CHAPITRE XII
Blessures non pénétrantes : par armes blanches, par coups de feu, par corps contondants. — Complications : hémorrhagie, corps étrangers, fractures, désordres intérieurs.
Blessures pénétrantes. — Blessures du médiastin : plaies du cœur, plaies des gros vaisseaux, plaies du canal thoracique, plaies de l'œsophage, corps étrangers dans le médiastin. — Blessures des plèvres et des poumons; pneumonie traumatique. — Complications .-emphysème, hémorrhagie externe, pneumothorax traumatique, épanchement de sang dans la plèvre, corps étrangers, hernie du poumon.
Blessures du diaphragme.
De tout temps, les blessures de la poitrine ont été divisées en plaies non pénétrantes et en plaies pénétrantes.
Blessures non pénétrantes de la poitrine. — Les blessures des parois de la cavité thoracique résultent de l'action des armes blanches, des coups de feu ou de corps contondants plus ou moins volumineux; elles sont simples ou compliquées.
Plaies par armes blanches. — Les plaies par armes blanches de la poitrine, lorsqu'elles sont simples, ne présentent aucune autre considération que le trajet plus ou moins long des armes piquantes dans les parties molles, et les divisions plus ou moins étendues des téguments et des muscles par les armes tranchantes portées dans des directions fort diverses. Les coupures se réunissent difficilement, en raison de la mobilité de leurs bords et des mouvements continus du thorax pendant l'acte de la respiration. Les emplâtres agglutinalifs, les bandages connus sous le nom de bandages des plaies en long et bandages des plaies en travers, ne maintiennent pas en contact les lèvres de la plaie ; il en résulte que les coupures ne se cicatrisent pas par première intention, lorsqu'elles ont une certaine étendue, et qu'elles suppurent pendant un temps assez long. On pourrait au besoin les réunir par la suture ou par des serres-fines ; mais quand les malades sont agités ou qu'ils sont tourmentés par la toux, quand des muscles ont été atteints, ces moyens échouent très-souvent. Il faut donc se borner, dans la majorité des cas, à recouvrir les plaies d'un pansement simple maintenu par un bandage
de corps, en recommandant au blessé une position favorable au contact des lèvres de la blessure et l'immobilité.
Plaies par coups de feu. — On rencontre à la poitrine toutes les variétés de coups de feu. Les balles frappent perpendiculairement sur une côte ou sur le sternum, donnent lieu quelquefois, lorsqu'elles ne sont pas animées d'une grande vitesse, à une eschare de forme arrondie, sècbe et se détachant après un temps plus ou moins long. Lorsque les projectiles frappent les parties obliquement, ils creusent des gouttières parfois assez étendues et toujours fort douloureuses, ou des sétons dont le trajet est quelquefois considérable. Déjà nous nous sommes expliqué sur l'action différente des balles rondes et des balles oblongues, et nous avons admis, difficilement la possibilité, pour les nouveau^ projectiles, de contourner les cavités en cheminant au-dessous des téguments : si la longueur du trajet parcouru par des balles sphériques, entre la cage thoracique et les parties molles extérieures, a pu faire croire que la poitrine avait été traversée dans une partie de son diamètre ou de part en part (1), il n'en est pas de même du trajet des balles oblongues qui, dans ce cas, ne peuvent subir les mêmes déviations que les anciens projectiles. Les coups de feu du thorax sont généralement longs à guérir; non-seulement les mouvements de la respiration entravent la cicatrisation, mais souvent 'encore les côtes et les cartilages ayant été frappés et contusionnés par les projectiles qu'ils ont repoussés par leur élasticité, s'exfolient et donnent lieu à des suppurations interminables.
Plaies par les corps contondants. — Les gros ^projectiles et les corps contondants peuvent se borner à faire des contusions ou des plaies contuses sans gravité ; mais ils donnent lieu fréquemment à des fractures de côtes et à de graves accidents déterminés par la lésion des organes renfermés dans la poitrine, accidents sur lesquels nous reviendrons.
Complications. — Les complications des blessures non pénétrantes de la poitrine sont : 1° l'hémorrhagie ; 2° les corps étrangers ; 3° les fractures ; h" les désordres plus ou moins graves des viscères thoraciques.
Hémorrhagie. — L'hémorrhagie peut provenir des vaisseaux superficiels qui se distribuent dans les parois de la poitrine ou qui sont avec elles dans un voisinage immédiat, et des vaisseaux qui sont en contact avec l'intérieur du thorax, les artères mammaire interne et intercostale. Nous ne nous occuperons ici que de la lésion des premiers.
Le sang peut s'écouler à l'extérieur ou s'épancher entre les couches
(1) Percy, Manuel du chirurgien d'armée, p. 120.