canon : la commotion, la contusion, la compression de la moelle, la présence d'esquilles ou de corps étrangers venus du dehors, de même que la lésion des viscères thoraciques ou abdominaux, ajoutent à la gravité du pronostic. Si les sujets résistent aux premiers accidents, ils périssent ordinairement épuisés par des accidents consécutifs : irritations viscérales, cystite, gangrène des téguments du sacrum, suppuration, etc. ■
La mort survient avec plus ou moins de promptitude , suivant la gravité des désordres de la moelle, et suivant la région lésée. Lorsque le blessé a été atteint à la région lombaire, il succombe en général dans l'intervalle d'un mois à six semaines (1). Quand la blessure siège à la région dorsale, la mort arrive plus promptement; elle a lieu d'ordinaire au bout de quinze jours ou trois semaines, au plus lard. La vie ne se prolonge pas au delà du troisième au septième jour, lorsque la lésion occupe la hauteur de la cinquième vertèbre cervicale; sa durée moyenne est de trente heures, lorsque la lésion de la moelle siège entre la quatrième et la cinquième vertèbre cervicales.
(1) A. Cooper, Œuvres chirurgicales, traduites par Chassaignac et Richelot, p. 188.
LEGOUEST. — 2e édit. 17