LUXATIONS DE LA HANCHE
Luxations ischiatiques.
La manœuvre sera, en somme, la même et se décomposera dans les trois temps suivants : 1° le blessé étant couché sur un matelas, parterre, fléchissez la cuisse à angle droit, en la ramenant dans le plan vertical ; 2° étirez la cuisse, directement en haut; 5° tout en continuant Y élévation, portez le membre en abduction et rotation externe. D'ordinaire, c'est à la fin du second temps ou au début du troisième, qu'un brusque craquement annonce que la tète fémorale a franchi l'échancrure cotyloïdienne.
Si l'on pratique trop tôt l'abduction, il peut se produire une transformation, qui est loin d'être rare : la tête roule sous le cotyle, sans y pénétrer, et
Fig. -iOo. — Luxalion ischiatique. — Traction verticale.
vient se loger dans la région obturatrice : la luxalion ischiatique devient ovalaire. Le membre, qui était tout à l'heure en adduction et rotation interne, se place en abduction forcée et en rotation externe : on en est quitte pour recourir à la manœuvre que nous allons exposer dans un instant ; mais, dans certaines luxations compliquées de larges déchirures capsulaircs, il arrive que la transformation se répète en sens inverse, et que la tête continue à rouler en arrière, au-dessous, en avant du cotyle, sans pouvoir y rentrer : en pareil cas, c'est par la flexion directe, verticale, à angle droit (fig. 405), par une brusque et énergique secousse, par le procédé de l'épaule en particulier, qu'on réussira à faire sauter la tète par-dessus le rebord cotyloïdien.
LUXATIONS
Luxations en avant.
Luxation ovalaire. — Là encore les manœuvres île traction « en flexion » sont les véritables manœuvres de douceur cl représentent le mode le plus rationnel de réduction.
Avant tout, fléchissez donc la cuisse, peu à peu, jusqu à la mettre perpendiculaire au plan du tronc et du bassin, que voire aide immobilise; en même temps, ramené/, le membre dans le plan vertical: puis, élevez fortement la cuisse fléchie en rabattant le genou en dedans et en portant la jambe en dehors, pour réaliser l'adduction et la rotation interne progressive. Donc
i(IG.
Luxation ovalaire. — Traction en dehors.
flexion, élévation, adduction : tels sont les trois temps de la manœuvre, et les deux derniers doivent se combiner.
Autre procédé, qui peut rendre des services : Une alé/.e obliquement passée sous le périnée assure la contre-extension. Dans l'axe du membre luxé. c'est-à-dire en forte abduction, on exerce une traction énergique par l'effort combiné de plusieurs aides, et, pendant ce temps, le chirurgien cherche à ramener directement la tête, de dedans eu dehors, avec une alè/.e pliée en cravate et qui embrasse la cuisse à sa partie supéro-interne, ou encore par la manœuvre que voici : L'alèze en cravate encadre la cuisse et vient se nouer sur la nuque du chirurgien : celui-ci s'arc-boute du talon, repousse le genou en dedans avec ses deux mains pendant qu'il renverse le cou en arrière, et, de la nuque, <• travaille » de toute sa Force sur l'alèze.