PEND. LA RÉ VOL. ET L’EMPIRE
10 000 morts ct 20000 blessés. A Waterloo, où 190 000 Français soutiennent pendant quatre jours l’attaque furieuse de 330 000 ennemis, nous perdons 30 000 hommes. Enfin, à la bataille de Leipzig, surnommée la ba- Imllc des Aations et la plus meurtrière de l’histoire moderne, nous laissons '*0 000 des nôtres sur le champ de bataille et les alliés 80 000!
L est sui ces vastes champs de bataille ou plutôt de carnage, au milieu de dangers incessants, sur des millions de blessés, partant, dans une sphère d activité d’une étendue presque incalculable que pendant vingt-trois ans notre chirurgie militaire s’est exercée avec les Heurteloup, les Percy et les Larrey à leur tête! Recherchons ses modes d’action, ses procédés, et la part d’expérience qu’elle a acquise à notre art.
La Révolution prit nos services en pleine période de réorganisation ou plutôt de dislocation. Les hôpitaux militaires avaient été presque tous supprimés par le Règlement de 1788, elle temps, les mouvements continuels de troupes, le désordre inséparable des troubles et de la période préparatoire des grands événements n’avaient pas permis aux hôpitaux régimentaires qui les avaient remplacés de sortir de l’état d’ébauche. Mais les Assemblées delà nation, animées des idées les plus élevées d’un peuple quir au milieu de ses plus grands égarements,1 Vêtait toujours montré généreux pour les malades et les blessés, ne pouvaient manquer d’apporter à cette situation le prompt remède que les circonstances imposaient.
L’Assemblée nationale décrète en 1792 la création d’hôpitaux militaires sédentaires et ambulants. Les édifices publics, les couvents, les châteaux largement pourvus en matériel par des dons patriotiques ou le mobilier des somptueuses demeures des émigrés, augmentent le nombre de nos établissements hospitaliers ; l’initiative de leurs officiers de santé en chef est agrandie pour leur permettre de faire face à tout; ils sont en contact incessant avec les généraux commandant les armées avec lesquels ils se concertent directement pour assurer les besoins de leurs services; enfin le rouage central, le Conseil de santé des armées, est en rapport immédiat avec le pouvoir exécutif.
La Convention nationale, qui lui succède, vote notre autonomie, assure par d’heureuses dispositions un recrutement qui permette de remplir visà-vis des blessés la dette de reconnaissance que la Patrie leur doit, et dont elle a pris à tâche de s’acquitter. C’est mue par ce sentiment sublime qu’elle supprime dans nos établissements hospitaliers le régime de l'entreprise qui, sous 1 ancienne monarchie, comportait de regrettables économies, pour le remplacer par le système de la régie. « La République ne veut, disait-elle, rien épargner pour le rétablissement de ses défenseurs. Elle entend seulement que toutes les dépenses qu’elle y destine tournent véritablement à leur avantage L » Jusqu’en l’an IV, ce sont ces principes généreux et rationnels qui règlent notre organisation sanitaire et lui permettent de faire face à tout.
Les chirurgiens placés à la tête de nos services aux armées, dès le début des hostilités, étaient, pour la plupart, les restes de l’ancienne Académie de chirurgie et des chirurgiens-majors des régiments. Leurs collaborateurs