‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 104 sur 460 · Instruction du 16 ventôse an III · texte numérisé non relu

Instruction du 16 ventôse an III

; directs et les plus expérimentés sortaient en grand nombre dus anciens ; Amphithéâtres ou des Ecoles qui les avaient remplacés en 1788 '. Les memj bres du Collège de chirurgie dissous en môme temps que l’Académie, les professeurs des Ecoles et des Facultés de médecine de la province avaient I encore introduit dans nos rangs des hommes très éclairés auxquels s’étaient | joints des praticiens des villes qu’ils avaient dû abandonner pour échapper | â des dangers personnels; enfin maints jeunes médecins civils suivaient | volontairement les cohortes révolutionnaires. Le personnel supérieur présentait donc toutes les garanties voulues de nombre et de savoir. Quant au personnel subalterne, il venait de partout. Dos mobiles divers l’avaient i poussé vers nos armées, soit le patriotisme, soit la recherche d’une sécurité qu’on ne trouvait plus ailleurs. Dans ses rangs on comptait beaucoup de séminaristes ou de prêtres déçus de leur espérance de remplir leurs i'onc- ; tions sacerdotales et qui vinrent apporter chez nous leur discipline, une abnégation et un dévouement auquel tous les écrivains du temps ont rendu justice. De leurs rangs était sorti Fardeau!

Grâce à l'énergie, à la coopération ardente de tous et à l’absence de toute entrave imposée à l’initiative des chefs, les difficultés d’organisation du début disparaissent très vite, et le service de santé peut prendre dignement sa part aux glorieux efforts delà résistance nationale. On peut même lire que c'est à ce moment qu’il montra le plus de dévouements sublimes! iQu on relise les pages admirables et émues que Briot et Gama consacrent à «cette époque; on verra que c’était alors, pour la première fois, que les «eunes chirurgiens, au mépris des dangers, n’obéissant qu’à leur ardeur jatriotique et aux plus nobles sentiments de la fraternité, se précipitaient nu-devant des blessés sur le champ de bataille pour les soustraire à de nouvelles blessures, qu'ils ne trouvaient que trop souvent la mort à rem- )lir leur noble mission, quand ils ne prenaient pas place, dans les ambuances, à coté de ceux dont ils étaient venus protéger la retraite! Percy fai- •ait alors proposer aux armées ennemies une convention qui devait rendre inviolables tous les établissements et tout le personnel attachés aux blessés. Ce qu’il voulait faire passer dans une Convention existait déjà de fait hez nous, car, comme le dit Gama, les blessés étrangers se rendaient d'euxînèmes à nos ambulances, comme ceux qui servaient dans nos rangs, et amais lui, témoin oculaire, n'avait vu, durant nos campagnes, un seul i omme de l’armée ennemie témoigner la moindre crainte de se trouver clessé au milieu des nôtres. On ne trouvait pas dans les armées adverses ms sentiments élevés*.

A nos premières campagnes, d’épouvantables épidémies qui mois- ■ onnent les armées, se répandent dans nos hôpitaux et sur toutes les gnes d’étapes, étendent bientôt leurs ravages sur nos jeunes officiers de •an lé de toutes catégories, et leurs chefs, plus aguerris, n’échappent pas à ni contagion '. Pour combler ces vides faits par la maladie, et remplir les • laces des nouvelles armées que la Convention met sur pied, elle décide

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