INDICATIONS DE L'INTERVENTION
I. Dans les contusions et les ruptures. — L'indication fondamentale sera donc fournie par les signes d'hémorragie grave — d'hémorragie interne, à la suite des contusions. — Un homme csl renversé par une lourde voiture, dont la roue le heurte violemment au niveau des fausses côtes droites : on le relève sans connaissance, il se reprend peu à peu et vous le trouvez pâle, la l'ace el les mains couvertes d'une sueur froide, le pouls à 120, 130, très petit, très dépressiblc, la température à ."li". 36°, 5, la respiration fréquente, courte, pénible ; le palper est très douloureux sur toute la surface de l'abdomen, niais surtout à droite, dans la région hépatique, et, pendant que vous poursuivez votre examen et que vous vous faites brièvement relater les péripéties de l'accident, le pouls se déprime encore, la dyspnée s'accuse, de grands efforts respiratoires, parfois quelques secousses convulsives mettent au tableau ses derniers traits. Ne cherchez pas d'autre raison d'agir el ne perdez pas de temps à parfaire un diagnostic de localisation : cela saigne dans la profondeur, ouvrez le rentre pour faire l'hémostase directe. La formule ne laisse pas que d'être brutale, en apparence; mais elle répond entièrement à l'urgence extrême de l'intervention dans les grandes ruptures.
Ailleurs, pour être moins profuse, l'hémorragie n'en devient pas moins, par sa continuité, un péril grave et qui impose, au bout de quelques heures, pareille détermination. De l'ait, après les violents traumatismes de ce genre, on ne doit jamais s'en tenir — nous l'avons répété déjà — à un premier examen. Tel blessé que vous trouvez remis du shnek initial, d'aspect satisfaisant, avec un bon pouls, une respiration à peu près normale, une douleur modérée, retombera, après une pause de durée variable, dans un état de collapsus progressif, d'autant plus significatif qu'il est retardé, secondaire, et ne s'explique plus par la secousse traumatique : si, vous liant aux apparences de la première rencontre, vous portez d'emblée un pronostic « d'illusion » et si vous attendez au lendemain, vous aurez souvent des déceptions cruelles.
Combien de l'ois n'ai-jo pas suivi de près ces étapes successives du collapsus et la série de ces accidents, simples nuances d'abord, de plus en plus accentuées, qui dénoncent l'hémorragie interne continue. Le pouls est normal, le Caries est bon, il n'y a pas d'indices nets : c'est bien, attende/., sans quitter le blessé ou du moins en le laissant sous une surveillance attentive. Une demi-heure, une heure après, plus tard quelquefois, la situation n'est plus la même; les traits sont altérés, le pouls s'est affaissé, la température baisse, la dyspnée douloureuse augmente ; le ventre se météorise, la paroi se tend,
résiste et se défend sous les doigts, dans la zone traumatisée : la percussion révèle parfois de la matité sous-hépatique ou de la niatilé de la fosse iliaque droite, qui dénonce le sang épanché. Iles lors, votre conviction doit être laite : encore une lois, cela saigne dans la profondeur. Il faut intervenir.