LE CORPS ÉTRANGER VIENT D'ÊTRE DÉGLUTI
L'enfant suffoque : il se renverse, la bouche grande ouverte, les yeux
saillants, la face bleuie Tout de suite portez le doigt au fond de la bouche,
dans le pharynx, derrière l'épiglotte : peut-être sentirez-vous l'obstacle, le corps étranger, que, d'un rapide mouvement, vous pourrez déloger et extraire. Vous ne trouvez rien ou bien votre doigt ne parvient pas à contourner, à soulever, à mobiliser ce barrage que vous avez heurté, la respiration est arrêtée ou près de l'être : ne poursuivez pas vos tentatives, ne perdez pas de temps à mettre la tète en bas, à secouer le thorax; I asphyxie est imminente, ouvrez la trachée. Il est arrivé que, cette « précaution vitale » une fois prise, le corps étranger fut expulsé spontanément, dans un effort de toux ou de vomissement.
En dehors de ces accidents d'extrême urgence, le premier devoir du praticien est toujours de se renseigner sur le siège du corps étranger, et, avant tout, de s assurer de sa présence.
De fait, les commémoratifs, l'allure dramatique de la première scène, les sensations du patient ne suffisent pas à créer une certitude : il fait bon d'être sceptique et de ne conclure que sur une exploration positive. Une vieille diaconesse, dont parle Kronlein('), à la suite d'une crise d'épilepsie, s'aperçoit qu'elle n'a plus dans la bouche son dentier et, morte de peur, elle s'en va racontant qu'elle l'a avalé et qu'elle le sent très nettement, un peu au-dessus de l'estomac : à ce niveau, elle souffre pendant la déglutition.
(') Egi.off, l)c. cil., p. 170.