‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 109 sur 460 · THOMASSIN · texte numérisé non relu

THOMASSIN

Tuomassin était un de nos meilleurs chirurgiens de la fin du dernier siècle. Né près de Dole en 1750, il servit dans nos armées comme chirurgienmajor, puis comme chirurgien de lre classe et fut enfin attaché à l’hôpital militaire de Besançon. Membre de plusieurs Académies, correspondant de l’Académiede chirurgie dont il fut quatre fois lauréat, plus tard professeur à l’école de Besançon, il a publié dans les recueils périodiques plusieurs mémoires portant sur des sujets de pratique chirurgicale et une édition des observations chirurgicales de Covillard, chirurgien-major de l 'hôpital de Neuf-Brisach.

La plupart de ceux qui ont parlé des corps étrangers des plaies et spécialement de celles faites par armes à feu se sont contentés de se reporter au mémoire académique de Percy, oubliant le chapitre intéressant et très didactique que Bagieu leur consacre dans son iïxamcn de di-

verses questions (le chirurgie et la dissertation plus importante de Thomassin.

Percy, qui avait affecté d’ailleurs la prétenlion d’avoir épuisé la question historique, est le premier auquel on doive reprocher d’avoir tu le nom du chirurgien de Besançon, lequel pourtant avait écrit quatre ans avant lui. Il se contente de citer son nom à la fin de la liste chronologique1 2 consacrée aux auteurs qui, jusqu’à lui, avaient traité ex professo des plaies d’armes à feu, sans tenir des idées personnelles de notre auteur et de scs judicieuses critiques le compte qu’il tient de celles de devanciers moins recommandables. Faut-il en rechercher la raison dans ce fait que Tho-

massin avait, avant Percy, réduit le nombre dos extracteurs des balles logées dans les parties molles au bec-de-canne et à la curette qui constituent la partie essentielle de son tribulcon ? Dans la crainte de faire quelque jugement téméraire, nous arrêterons là notre recherche, mais en historien impartial, nous devions signaler le fait.

Alors même que Thomassin eut oublié de nous dire qu’il était lié avec Lombard, son compatriote, « d’une amitié cimentée par la conformité du caractère et des goûts», nous n’eussions pas manqué de rapprocher ces deux écrivains. Ils ont tous deux le même style, la même simplicité, la même bonne foi, le même bon sens pratique. Thomassin avait beaucoup réfléchi sur la chirurgie d’armée, il avait grande expérience, peut-être devons-nous à cette étroite amitié d’avoir perdu un bon traité de chirurgie de guerre qu’il se proposait de publier.

Dans sa Dissertation sur V extraction des corps itrangers des plaies et spécialement de celles faites par armes à feu-, Thomassin passe d’abord en revue les divers corps étrangers qui pénètrent dans nos tissus, résume les accidents auxquels ils donnent naissance; dans une seconde partie, il parle des indications et des contre-indications de leur extraction ; dans un troisième chapitre, il passe en revue tous les instruments qui ont été proposés, en apprécie très sagement les défauts et les avantages et désigne ceux qu'il croit devoir conserver; enfin, dans un quatrième et dernier chapitre, il en décrit plusieurs de son invention, entre autres une pince pour l’extraction des fragments d’armes blanches, la curette tire-balle , que notre arsenal a longtemps conservée et une pince tire-balle que nous décrirons plus loin. Il en règle l’emploi en insistant sur des détails pratiques dont une expérience cadavérique étendue lui avait fait sentir toute l’importance. Enfin il expose les règles de théorie et de pratique qui doivent diriger le chirurgien dans son intervention pour chaque organe important.

Thomassin est souvent plus hardi que Le Dran et que Percy pour l'extraction des projectiles. 11 est partisan de l'ablation des balles logées profondément dans le cerveau, le foie, la rate, le poumon. Pour faciliter

1. Cette liste est souvent inexacte au point de vue des noms et des dates. C’est ainsi que le traité de Planis-Campi porte la date de 1604, au lieu de 1624; celui de Plazoni, celle de 1606, au lieu de 1605. Tassin, qu’il appelle Trassius, a imprimé son livre en 1673 et non en 1678; Abeille, en 1695, et non en 1696. Poissonnier est cité comme chirurgien, c’était le médecin chef de l’armée d’Allemagne. Il s’est contenté de nous fournir un formulaire des hôpitaux militaires et une instruction hygiénique.

2. Dissertation sur l'extraction des corps etrangers des plaies, et spécialement, de celles faites par armes à feu, avec la description et les figures de plusieurs instruments nouvellement imaginés pour rendre cette opération plus facile et plus sûre , par Thomassin, chirurgien-major de l’hôpital royal et militaire de Neul'-Brisach. maître en chirurgie de la ville de Dole, membre de plusieurs académies, etc. Strasbourg, 1788, in-S". 100 pages.

M ASSOT.

l’ablation îles corps étrangers de la cavité pleurale, il conseille de luire à la paroi une incision au niveau de l'angle costo-diaphragmatique.

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