COUPS ETRANGERS DU RECTUM
la manœuvre sera parfois impraticable; et il faudra, après quelques tentatives prudemment conduites, recourir aux procédés à ciel ouvert que nous allons indiquer tout à l'heure.
Je suppose que la valveest en place, ou encore, si l'on manque d'un outillage complet, que les doigts — l'index et le médius gauches — dépriment le coccyx, qui cède et se laisse refouler sans peine. C'est le moment de saisir et de tirer le corps étranger.
Les doigts suffiront quelquefois à cette préhension ou, du moins, en mobilisant, en inclinant d'un côté ou de l'autre l'extrémité accessible du corps étranger, ils réussiront à l'amener dans l'axe et l'extraction complète n'exigera plus qu'un minime effort.
Plus souvent, un instrument, pince, davier, clamp. forceps ou tenette. est nécessaire, et d'autant mieux que le corps à extraire est plus gros et qu'il exige, pour sortir, un réel et souvent considérable déploiement de forces. Sur une surface mousse, non glissante, sur le bois, par exemple, tous les instruments « mordent bien ». et. bien appliqués, ne dérapent pas: il en va tout autrement pour le verre, pour une surface lisse, celle des bouteilles, etc., qui présentent, de plus, cet autre inconvénient, d'être fragiles : pinces et forceps glissent sur eux, sans effet utile, et, si l'on exagère la pression des mors, on s'expose à tout briser et à implanter profondément les éclats dans la paroi rectale. La fragmentation, qui peut rendre des services en d'autres conditions, ne doit avoir, pour les corps fragiles et coupants, que la signification d'un accident, et d'un accident souvent très grave. Donc, pour exercer une traction efficace sans brisure, on aura soin d'engainer de caoutchouc les mors des pinces ou les cuillers du forceps.
De fait, le forceps — un petit forceps — est un instrument fort approprié à l'extraction des corps étrangers volumineux, qu'il faut « accoucher », en quelque sorte, et il a fourni de lions résultats, sous la réserve, toutefois, que ses cuillers puissent être successivement introduites et bien appliquées.
Si le corps est enclavé, s'il s'agit, par exemple, d'une bouteille, dont le fond repose sur le coccyx et dont le goulot est senti, en haut et à gauche, par le palper de la fosse iliaque, on s'efforcera d'abord de récliner le coccyx en arrière et de supprimer ainsi le principal obstacle : on peut alors, en tirant le fond en bas et un peu en avant, compléter la bascule et, finalement, extraire la bouteille.
L'abaissement coccygien est le temps principal et aussi le temps difficile de cette manœuvre : dès que l'extrémité basse du corps étranger a franchi la pointe du coccyx, le dégagement s'achève d'ordinaire sans trop depeine('). Si le coccyx résiste, il est inutile de poursuivre des tentatives de force fatalement illusoires; quant au morcellement, il ne saurait trouver une indica-
1 Vny. uni' intéressante observation de liazy Bull, de la Soc. de chii .. j nov. 1897, p. 656 . Il s'agissait d'une bouteille introduite dans le rectum; au murs d'une première séance, «mu le chloroforme, les tentatives restent vaines; le lendemain un arrive à placer la valve postérieure ei à déprimer le coccyx; sous une traction légère, la bouteille vint alors avec la plus grande facilité.