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PLAIES DES GROS VAISSEAUX — HÉMORRAGIES PRIMITIVES ET SECONDAIRES

Fig. 80. — Compression digitale de la carotide primitive.

L'hémorragie est toujours abondante dans les plaies du cou, même lorsqu'elle est exclusivement veineuse : le sang coule en nappe épaisse, bouillonne parfois, mais ce n'est jamais ce flot énorme, rouge et saccadé, de l'hémorragie carotidienne. La compression, bien faite, suffit alors à l'hémostase.

Une femme d'une trentaine d'années reçoit (de son mari), à la région

cervicale gauche, deux coups d'un long couteau à virole :

on la relève i n o n cl é e cl e sang ; elle en a perdu « trois litres », disent les assistants.

Nous la voyons deux heures après : un large pansement compressif à l'amadou entoure le cou : elle est pâle, les extrémités froides, la voix éteinte, le pouls misérable et d'une fréquence extrême. Elle a craché et vomi un peu de sang et la question se pose d'une blessure possible de l'œsophage et d'une hémorragie interne.

Iles injections répétées de sérum In relèvent. — Le pansement est défait; une des plaies occupe la base de la région parotidienne, l'autre, de 5 centimètres, à lambeau, le tiers inférieur du sterno-mastoldien. Quelques caillots superficiels sont enlevés doucement, rien ne saigne; le cou n'est pas tuméfié, la carotide bal dans toute sa hauteur. Après avoir détergé la plaie. on la tamponne à la gaze iodoformée. A part quelques légers troubles moteurs du membre supérieur gauche, témoignant (l'une lésion superficielle <lu plexus brachial, la guérison eut lieu sans incident.

Il en va tout autrement. lorsque la carotide primitive ou l'une de ses divisions est largement intéressée.

Le blessé tombe dans son sang, sa vie est à la merci du premier venu qui lui porte secours ; s'il est seul, c'est la mort en quelques instants.

Se jeter sur le bord antérieur du sterno-mastoïdien et avec les doigts en crochet, affaisser la carotide sur le plan dur de la colonne vertébrale, sur la ligne des apophyses transverses et le tubercule en relie! de la sixième (lig. 80) : telle est la première manœuvre qui devrait être, pour ainsi dire, instinctive. Bien laite, sans précipitation, froidement, elle suffit souvent a l'hémostase « préparatoire » ; sinon l'index ou les deux index seront introduits au fond de la plaie et. réaliseront la compression directe. Ce sont là des pratiques de salut, et qui sont à la portée de tout homme d'initiative et de sang-froid. Larrey ne raconle-t-il pas qu'Arrighi, duc de Padoue, avant eu la carotide interne coupée par une balle, lut sauvé par un de ses soldats, qui eut la présence d'esprit de plonger son doigt dans la plaie et d'arrêter le sang?

D'ordinaire, nous n'assistons pas à l'accident; et si, par bonheur, les premiers soins — extra-médicaux — ont suffi à prévenir l'hémorragie foudroyante, la compression a été le plus souvent trop irrégulière, pour que le blessé n ait pas perdu une énorme quantité de sang et nous le trouvons le cou distendu par un volumineux hématome. L'intervention est une des plus pénibles qui soient; vous sauverez votre blessé si vous savez, ce qu'il faut faire et si vous savez le l'aire vite et méthodiquement (').

(') Nos devanciers nous ont laissé d'admirables exemples <l'' ce beau sang-froid, de celte parfaite maîtrise 'le l'esprit et île ht main, qui, dclout temps, ont constitué le tempérament chirurgical. I.'nhservation de Michon mérite, sous ce rapport, d'être toujours citée. Une jeune fille recul à la partie inférieure droite 'le la région sous-hyoïdienne un coup tic couteau qui pénétra obliquement audessous du muscle sterno-mastoïdien; le sang jaillit en abondance, pourtant elle eut encore la force de traverser la rue cl d'entrer chez un pharmacien. « Lorsque j'arrivai, écrit Miction, je trouvai la malade étendue sur un matelas dans une arrière-boutique» Notre confrère Picard avait île suite introduit son

doigt dans la plaie et. par utw compression habilement faite, était parvenu à arrêter I lie rragie.

,1e m'agenouillai prés de la malade, qui était presque exsangue; j'examinai le cou, qui était déformé par une quantité de sang épanché sous les téguments; j'hilrnduisis à mon leur te doigt dans la plaie pour chercher sa direction il reconnaître quel était le vaisseau lésé. Dansée moment, un jet de sauf; vermeil s'échappa dans la plaie : il n'y avait pas de temps 9 perdre. Pour me donner plus

de facilité, je débridai eu haut la plaie et je lis i sec le incision sur la ligni idianc, parallèle

à la trachée... J'allais autant à la recherche du ii ■ brachio-cèphalique que de l'artère carotide.

L'infiltration sanguine gênait beaucoup pour bien établir les rapports. J'avais porté l'indicateur gauche en arriére, de telle sorte, qu'en soulevant les parties je comprimais eu même temps l'artère lésée. Une première fois, je portai une ligature, croyant saisir l'artère; mais l'anse de lil n'ayant embrassé qu'une portion musculaire, peut-être du thyre-hyoïdien, je dus recommencer. Ce lot

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