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BLESSURES DU FOIE ET DE LA. VÉSICULE BILIAIRE

font rarement une blessure unique, mais traversent l'organe de part en part en lésant quelques-uns des organes importants du voisinage. Dans le cas où la perforation de l'estomac donne lieu à un épanchement de matière, il convient d'agrandir la plaie des parois abdominales, de débarrasser le péritoine de l'épanchement et de réunir la solution de continuité de l'organe par la suture après l'avoir avivée, plutôt que d'abandonner le blessé à une éventualité presque toujours funeste.

Blessures tlu loie et de la vésicule biliaire. — Les lésions du foie sont assez communes dans les blessures de l'abdomen.

Les coups violents portés dans la région du foie, l'action des projectiles de guerre, et en particulier des gros projectiles, les éboulements de terrain, le passage de roues de voiture, les chutes de cheval et les chutes d'un lieu élevé donnent lieu fréquemment aux contusions et aux déchirures de cet organe. Les symptômes de ces accidents sont peu caractérisés : la douleur dans l'hypochondre droit, un ictère se manifestant après quelques jours sont les seuls signes qui peuvent faire présumer l'existence d'une contusion du foie. Lorsque ces signes se joignent à ceux d'un épanchement abdominal, on peut croire à une déchirure: en effet, les déchirures et les ruptures du foie, en général assez profondes et dirigées dans le sens antéro-postérieur de l'organe, donnent habituellement lieu à un épanchement sanguin dans le péritoine.

L'inflammation qui se déclare à la suite des contusions du foie peut se terminer par suppuration et déterminer la formation d'abcès dans le parenchyme. Les déchirures sont toujours très-graves et souvent mortelles : elles ne peuvent être traitées que par des médications internes et externes trop souvent insuffisantes.

Les plaies du foie se reconnaissent à la région même qu'elles occupent : elles atteignent l'organe soit à travers la cage thoracique, soit h travers les parois abdominales. La plupart du temps elles se compliquent de la lésion du diaphragme, quelquefois de celle du poumon ou d'un viscère de l'abdomen, de telle sorte qu'une plaie du foie peut être en même temps une blessure pénétrante de la poitrine et de l'abdomen. La face convexe du foie est plus souvent atteinte que la face concave; dans ce dernier cas, la vésicule et les canaux biliaires sont quelquefois lésés.

Les piqûres du foie par des coups d'épée ou des coups de pointe de sabre ne sont pas toujours faciles à diagnostiquer, lorsqu'elles ne donnent lieu qu'à des phénomènes généraux tels que la douleur, des hoquets, des vomissements et de l'anxiété. Les coupures par coups tranchants sont quelquefois assez larges pour permettre d'apercevoir l'organe à travers la plaie. Les

coups de feu sont diagnostiqués d'après le siège de la blessure et l'existence des signes précédents.

Un des accidents les plus constants des blessures du foie, quel que soit l'instrument vulnérant, c'est l'hémorrhagie. L'hémorrhagie peut se faire à l'intérieur ou à l'extérieur; provenant d'un organe éminemment vasculaire et dans la trame duquel un grand nombre de vaisseaux volumineux sont maintenus béants, elle est presque toujours considérable. L'hémorrhagie interne se reconnaît à des signes spéciaux. L'hémorrhagie externe fournil en abondance un sang noir mêlé de filets rouges. Nous avons vu plusieurs fois cet accident à la suite de blessures par armes blanches aussi bien que par coups de feu : dans un cas, où un fleuret avait traversé le corps et le foie de part en part et d'avant en arrière, le sang s'échappait par les deux piqûres en un jet continu de la grosseur d'une plume ; dans un autre, où un coup de sabre, porté en travers sous les fausses côtes, avait coupé le foie dans l'étendue de trois travers de doigt, le sang sortait à grands flots et ne put être arrêté que par la suture de la plaie extérieure. Sans multiplier davantage nos citations, nous insistons spécialement sur la fréquence et le danger des hémori hagies externes dans les plaies du foie et sur la difficulté qu'on éprouve quelquefois à les arrêter. Le meilleur moyen de s'opposer à l'écoulement du sang consiste à fermer la plaie ; il faudrait la rouvrir, si le sang s'épanchait à l'intérieur; mais habituellement, quand il a pris son cours au dehors, il s'infiltre dans les mailles du tissu cellulaire des parois abdominales, ou, selon sou abondance, il est résorbé en un temps plus ou moins long.

Les plaies du foie par armes blanches sont graves, mais ne sont pas souvent mortelles. Elles doivent être traitées par l'immobilité absolue, par des fomentations narcotiques ou émollientes sur la région blessée, par l'application d'un bandage de corps médiocrement serré et, au besoin, par les émissions sanguines locales et générales. Dans le cas où il existe une hémorrhagie, on applique des compresses trempées dans l'eau froide sur l'hypochondre droit, et l'on donne au blessé des boissons froides et acidulées. Dans tous les cas; le malade est mis à une diète sévère pendant les premiers jours, et maintenu longtemps à un régime alimentaire peu substantiel et progressivement gradué; il ne doit se lever que tardivement, et lorsque la marche ne provoque plus ni douleur ni sensibilité.

Des abcès consécutifs- du parenchyme peuvent se montrer après les blessures du foie par armes blanches; ils surviennent plutôt après les plaies par piqûre qu'après les plaies par coupure. Des douleurs vagues s'irracliant vers l'épaule droite, persistent quelquefois fort longtemps et des symptômes inflammatoires se déclarent au moindre écart de régime.

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