PLAIES PU PHARYNX ET DE 1,'ŒSOPIIAGE
La formule est simple : dès qu'il est avéré que le projectile a atteint le larynx ou la trachée, n'hésitez pas, faites tout de suite, et, autant que possible, au lieu même de l'accident, la trachéotomie. Une fois la canule en place, vous pourrez débrider l'orifice d'entrée, régulariser et désinfecter la plaie, au besoin, et si le suintement sanguin est abondant, tamponner la cavité laryngée, et vous aurez toute liberté de prévenir, par une intervention locale large et complète, les accidents inflammatoires, si fréquents après les traumatismes de ce genre, leurs dangers immédiats et leurs conséquences locales ultérieures.
Lors de lésion partielle, lors de lésion de I'épiglottc, par exemple, on pourra, s'il n'existe pas d'indications pressantes, différer l'ouverture de la trachée, mais ce sera toujours au prix de dangers trop réels, pour s'y exposer à la légère.
Ajoutons qu'après toute plaie du conduit Iaryn go -trachéal, au moment où l'irruption brusque du sang dans la trachée et les bronches crée un danger imminent de suffocation, on imitera fort heureusement la conduite de ce lieutenant prussien, dont Gotfing (') a rapporté l'histoire. À Beaumont, le 50 août 1870, il reçoit au cou une balle qui traverse de gauche à droite les lames du cartilage thyroïde, un peu au-dessus de son milieu, et coupe la corde vocale gauche. Accès de suffocation intense : le blessé déchire tout ce qui lui recouvre le devant du cou, puis il se jette à genoux et appuie le front contre terre pour empêcher le sang de couler dans l'intérieur du larynx; la dyspnée cesse, et, quand le docteur Gotting le trouva sur le champ de bataille, l'hémorragie avait cessé et la respiration était libre.