COUPS ÉTRANGERS DU PHARYNX ET DE L'ŒSOPHAGE
Krônlein explore l'œsophage et, en effet, il a la sensation d'une résistance h peu de distance du cardia : peut-être le dentier est-il placé de champ et laisse passer la sonde. Pourtant, avant d'aller plus loin, on envoie l'aire des recherches dans la chambre de la malade, et l'on finit par découvrir, derrière un pied de commode, le corps du délit. — Une femme m'était envoyée, il y a quelques mois, pour extraire une aiguille qu'elle avait avalée deux jours avant : elle la sentait très liien vers le milieu du cou, elle désignait un point qui ne changeait pas, elle mangeait très difficilement; l'exploration fut négative et l'examen radiographique ne révéla non plus aucune trace d'aiguille. La malade nous revenait deux mois plus tard : elle avait continué à souffrir, à déglutir avec peine, elle était d'une inquiétude croissante : il fallut faire faire une nouvelle épreuve radiographique, tout aussi négative que la première, pour la convaincre de l'absence totale du corps étranger dans le pharynx ou l'œsophage.
laites donc ouvrir largement la bouche, cl, au grand jour, examinez- le fond du pharynx, les amygdales et les piliers, où les arêtes s'implantent assez souvent, le voile : portez- le doigt en crochet derrière la hase de la langue et scrutez le segment inférieur du pharynx jusqu'au ericoïde; si vous ne trouvez rien, retournez l'index, glissez-le derrière le voile et explorez le naso-pharynx.
Rien encore : palpez le cou, sur le bord antérieur <\u sterno-masloïdien, surtout à gauche, où l'œsophage est plus accessible, et que vos doigts pénètrent profondément, de chaque côté de la trachée, jusqu'au contact de la colonne vertébrale. Ne comptez pas trop sur une sensation précise et des contours arrêtés : le plus souvent, si vous percevez quelque chose, vous percevrez une induration mal limitée; l'indication n'en sera pas moins précieuse, mais elle n'aura toute sa valeur qu'après avoir été confirmée par le cathétérisme œsophagien (fig. 112).
L'instrument de choix sera le résonnateur métallique (fig, 111), ou, à son défaut, un cathéter à houle, muni d'une petite olive (fig. 11!)) : le choc du métal ou de l'ivoire sur un corps étranger dur et souvent métallique lui-même, fournil un renseignement fort utile. Ne dispose-t-on (pie de la simple sonde œsophagienne, elle pourra servir, elle aussi, lorsqu'elle est bien conduite : elle donnera la sensation d'arrêt, de barrage plus on moins complet, ou de frottement plus ou moins rude, si le calibre de l'œsophage n'est pas totalement obstrué et que l'instrument puisse franchir le ressaut. La manœuvre sera menée avec douceur : ce sera le seul moyen cl obtenir des notions utilisables, sans refouler, enclaver et immobiliser un corps étranger, qui, primitivement, « se présentait bien ».
Nous ne ferons que signaler la radioscopie, qui rendra, certes, les plus
Fie. 111. — Instrument pour la recherche des corps étrangers'de L'œsophage. (S. Duplay.)