‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 111 sur 460 · MÉIIÉE DE LA TOUCHE · texte numérisé non relu

MÉIIÉE DE LA TOUCHE

Méhée, qui appartient surtout à la deuxième moitié du xvme siècle, bien que son livre date des dernières années de la République, est le plus sou-

nous fournissons ici. Ils sont extraits de son livre. Nos bibliographes médicaux ne parlent pas de Massot.

2. Dès sa réception au doctorat, Méhée entra dans le service de santé de l’armée, fit les campagnes du règne de Louis XV, devint chirurgien-major de l'hôpital militaire de Meaux, servit comme chirurgien-major pendant les premières luttes de la République, et, plus tard, professa à l’hôpital militaire d’instruction du Val-de-Grâce. Ou lui doit :

1» Un Traite' des lésions de la tête par contre-coup. Meaux, 1773, iu-12.

2° Un Traité des plaies d’armes à feu, dans lequel on démontré l'inutilité de l'amputa-

vont un adepte dos doctrines de l’Académie de chirurgie, ot s’il se garde dos exagérations do Bilguer, il ne dissimule pas que la thèse du chirurgien on chef des années prussiennes n’ait fait sur lui une profonde impression.

Dans son Traité (les plaies d’armes à feu, l’étude dos traumatismes dos régions l’arrête peu. Son livre ayant été surtout écrit, comme l’indique son titre, en vue de soutenir, sur l’inutilité do l’amputation des membres à la suite des coups de fusil , une théorie chaudement défendue mais presque oubliée, et de la débarrasser de ce qu’elle avait do systématique.

Quand Méhée soutient ses idées favorites, il est simple, net, lucide, convaincant, mais, avant d'y arriver, il est prolixe, diffus, systématique. 11 s’arrête à des distinctions surannées et no reste pas toujours d’accord avec lui-même1. Bien qu’il cite quelques cas heureux do sa pratique, il nous fait plutôt l’effet, à la lecture de son livre, d’un théoricien à idées vieillies que d’un chirurgien autrefois habile et restant toujours expérimenté. 11 appartenait, d’ailleurs, il faut le dire, à une époque où l’instruction dans les écoles délaissées, cédait le pas à celle plus pratique puisée sur les champs de bataille. C’était là qu’il fallait chercher la jeunesse avide de transmettre et do recueillir, c’était là que se trouvait conccnlrée, comme nousleverrons bientôt, la hardiesse, la spontanéité, l’initiative et l’activité chirurgicales.

Nous ne nous arrêterons pas à son étude des phénomènes primitifs et consécutifs de nos plaies, à sa description des plaies de tête par coups do feu pour lesquelles, suivant les traditions de l’Académie de chirurgie, il réclame la trépanation. Nous nous contenterons de rappeler que, dans les perforations complètes, il conseille les injections et qu’il pousse aux recherches des corps étrangers du cerveau, comme à celles des corps étrangers de la poitrine et de l’abdomen. A propos des plaies de l’abdomen, il conseille l’incision évacuatrice de Le Vacher et les injections intra-abdominales d’eau tiède ou d’eau miellée dans les épanchements de bile et d’urine.

Nous arrivons à la dernière partie de son Traité, aux lésions des membres. Elle constitue un très chaud plaidoyer en faveur de la conservation. Méhée s’appuie surtout pour en faire ressortir les avantages sur les Traités de Le Dran, de Desport, de Ravaton, les Mémoires de Boucher et de Faure, les observations transmises à l’Académie de chirurgie, la Thèse de Bilguer, et quelques observations propres.

Bilguer était allé jusqu’à proscrire l’amputation dans tous les traumatismes des membres par armes de guerre, hormis dans ceux compliqués de gangrène confirmée. Bourienne avait demandé qu’on recherchât dans la persistance ou l’arrêt de la circulation, les bases d’appréciation de l’initervention ou de la non-intervention. Méhée dépasse le dernier pour se rapprocher du premier. Les blessures par balles , compliquées de fractures, qu’elles répondent aux artères ou à la continuité des membres, ne réclarment jamais l’amputation primitive. « Les accidents, dit-il, que peuteauser un coup de fusil, sont insuffisants pour indiquer l’amputation d’un mem-

I ion des membres à ta suite des blessures par les coups de fusil, cl l' inutilité generale de celle opération dans le plus grand nombre des autres cas. Paris, an VIII (1799), in-8".

.'268 pages.

1. C’est ainsi qu’il insiste beaucoup au commencement de son livre sur la gravité des lésions des tendons, comme sur celle des aponévroses; plus loin, il avance et affirme ; sur des preuves leur innocuité.

DELORME

bre. Des incisions bien combinées et un traitement conforme aux règles do l’art remédieront à tous les désordres que ces sortes de blessures peuvent occasionner.... Cette opération n’est indiquée ni pour les grandes fractures ni pour tous les délabrements qui peuvent les accompagner1. » La contusion et l’attrition des parties molles qui les compliquent ne sont jamais portées à un degré tel qu’elles puissent compromettre la vitalité du membre. Lesvaisseauxprincipauxdecemembresont-ils lésés, la circulationcollalérale peut le plus souvent assurer la nutrition de son segment inférieur et se montrerait-elle insuffisante qu’il serait toujours temps d’amputer lors de l’apparition de la gangrène, après insuccès des incisions et des autres moyens employés pour la limiter?

Seuls les gros projectiles, par l’étendue de l’attrition des tissus qu’ils provoquent, peuvent compromettre la vitalité des membres au point de rendre inutile toute tentative conservatrice. Bourienne eût consulté l’état de la circulation pour se décider à une intervention; Méhée avec Bilguer va plus loin. Sans doute, pour lui, l’opération pourra être nécessaire, mais comme d'avance il est difficile de savoir si la nutrition du membre sera ou non impossible, il faut attendre si la gangrène survient et si les grandes incisions et les topiques sont insuffisants à en arrêter la marche,, on amputera dans les parties saines. Que si la lésion répond à la racine des membres, on abandonnera le blessé à son sort2.

« On n’a pas, dit-il, sur-le-champ, la certitude que la contusion qui accompagne une pareille plaie a détruit la vie des chairs et que par conséquent la gangrène doit nécessairement s’emparer du membre blessé!; on est donc forcé de différer l’amputation et alors il faut employer tous les moyens convenables et tenter la guérison de la blessure jusqu’à ce que le temps ait apporté la certitude que l’entreprise est inutile et que la gangrène survienne à la plaie, malgré les précautions et les moyens les plus convenables (larges incisions, topiques émollients) pour prévenir cette gangrène. Les accidents qui obligent nécessairement à l’ablation d’un membre dans les blessures par gros projectiles se réduisent à un seul genre : savoir la gangrène qui survient dans le membre frappé, soit à l’occasion d’une contusion énorme qui a détruit toute l’action des vaisseaux qui forment les chairs frappées, soit parce que les principaux vaisseaux ont été ouverts, et que la partie située au-dessous de la ligature de ces vaisseaux est tombée en gangrène. »

La même conduite sera suivie dans les ablations complètes des membres par gros projectiles3.

La thèse soutenue par Méhée se réduit donc à peu près auxtermes de celle de Bilguer : ne jamais amputer dans les blessures des os par balles ( diaphyses

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