‹ Traité de chirurgie d'arméeChapitre 80 sur 174 · BLLSSURES NON PÉNÉTRANTES. — CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

BLLSSURES NON PÉNÉTRANTES. — CORPS ÉTRANGERS

glissa vers l'aisselle et donna lieu à une héjmorrhagie abondante. L'extraction de la balle, pratiquée par la plaie, à l'ambulance, donna lieu à une nouvelle hémonhagie qui fut arrêtée par le tamponnement. Le blessé resta huit ou dix jours à l'ambulance; mais, effrayé de voir le grand nombre de blessés qui l'entouraient, il retourna à son régiment. Quelque temps après, la plaie étant entièrement cicatrisée, il s'aperçut du développement de la paroi antérieure de l'aisselle. La tumeur anévrysmale qui, d puis cinq ans, avait peu fait de progrès, présentait, quand nous l'examinâmes, les signes les plus caractéristiques; elle ne déterminait pas de gêne; les veines du bras n'avaient subi aucune distension et le malade n'était incommodé que par le bruit de rouet incessant et devenant presque insupportable dans le décubitus horizontal.

La rareté des anévrysmes artérioso- veineux produits par des coups de feu chargés à balle nous a engagé à donner le résumé de celte observation.

Corps étrangers. — Des pointes de fleuret, d'épée, de sabre, de couteau, etc., en rencontrant les côtes, peuvent se briser et rester dans les bless'ures des parois thoraciques. Les projectiles lancés par la poudre à canon, des portions de vêtements, d'équipement ou d'armement entraînés par eux, sont de tous les corps étrangers ceux que l'on rencontre le plus fréquemment. Sans parler des balles, dont le petit volume permet aisément de comprendre la présence dans les plaies, nous avons vu des éclats considérables de projectiles creux, et, entre autres, un fragment de bombe pesant 2kil,'/00, s'arrêter et se cacher en grande partie entre la colonne vertébrale et l'omoplate : à la bataille de Solférino, le général A..., de l'artillerie, reçut sous la clavicule un boulet de moyen calibre qui se logea tout entier dans la profondeur de l'aisselle. Ces faits sont exceptionnels ; nous ne les citons que pour en démontrer la possibilité.

Les balles qui restent dans les plaies s'arrêtent après avoir parcouru sous les téguments un trajet plus ou moins long; elles peuvent être libres dans les- parties molles ou s'engager entre deux côtes. Il est généralement facile d'en reconnaître la présence lorsqu'elles siègent dans une région où les couches musculaires sont peu épaisses, ou lorsqu'elles sont situées sous les téguments. On les extrait, soit par la plaie elle-même au besoin agrandie, soit par une contre-ouverture, quand leur trajet est élendu. Lorsqu'elles sont enclavées entre deux côtes, elles sont retirées avec l'extrémité de la spatule taillée en élévatoire. Cette petite opération, qui paraît fort simple, est au contraire quelquefois très-difficile à pratiquer, surtout lorsque le projectile est déformé ou aplati : c'est pendant l'inspiration, au moment où l'élévation des côtes écarte les os les uns des autres, qu'il faut extraire la balle. Il faut prendre garde, pendant les manœuvres d'extraction, d'en-

foncer le projectile et de le faire tomber dans la cavité des plèvres : cet accident n'est plus à redouter lorsque l'extraction du projectile est faite tardivement, alors que les tissus circonvoisins se sont épaissis et que la plèvre s'est renforcée de couches plastiques adventives ; mais l'opération est rendue laborieuse par l'induration des parties, par la poussée de végétations osseuses qu'il faut réséquer, et quelquefois, comme nous avons été à même de le constater, par la descente du projectile en arrière de la côte, au-dessous de l'espace intercostal où il était primitivement engagé. Quand les projectiles se sont perdus dans l'épaisseur des muscles du dos, derrière l'omoplate ou dans la profondeur de l'aisselle, il est au contraire très-souvent impossible de les retrouver. Si l'on y parvient, leur extraction des muscles du dos ne présente aucune difficulté, à moins qu'ils ne soient enclavés entre les apophyses épineuses des vertèbres; lorsqu'ils sont situés entre le thorax et l'omoplate, ils ne sont quelquefois pas faciles à saisir, et, pour y arriver, il faut toujours avoir soin d'écarter cet os du tronc, par des mouvements combinés du bras et de l'épaule ; quand il s'agit de les enlever de la profondeur de l'aisselle, c'est avec les plus grands ménagements qu'il faut faire les incisions et manœuvrer les instruments, afin de respecter les parties importantes de celte région.

Fractures. — Les côtes, les cartilages costaux, le sternum, les clavicules et l'omoplate, peuvent être brisés ou labourés dans une certaine étendue par des coups de feu. Ces blessures sont généralement graves.

Les fractures de l'omoplate peuvent atteindre la portion plane de l'os, l'épine ou les apophyses : toutes présentent cette circonstance fâcheuse, qu'il est très-difficile, pour ne pas dire impossible, d'extraire les esquilles, sans faire des incisions et des délabrements étendus. La portion plane de l'omoplate est enfoncée, perforée ou brisée en fragments indépendants les uns des autres : on y rencontre souvent de longues fissures qui peuvent intéresser la surface glénoïde. Les fissures, même simples, mettent beaucoup de temps à se consolider et entretiennent quelquefois des trajets fistuleux de longue durée. Des fusées purulentes peuvent se produire dans la fosse sous scapulaire, dans l'aisselle, le long des parois thoraciques, et nécessiter de nombreuses contre-ouvertures. Les fractures des parties de l'omoplate qui concourent à la formation de l'articulation scapulo-humérale sont beaucoup plus graves que celles de la portion plane de l'os, et fournissent des indications que nous apprécierons dans l'histoire des blessures articulaires. Dans certains cas, les projectiles qui fracturent la portion plane de l'os, s'arrêtent dans le foyer de la fracture, et, lorsqu'ils n'ont pas été extraits, se cantonnent au milieu des esquilles dans une loge osseuse de production nouvelle. Nous en avons rencontré un exemple où la balle, après

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