COUPS DE FEU DANS LA BOUCHE
Lorsque la balle a pénétré clans le crâne, ces traumatismes sont d'autant plus graves que nous sommes moins armés contre eux. De fait, toute intervention directe est d'ordinaire impraticable, la désinfection des cavités nasobucco-pharyngiennes est fort difficile et toujours incomplète, quoi qu'on fasse, et une part trop grande du résultat définitif se trouve fatalement réservée au hasard.
Avec le revolver d'ordonnance, un coup de feu dans la bouche crée des désordres terribles : la force explosive fait éclater le maxillaire, la voûte, la base du crâne, et la mort immédiate est la conséquence ordinaire de pareilles lésions.
Avec les armes « civiles », ce dénouement subit est plus rare. Le blessé a perdu, en général, une abondante quantité de sang par le nez et par la bouche; parfois — et il est utile de s'en enquérir — des débris osseux, de la bouillie cérébrale, ont été, avec le sang, crachés ou mouchés. A l'examen de la bouche et du pharynx, on trouve la langue tuméfiée, la voûte palatine ou le voile perforés, fendus, fissurés; la muqueuse est le plus souvent maculée de noir et boursouflée tout autour de l'orifice, qu'il faut savoir chercher et reconnaître. Si l'on ne voit rien au premier examen, le doigt, introduit dans la profondeur, explore la surface du voile, ses attaches, la face postérieure du pharynx.
De fait, en l'absence de signes nets de pénétration endocrànienne , il ne faut pas trop se hâter de conclure à pareil accident, tout en prenant avec la plus grande rigueur les précautions que nous allons dire. Dans un cas, qui date déjà de bien loin et dont nous avons été témoin , un maître éminent avait cru pouvoir conclure à la pénétration et déterminer même le sièçre de la balle dans l'encéphale, d'après la simple attitude et 1 aspect du blessé : l'examen direct montra que la balle était logée derrière la paroi postérieure du pharynx.
Quoi qu'il en soit, conduisons-nous toujours — et d'emblée — comme si la pénétration endocrànienne était démontrée. — La bouche, le pharynx
Fie.
Rabattement du nez par la méthode d'Ollier.