RUPTURES DE GROSSESSE TIB.URE
quéc n'en sera que plus nécessaire : au besoin, et si quelque suintement sanguin persistait, les deux moignons étant rapprochés et le pont intermédiaire repéré et soulevé par un pince, un lil de sûreté enserrerait le pédicule en masse au-dessous des deux premières ligatures. On ne donnera jamais trop de soin à la confection de ee pédicule étanche, mais il ne faut pas grossir les difficultés de la besogne, uni demande surtout à être conduite sans précipitation.
Alors seulement on fera la toilette du ventre. On a dû parfois, devant l'état menaçant de l'opérée, se borner à une évacuation incomplète et terminer à la hâte, en laissant dans l'abdomen une quantité plus ou moins abondante de sang. Ce sera toujours un pis-aller, et, grâce aux injections continues de sérum artificiel, on pourra, en général, mener l'intervention jusqu'au bout el l'aire une détersion soigneuse, avec les tampons et les compresses aseptiques, des anses intestinales et de l'épiploon souillés de sang, des fosses iliaques et du cul-de-sac de Douglas.
Refermer le ventre ne sera pas toujours prudent, et, s'il persiste quelque léger suintement dans la profondeur, si la détersion péritonéale a dû être écourtée, on fera bien de laisser un tamponnement à la Mickulicz, qui sera ivtiré au bout de trente-six à quarante-huit heures.
Quand la rupture a lieu sur un kyste fœtal plus âgé, au delà de cinq mois('), la besogne opératoire devient naturellement plus complexe et l'extirpation totale peut présenter de grandes difficultés : elle fournira seule, pourtant, des garanties suffisantes d'hémostase, et la marsupialisation, avec abandon du placenta, ne sera presque jamais réalisable.
De plus, on ne comptera pas, dans ces hémorragies profuses, en nappe, sur le tamponnement, quelque serré qu'on puisse le faire, pour obtenir un résultat positif : il sera toujours insuffisant et ne donnera qu'une sécurité trompeuse et bien vite démentie.
Ablation totale, pincement et ligature de toute la ligne d'attache pelvienne, de tout le pédicule vasculaire des annexes : tel est le programme à remplir, de toute nécessité.
Les mêmes indications se retrouvent, lorsqu'on intervient, non plus sous la poussée d'une hémorragie interne menaçante à bref délai, mais pour mettre lin à des hémorragies qui se répètent à courts intervalles.
L'épanchement est alors moins énorme, la diffusion moins complète : il n'en est pas moins vrai que le. foyer hémorragique n'est pas éteint, que la
(') Ces ruptures tardives sont, du reste, plus rares. Sur 422 cas de ruptures rassemblés par Choyau (Th. citée), lage de la grossesse ectopique est indiqué : la rupture s'était produite 55 fois dans le 1er mois; 99 fois, dans le 2e; 70 fois, dans le 3'; 19 fois, dans le 4°; 8 fois, dans le 5°, et 1 fois, dans le 6". Bien interprétés, ces chiffres ne signifient pas, du reste, qu'au-dessus de 4 ou 5 mois, le danger de rupture du kyste fœtal tubaire soit moins grand : ils indiquent simplement que la grossesse ectopique atteint exceptionnellement ee terme, sans accident. — Voy., du reste, sur la question si importante de la conduite à tenir, eu présence de ces grossesses tubaires de plus de 5 mois, les travaux du Prof. Pinard et le beau rapport de P. Segosd [toc. cit.). (Documents pour servira l'histoire de la grossesse extra-utérine, 1892, et Bull. Acad. de méd., 6 août 1895.)