‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 102 sur 460 · OU ATM KM K V KM 01) K · texte numérisé non relu

OU ATM KM K V KM 01) K

I. A CIllRURCIE MILITAI H K FRANÇAISE P KM) A NT LA RÉVOLUTION ET L’EMPIRE

Ce fut le 20 avril 17 02 que commença contre les Rois coalisés moins pour défendre ou venger Louis XVI que pour étouffer les principes du nouvel ordre social jeté dans le monde par la Révolution, cette épouvantable, cette gigantesque guerre de vingt-trois ans qui allait exalter nos années jusqu’à l'héroïsme, les couvrir à jamais de gloire, mais aussi abreuver du sang de nos soldats le sol étranger et le nôtre. La France, entourée d’abord d’un cercle de fer qui l’étreint sur toutes ses frontières, va Je rompre et le détruire. Pendant vingt ans, les batailles que livreront ses armées ne seront presque qu'une suite ininterrompue de victoires, mais, épuisée et trahie, elle finira par tomber amoindrie.

La lutte commencée contre la maison d’Autriche et la Prusse est d’abord malheureuse. Les Autrichiens ont l’avantage à Quievrain (20 avril 1792), el pendant qu’à l’intérieur les partis se disputent la possession du pouvoir et se signalent par d’inoubliables excès, Lonywy tombe aux mains des Prussiens, Verdun ouvre ses portes et nos armées sont obligées de se replier sur Châlons. Mais bientôt au canon de Valmy (1792; répondent les échos de .Jemmapes (1792); les armées d’invasion sont refoulées, les Autrichiens lèvent le siège de Lille, Lonywy est évacué; Custine, qui venait de prendre l’offensive sur le Rhin, enlève Spire, Worms et Mayence (1792;.

Ce n’était que la période d’essai. La mort de Louis XVI arme contre la France les Etats qui avaient hésité jusque-là à se liguer contre nous. Dès le commencement de 1793 notre pays est menacé sur toutes ses frontières : au nord et à l’ouest par la Hollande et l’Angleterre, au sud par l'Espagne et l’Italie, pendant que ses forces réduites à celles de trente départements fidèles ont encore à combattre sur son propre sol les colonnes infernales de la Vendée et de la Bretagne. A ces dangers extrêmes, la Convention oppose des mesures de défense d’une incroyable énergie. Tout le pays est mis en état de siège. (Juatorze armées représentant 1 200 000 hommes sont levées dès mars 1793 et poussées sur les frontières, et si Dumouriez est battu dans le nord à Nerwinde (avril 1793), si Valenciennes ouv re ses portes aux Autrichiens, si dans l’est Mayence capitule après un siège mémorable de

« H ici I i*c* mois (juillet 1793), si Toulon sc rend aux Anglais, les Anglais et las Autrichiens sont battus a JJondschoote (septembre 1793), ces derniers à Il attignies (octobre 1793), et à la fin de l'année nos armées sont presque partout victorieuses. Les Prussiens et les Autrichiens sont rejetés au delà des lignes de Wissembourg (décembre 1793), Hoche occupe le Palatinat, iou/on est repris; sur les frontières italiennes et espagnoles, les ennemis sont contenus; à l’intérieur, Lyon est forcé, après soixante-dix jours de siagv et les Vendéens, après des succès divers, sont entin écrasés au Mans el a Saoenay par l’armée de Mayence.

Avec 179-4, les hostilités continuent. Moreau bat les alliés à Tourcoing , Jourdan les Autrichiens à F/eurus , pendant que les Anglais, appelés par Paoli, s’emparent de la Corse. Pichegru reprend fondé , Jourdan s’empare d Vix-la-Chapelle, gagne la bataille d 'Aldenhaven à la tète de l’armée de Sambre-et-Meuse, prend Juliens, Cologne, Franckenthal, Worms, Andernach , Coblence et Maestricht, enfin Moncey envahit la Navarre espagnole avec l'armée des Pyrénées-Orientales.

A l’année 1795 se rattache la conquête de la Hollande par Pichegru ; nos quatre armées du Nord, de Sambre-et-Meuse, de la Moselle et du Rhin bordent le grand fleuve. Les émigrés soutenus parles Anglais sont battus à (Juiberon. L’Espagne, qui venait de perdre Figuières, une des plus fortes places de l’Europe, et la Prusse signent la paix. Mais l’Angleterre, l’Autriche, la Sardaigne et l’Empire restent encore en ligne. Le 56 octobre 1795, la Convention, après avoir réuni au territoire de la République tous les pays conquis en deçà du Rhin, déclare sa mission terminée el laisse au Directoire le soin de continuer sa tâche.

Au commencement de 1796, sous le Directoire, la lutte recommence en Autriche et en Italie. L’armée de Sambre-et-Meuse conduite par Jourdan, celle du Rhin sous les ordres de Moreau et celle d’Italie commandée par Ronaparte, devaient se réunir sous les murs de Vienne. Les premières sont peu heureuses; par contre, en Italie, Bonaparte remporte les victoires de Montenotte, Millésimo, Mondovi , Lodi, Castiglione, Arcole et Rivoli (1796- 1797) ; il disperse avec 50 000 hommes trois armées formidables trois fois renforcées, et impose la paix. Bonaparte continue ensuite ses succès en Egypte (1798-1799), à Aboukir , Alexandrie, Ramanieh, les Pyramides, au ('aire, puis en Syrie à Gaza, à Jaffa , au Mont-T/iabor après l'infructueux siège de Saint-Jean-d' Acre pendant qu’une seconde coalition (mars 1799mars 1802) se forme contre la France, privée par la campagne d’Égypte de sa meilleure armée.

L’Angleterre, l’Autriche, la Russie, une partie de l'Allemagne, Naples, le Piémont, la Turquie et jusqu’aux Etats barbaresques s’unissent contre nous. La campagne s’ouvre d’une façon brillante par les succès de Championnet en Italie, mais bientôt Jourdan est battu sur le Danube, Scherer sur l’Adige, Moreau à Cassarüû, Macdonald à la Trebbia, l’Italie est perdue, le territoire de la République est à nouveau menacé, quand les succès de Brune en Hollande, contre les Anglo-Russes, et de Masséna à Zurich (septembre 1799) sauvent le pays. Quelques semaines plus tard Bonaparte laissait à Kléber le commandement de l’armée d’Égypte, revenait en France, renversait le Directoire et établissait le Consulat (1799-1804).

L’Autriche était toujours sous les armes. Le premier Consul avec

i Kl üüO hommes franchit le Saint-Bernard, gagne les batailles de Montebello et de Marengo (1800), pendant que Moreau avec 100 000 hommes défait l’archiduc Jean à Hohenlinden (1800) et pénètre jusqu’aux portes de Vienne.

La paix fut de courte durée, l’Empire venait à peine d’être proclamé que l’Empereur avait à nouveau à lutter. Cette fois c’était encore contre les Autrichiens unis aux Russes, lesquels étaient gagnés à la cause do l’Angleterre que menaçait la grande armée réunie au camp de Boulogne. L’Autriche est battue à Elchingen, (Jim, Austerlitz (1805); la Prusse, l’année suivante à léna et à Auerstædt (1800), la Russie à Eylau et à Friedland (1807).

L'intervention de l’Empereur en Espagne eut des suites funestes (1807- 1813). Les premiers succès de Rio-Seco, de Madrid sont compensés par les défaites de Baylen, de Vimeiro (1808). En vain 250 000 hommes dirigés par l'Empereur remportent les victoires de Burgos, Espinosa , Tudèla , Roses, Cardeleu, Molins del Rey (1808), Oporlo, Talavera (1809), la résistance vaincue en un point se prolonge dans d’autres et des armées de 300 000 hommes, harcelées sans cesse, ne peuvent résister à une guerre de guérillas soutenus par Wellington et les Anglais. Sur ces entrefaites, la grande armée livrait à l’armée autrichienne de grandes batailles à Abensberg, Eckmahl, Ratisbonne, Essling et Wagram (avril à juillet 1809).

L’année 1812, l’Empereur entreprend contre la Russie la terrible lutte qui devait tant compromettre sa gloire et sa puissance. Wïtepsk, Smolensk, Valentina, la Moskoiva sont presque effacés par la désastreuse retraite qui les suivit.

La retraite de Moscou réveille pour la sixième fois les espérances des coalisés : 350 000 hommes recrutés par Napoléon, qui avait devancé la grande armée, résistent encore à Bautzen, à Lutzen et à Dresde (1813); mais la défection des Saxons entraîne la défaite de Leipzig après trois jours de lutte 1813). Alors, les Suédois et les Allemands envahissent, à la suite de nos armées, le Nord de la France ; les Russes, les Autrichiens, les Prussiens, l'Est ; le duc de Wellington, le Midi, avec les Anglo-Espagnols. En vain Napoléon, en un mois, gagne quatorze batailles, en vain remporte-t-il les victoires de Saint-Dizier, Brienne, C hampaubert, Montmirail, Château-Thierry , Vauchamp et Monlereau (1814); Soult de son côté a beau résister à Toulouse , les autres généraux sont battus, Paris ouvre ses portes, c’en est fait de l'Empire, et les quatre journées de Waterloo (1815), après les Cent Jours, sont les derniers et suprêmes efforts du plus grand génie militaire des temps modernes.

Dans cette grande épopée militaire de la Révolution et de l’Empire dont nous venons de passer rapidement en revue les principaux faits, toutes les forces vives de la nation s’étaient épuisées. Chaque page glorieuse s’y achetait au prix de milliers et de milliers d’hommes. Dans les premières campagnes, les forces opposées étaient relativement peu nombreuses et les succès coûtaient moins de sang; mais à la lin de l’Empire, on opère des deux côtés avec des masses considérables qui s’abordent avec un égal acharnement : aussi le nombre des morts et des blessés atteint-il des proportions effrayantes. A Friedland, près de 35 0U0 hommes sont mis hors de combat dans les deux armées opposées; à Essling, 40 000 hommes dont 27 000 Autrichiens sont tués ou blessés; le siège de Sarragosse coûte, dit-on, la vie à 100 000 hommes; à la Moskowa, 00 000 hommes tombent dans les rangs de l’armée russe, et de notre côté, nous comptons

LA CHIRURGIE MIL. FRANC

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