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CORPS ÉTRANGERS DANS LE MÉDIASTIN

nient ou une occlusion presque complète du calibre du canal, il vaudrait mieux passer une sonde au delà de la blessure, en prenant tous les ménagements et toutes les précautions convenables pour ne pas faire fausse route et pénétrer dans le médiastin. Une fois la sonde introduite, elle serait laissée à demeure pendant fort longtemps, afin d'obtenir une consolidation parfaite de la cicatrice. Le malade de D. J. Larrey, arrivé au septième jour de l'accident et en voie de guérison, succomba à la rupture de la cicatrice par l'indigestion d'une assez grande quantité de pain et de viande qu'il avala en gros morceaux et qui furent retrouvés dans le côté gauche de la poitrine.

Quant aux lésions qui accompagnent les blessures de l'œsophage, elles doivent être traitées d'après les indications qui leur sont propres.

Corps étrangers dans le médiastin. — Des corps étrangers, et en particulier des projectiles de guerre, pénètrent dans le médiastin et y demeurent. Il convient d'aller à leur recherche pour procéder à leur extraction :

Fie 47. — Face postérieure de la partie supérieure du sternum à laquelle sont attenantes les deux clavicules sciées et les deux premières côtes droite et gauche.

Balle arrêtée dans le médiastin sur le cartilage de la deuxième côle gauche.

(Musée du Val-de-Grâce.)

à cet effet, la plaie sera explorée avec une sonde de gomme élastique de gros calibre, conduite avec prudence et ménagement. On dilatera l'ouverture autant qu'il sera convenable par une incision, et, si cela est nécessaire, on appliquera sur le sternum une ou deux couronnes de trépan. Les corps étrangers ayant tout d'abord échappé aux recherches, se présentent quelquefois d'eux-mêmes après quelques jours; on a vu des balles, des fragments d'os et des portions de vêtements sortir avec la suppuration. Ces circonstances heureuses sont rares néanmoins, et la plupart du temps la présence d'un corps étranger dans le médiastin détermine des accidents

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graves, tels que l'inflammation du tissu cellulaire, la formation d'abcès derrière le sternum, l'inflammation du péricarde ou l'irritation des gros vaisseaux, flngnier a présenté à la Société de chirurgie (1) la partie supérieure du sternum, avec l'extrémité des côtes correspondantes, d'un homme qui avait reçu, en duel, une balle au niveau du cartilage de la deuxième côte. A partir de ce moment, le blessé avait eu des palpitations et de l'oppression qui durèrent jusqu'à la mort. Vingt ans après sa blessure, il entra à l'hôpital Beaujon pour un anévrysme de la crosse de l'aorte, dont il mourut bientôt. A l'autopsie, on trouva un anévrysme énorme qui avait corrodé le sternum et l'extrémité sternale de plusieurs côtes. La balle, touchant le sternum, était enchatonnée par un kyste et quelques végétations osseuses entre les cartilages de la deuxième et troisième côte (fig. Ul). On pensa qu'elle avait été la cause de l'aiiévrysme, soit par l'irritation et l'inflammation qu'elle entretenait dans les parties voisines de l'artère, soit par les inquiétudes incessantes que sa présence donnait au malade, les causes morales étant considérées comme prédisposantes aux anévrysmes de l'aorte.

Blessures des plèvres et du poumon. — Nous avons dit, au commencement de ce chapitre, que les blessures isolées de la plèvre costale ne pouvaient avoir lieu sans lésion du poumon qui, sur toute la paroi thoracique, se trouve exactement en contact avec elle. Peut-être faut-il faire une exception pour les blessures de la base du thorax : dans L'expiration, en effet, le poumon diminue de volume en même temps que le diaphragme remonte et s'applique par sa circonférence contre la face interne de la paroi costale; il en résulte que la plèvre diaphragmalique se met en contact avec la plèvre .costale dans une étendue de treize à seize centimètres (2), et que si la lésion de cette dernière peut avoir lieu sans blessure du poumon, elle doit être accompagnée de la blessure du diaphragme, attendu qu'il n'existe aucun vide entre ce muscle et la paroi thoracique. Quoi qu'il en soit, la lésion isolée de la plèvre costale est tellement rare, qu'on n'en connaît qu'un seul exemple démontré par l'autopsie. La plaie, longue d'un pouce et demi, siégeait dans le sixième espace intercostal gauche, à deux pouces au-dessous du mamelon; le lobe infé,rieur du poumon portait une trace évidente de contusion par l'instrument vulnérant, qui était une serpette et qui avait divisé le bord inférieur de la sixième côte : le malade succomba à un épanchement de sang dû à la

(1) Huguier, Bulletin de la Société de chirurgie, t. VII, p. 449.

(2) J. Cloquet, De l'influence des efforts sur les organes renfermés dans la cavité thoracique {Nouveau journal de médecine, 1819, t. VI, p. 309).

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