er août
nos ancêtres de la chirurgie militaire ont laissé des traces impérissables, des marques éclatantes tic leur 'ingéniosité, de leur valeur technique et d’un dévouement sans bornes. Au milieu de ce néant, ces figures ne s’en détachent que plus grandes, mais est-ce à nous de taire leurs plaintes incessantes et légitimes et d’oublier que les imperfections voulues de leurs services ont été la cause de la mort de milliers et de milliers de nos compatriotes? Entre ceux qui dirigent les opérations militaires et dont la victoire loit être le but poursuivi au prix de tous leurs efforts intellectuels et physiques et les glorieuses victimes des combats, il ne peut y avoir place, quel pie soit leur mérite, pour des intermédiaires. Les officiers du corps de unité militaire qui vivent en contact immédiat et incessant avec les blessés ;ont mieux que personne à même d’en sauvegarder les intérêts et d’en saisir es besoins. La Convention nationale l’avait bien compris, le Directoire, le Consulat et l’Empire, guidés par des idées moins généreuses, ne l’oublièrent |ue trop.
Si l'on voit aux armées des ambulances volantes, des hôpitaux temporaires ou d’évacuation, les secours qu’y trouvent les blessés leur iennent presque exclusivement de leurs chirurgiens dont les règlements »nt malheureusement paralysé la puissance. La sollicitude de V autorité reste fresque limitée à l’homme armé: forcé de quitter le rang, le soldat couvert de olessures n’est plus rien
La situation du service de santé était tout aussi précaire que celle des dessés.
« Avec l'an IV commence, dit Bégin témoin oculaire, relativement au ervice de santé militaire, une série continuée pendant dix-huit ans de dislositions réglementaires dépourvues de base législative, se modifiant, ; 'annulant, se contredisant les unes les autres et aboutissant enfin à l’appaurissement extrême, si ce n’est à l’anéantissement du service de santé militaire. A la fin de cette époque, le corps des officiers de santé n’était "lus qu'une ombre, une apparence ; on voyait bien encore des uniformes, mais, à part un petit nombre d'hommes énergiques, instruits et surtout praticiens habiles, qui avaient surnagé au licenciement, surmonté les l égoùts attachés à leurs fonctions, résisté aux fatigues des expéditions i jintaines et du service des hôpitaux encombrés ou infectés ; à part ces • ommes d’élite que leur organisation et leurs habitudes bien plusqueleurs intérêts retenaient à l’armée, ce prétendu corps ne se composait guère que l e jeunes gens recrutés à la hâte et qui ne devaient jamais avoir le temps m se former 1 2 ».
Percy, après Eylau, voulant sauver le service de santé militaire d’une uine que la versatilité des projets, les vues d’économies trop étroitesetles "•formes annuelles rendaient imminente, avait fait remettre à l’Empereur ar Duroc, grand maréchal, un projet d’organisation d'un cor/js militaire de hirurgie des armées. Il y insistait avec une énergie qu’autorisaient ses lautes fonctions et sa responsabilité de chirurgien ;en chef de l’armée sur état précaire de notre corpsde santé et dépeignait avec les couleurs les lus vives et les plus vraies cette déplorable situation. «Je tiens de plus en